LE SYSTÈME MONÉTAIRE ANGLAIS ET FRANÇAIS
cet avantage par des hausses plus fréquentes de l'escompte et par des crises plus intenses, de sorte que, comme le prétendait Wolowski, Téconomie est encore du côté de la France.
D'autres pays croient nécessaire, et non peut-être sans raison, de constituer un trésor de guerre. Qu'il soit permis à un disciple attardé de l'abbé de Saint-Pierre et de Cobden d'espérer que la France n'aura jamais besoin que d'un « trésor de paix ». Mais s'il est une législation qui le lui fournisse toujours avec abondance, avec facilité et surtout avec régularité, ne faut-il pas le conserver?
En économie politique, on peut juger un système d'après les maux qu'il occasionne ou d'après les avantages qu'il procure. La tentative, faite par l'Allemagne, d'expulser l'argent, ayant produit dans l'univers entier un désordre monétaire si profond et si désastreux, que les États civilisés ont envoyé à Paris à diverses reprises (1878-1882), et récemment encore en 1889, des délégués pour y chercher un remède, comment peut-on recommander l'adoption de l'étalon d'or, cause de tout le mal?
La législation française, au contraire, si elle était adoptée partout, apporterait un terme aux embarras particuliers dont souffrent la plupart des États.
En résumé, un système qui provoque des résistances, croissant à mesure qu'on l'applique d'une façon plus complète et plus générale, peut-il être bon?
Un système qui, en se conformant aux traditions du passé et aux indications de la nature, donne satisfaction aux intérêts actuels de tous les pays, peut-il être mauvais?