‹ La Monnaie dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 45 sur 54 · II · texte numérisé non relu

II

Sénat n'eut pas les mêmes conséquences dans le monnayage sénatorial des deux pays.

7. Après Gallien, en même temps que cesse le monnayage des villes grecques et des colonies d'Orient, les lettres SC disparaissent des pièces de coin romain, lesquelles cessent bientôt d'être frappées (voy. livre Vil, chap. IV, g 2). Dans le silence des historiens, qui nous ont transmis si peu de renseignements sur cette période des annales impériales, on en conclut avec une grande vraisemblance qu'Aurélien mit la main pour l'autorité impériale sur la totalité du droit monétaire (1), à la suite de la grande révolte des monnayers de B,ome, qu'il eut à combattre au début de son règne (2). Tacite et Florien, élus du Sénat et représentants d'une tentative qui cherchait à restituer à ce corps la prépondérance politique, paraissent avoir essayé de lui remettre de nouveau la fabrication de la monnaie de cuivre (3). Mais cet essai ne leur survécut

(1) Eckhel, D iV, 1. 1, p. lxxvii; Mommsen, M R, t. III, p. 13, 93 et s.; Fr. Lenorraant, Organisation de la monnaie dans l'antiquité, p. 31.

(2) Vopisc. Aurelian. 38; Aurel. Vict. Caesar, 3o, 6; Eutrop. IX, 14; Vict. Epit. 3S, 4; Suid. v. ixovtxàpioç.

(3) Monnaies de cuivre de Florien marquées des lettres S C : Ramus, Cat. num. vet. Mus. reg. Daniae, n" 35 et 36; Cohen, M I, t. V, p. 21S, n° 44; p. 219, n° 60; p. 220, n° 77.

Deux siècles plus tard, les lettres SC reparaissent dans le champ du revers des grosses pièces de bronze de Zenon (Sabatier, Descr. des monnaies byzantines, t. I, p. 140, n° 16, pi. VIII, n° II) et de Zenon et Léon (Sabatier, 1. 1, p. 141, n° 21) frappées à Rome, avec le type de la Victoire et la légende INVICTA ROM A. Au moment de la suppression de l'Empire d'Occident par Odoacre, Zenon, devenu nominalement le souverain de toute la romanité, en môme temps qu'il donnait l'investiture royale et le

pas, etruncienne monnaie d'appoint sénatoriale disparaît définitivement après eux devant la transformation du numéraire d'argent en cuivre simplement saucé de ce métal, en même temps que le droit du Sénat à l'émettre.

Lorsque Dioclétien reconstitua l'Empire, prêt à tomber eu dissolution à la suite des troubles du m" siècle, et fortifia d'une manière encore plus complète que ses prédécesseurs le système de centralisation qui y présidait, il n'eut garde, dans les mesures qu'il prit au sujet des monnaies (livre YII, chap. iv, § 2) , l'une des matières qui appelaient Ja plus prompte réforme, il n*eut garde d'abandonner à personne le droit important qu'Aurélien avait ainsi placé au pouvoir du souverain. La révolution considérable que ce dernier prince avait opérée dans l'organisation du système du monnayage de l'Empire demeurait incomplète tant qu'on n'avait pas organisé un . autre système. Cette œuvre, les troubles qui avaient désolé le monde romain n'avaient pas permis de l'entreprendre ; Dioclétien la réalisa.

titre de patrice au chef barbare, avait rendu au Sénat de Rome son ancien droit de monnayage du cuivre, il le garda sous les Ostrogoths. Les grosses pièces de cuivre du roi Téodahat, frappées à Rome avec les légendes VICTORIA PRINCIPVM et VICTORIA AVG (Sabatier, t. 1, p. 202, n"' 1 et 2, pi. XVIII, n»' 24 et 23), portent aussi dans le champ du revers les lettres S C. Il faut encore considérer comme frappées par l'autorité du Sénat, sous Théodoric et ses premiers successeurs, les autonomes de Rome en cuivre, au buste casqué de la Ville personnifiée, avec l'inscription INViCTA ROMA, et aux revers de l'aigle, de la louve ou du figuier Ruminai (Eckhel, D ^, t. VIU, p. 216; Sabatier, t. I, p. 210 et s., pi. XrX,' n°s 25-29). On sait que les Ostrogoths laissèrent également frapper des autonomes de cuivre par le Sénat municipal de Ravenne (Sabatier, t. I, p. 211, n°^8-10, pi. XIX, n°' 31-33) et les Vandales par celui de Carthage (Eckhel, DN, t. IV, p. 138; Sabatier, t. I, p. 221 et s., pi. XX, n- 22-28).

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