‹ La monnaie dans l'antiquité (volume 5)Chapitre 18 sur 26 · T". — CHEZ LES GRECS · texte numérisé non relu

T". — CHEZ LES GRECS

î . Il n'est qu'une seule ville grecque pour laquelle nous soyons renseignés d'une manière précise sur l'organisation de l'atelier monétaire, c'est Athènes. Cette ville, qui avait donné tant d'importance et tant de développement à la fabrication et à l'exportation des espèces faites de l'argent de ses mines du Laurion (dans ce livre, chap. i", § 2, 1 et 7 ; livre IV, cliap. iv, § 1), comptait parmi ses principaux établissements publics son hôtel des monnaies^ àpyufo/.oTTsîov. Une inscription attique (1) en parle et nous apprend que c'était là qu'étaient déposés les étalons officiels des poids et mesures, ou du moins ceux qui servaient de types à la taille des monnaies. Ta c7Ta0p-ia rà iv tw àpyupoxoTTst'co. L'inscription est des temps romains, mais antérieure à l'Empire ; elle appartient donc à une époque où la fabrication des tétradrachmes d'argent d'Athènes n'avait pas encore cessé (voyez plus haut, dans ce livre, chap. i", § 2; livre VII, chap. v, § 7), et continuait à être consi-

(1) Corp. inscr. fjraec. n" 123.

LA MONNAIE DANS L'ANTIQUITii.

(lérable. On u, d'ailleurs, des mentions plus anciennes de ràpYupo/.o-eiov d'Athènes comme établissement public, car Antiphon en parlait dans un de ses discours (d ), et Eschine le Socratique dans son Rhinon (2). Sous les Empereur?, quand Ilarpocration composait son Lexique, quelquesuns préféraient employer l'expression de (r/;[/avTvîptov pour désigner cet établissement, qui subsistait encore (3). Le mot àpyopo/iOTTsiov devait, en effet, choquer les esprits sensibles à rétymologie dans un temps où Athènes ne pouvait plus frapper d'argent, mais seulement de la monnaie de cuivre.

Cet hôtel des monnaies d'Athènes était annexé, comme le premier hôtel des monnaies de Rome au temple de Junon Moncta (livre I, chap. ii, v, et le § 2, 1, du présent chapitre), au sanctuaire d'un héros populairement désigné sous le nom du Stéphanéphore^ 6 STs^ay/imopoç (4) . De là l'expression (Jp ay aal toO 2T£35av7;©oûoi> pour dire des drachmes toutes neuves, sortant de la monnaie, n'ayant rien perdu de leur poids par la circulation et exactement conformes à l'étalon officiel (o). Beulé (6) a ingénieusement établi que le Stéphanéphore (7) était Thésée, tenant à la main la couronne, présent d'Amphitrite, qu'il avait été chercher dans

(Ij Harpocrat. v. àpY'jpoxo^reîov.

(2) PoUux, VII, 2 i, 103.

(3) Harpocrat. v. àpyjpoy-oTrîïov. Reproduit par Suidas au même mot.

(4) Bœckh, Staaishaushalt. der Athen. 2^ édit. t. II, Beilay. p. 3G1 ; Beulé, Les monnaies d'Athènes, p. 139 et 319,

(5) Corp.inscr. graec. n° 123.

(6) Monn. d'Athènes, p. 3oO et s.

(7) Harpocrat. Suid. et Phot. v. ST£çavr,çôçoç, tous d'après l'Atihidc d'Hellanicos. Vmv. Sturz, Fragm. Hellanic. 2^ édit. p. 60.

le fond de la mer (l), d'après un mythe retracé par Mieon dans ses fresques du Théséion (2) . Thésée, le héros national par excellence, était celui qui avait dû être naturellement choisi comme protecteur et gardien de V y.oyu^^oy.o-eiov , puisque la vanité des Athéniens se plaisait à le représenter comme ayant frappé la première monnaie dans leur cité (3) (livre!, chap. il, m).

Comme ceux de toutes les administrations de l'Etat athénien, les ouvriers de l'hôtel des monnaies étaient pris parmi les esclaves publics. « Je rougis de parler d'Hyperbolos, disait Andocide dans un de ses discours (4) ; son père, après avoir été marqué, est encore aujourd'hui esclave public à la monnaie (àpyupo/.o-sTov) , et, comme un étranger et un barbare, il n'est bon qu'à faire l'office de lampiste (5). » *

Un hôtel des monnaies qui fabriquait en aussi grande abondance que celui d'Athènes occupait nécessairement une quantité d'ouvriers, et ne pouvait manquer, pour la bonne organisation du travail, d'être divisé en un certain nombre d'officines distinctes. Ceci étant, il y avait un intérêt majeur de comptabilité et de contrôle, intérêt qui se comprend facilement^ à distinguer par des marques visi-^ blés, et ne prêtant pas à l'amphibologie, les monnaies pro-

(1) Pausan. I, 17, 3; Ilygin. Poël. astron. II, d.

(2) Voy. (le Witte, dans les MonumenU gréa publiés par F Association des éludes grecques, fdsc. 1 (1872), p. o et s.

(3) Plutarcli. Thcs. 25.

(4) Ap.' Scliol. ad Aristoph. Va^p. 1007.

(5) C'est celle dernière expression, /•jy.vo-ocït, qui a donné naissance à la narration, sans autorité sérieuse, d'après laquelle le père d'IIvperbolos auraitétéun fabricant et marchand de lampes, qui aurait eu l'hubitude de tromper les clients sur la qualité de sa marchandise (Schol. ad Aristoph. Nul. 1063.:.

duites par les diverses officines. Beiilé (1) a donc eu raison de reconnaître les marques de ces officines sur les tétradrachmes de la seconde série, où elles s'ajoutent aux noms des trois magistrats en exercice et à l'indication de la pry.tanie (dans ce livre, cliap. m, § 1, '2). Elles consistent dans des sigles de deux ou trois lettres, placées au-dessous de l'amphore sur laquelle est posée la chouette du revers, entre l'amphore et la couronne d'olivier qui environne tout le type ('2) ; ces sigles varient dans certains cas jusqu'à cinq ou six fois avec la notation d'une même prytanie. On en compte vingt-trois dilTérentes^ dont chacune offre quelques très-légères variantes ;

AN HP, HPA

An, AnO 121

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