‹ La Monnaie dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 43 sur 54 · II · texte numérisé non relu

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droit sur la monnaie de l'Empereur en or et en argent l'Empereur, au moins dans le if siècle, s'arrogeait un( surveillance et un pouvoir de contrôle supérieur sur h monnaie de cuivre du Sénat (1) ; en effet, les contrôleur; et vérificateurs des monnaies, qui étaient des officiers di fisc impérial, s'intitulent officiellement, dans des inscriptions de 115 de notre ère, optiones et exactores auri argenti aeris (2) .

Nous verrons plus loin (dans ce livre, chap. m, § 2J que, jusqu'à la suppression du monnayage de cuivre sénatorial, dans le m® siècle, il fut administré par les triumvirs monétaires, qui gardèrent pendant longtemps, pai tradition, leur ancien titre de tresviri auro argento aert flando feriundo, bien que n'ayant plus pouvoir que sur un seul métal, mais finirent pourtant par l'échanger contre celui de tresviri monetales. j\Iais depuis le dernier tier« du règne d'Auguste, ils avaient perdu le droit de mettre leur nom sur les monuçiies. Néron tenta un moment d'usurper sur le Sénat le monnayage du cuivre et de le prendre dans sa main ; cette tentative a laissé sa trace dans les bronzes assez nombreux à la tête de cet Empereur, qui n'ont pas la marque SC, bien qu'appartenant évidemment au numéraire d'Empire, et non à des émissions provinciales (3). Mais elle n'eut point de suites, non plus que celle du Sénat pour reprendre la fabrication de la monnaie de tous les métaux entre la mort de Néron et l'entrée de Galba à Rome ; celle-ci est marquée par l'adoption des types ré-

(1) Moramsen, M R, t. III. p. M; 0. Hirschfeld, Unterstichungen auf dem Gebiele der rœinischen Verwallungsgeschichte, t. I, p. 9o.

(2) Corp. inscr. ht. t. VI, n" 4244.

(3) Eckhel, D N, t. VI, p. 284; Mommsen, M R, t. III, p. H.

)ublicains, dont nous avons déjà parlé (1), car il est à eraarquer que les lettres SC ne se voient que sur les )ièces frappées en Afrique par Clodius Macer (2), sans loute parce que leur inscription sur la monnaie urbaine l'argent n'était pas dans les anciennes traditions de la )ériode républicaine.

A la suite de l'organisation réglée par Auguste, dit )/L Mommsen (3), « toute la monnaie était devenue en )rincipe essentiellement impériale. Au point de vue du Iroit, il n'est cependant pas sans importance réelle de ;onstater que le Sénat de Rome était spécialement chargé l'émettre la monnaie de cuivre ayant cours dans tout 'Empire, et particulièrement destinée d'abord à l'Italie, ûentôt après à tout l'Occident, tandis qu'en Orient cette )rérogative avait été conférée aux autorités provinciales ït municipales. C'était, en quelque sorte, reconnaître le )artage de la souveraineté entre l'Empereur et le Sénat ; i' était une barrière opposée, non pas à l'absolutisme du 'égime militaire, mais du moins à l'établissement définitif it légal du despotisme. Le Sénat et les corps locaux qui ivaient encore le droit de frapper monnaie tiraient un louble avantage de cet état de choses : d'abord ils y trouvaient un profit matériel assez considérable, puis ils conservaient le droit d'interdire à l'Empereur d'émettre de ,a monnaie d'une valeur fictive. On peut se faire une idée le l'importance pratique de cette restriction, en se reportant aux abus sans nombre commis par les Ptolémées, au

(1) D. deBlacas, Rev. num. 1862, p. 197-224. Mommsen, M R, t. III, ?. 10.

(2) L, Millier, Numism. de l'anc. Afrique^ t. II, p. 170 et s.

(3) M R, t. m, p. H et s.

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