CHAPITRE LUI
OBJECTION W 1. — c'est LE LIBRE COMMERCE, NON LA LOI, QUI DÉTERMINE LE PRIX DES MÉTAUX PRÉCIEUX
Eq théorie cette objection est fondamentale. Nous rencontrons au sujet de cette question deux opinions extrêmes et entièrement opposées. Les uns, invoquant la théorie du libre commerce, prétendent que c'est lui qui détermine la valeur de Tor et de Targent comme celle de toutes les marchandises. Les autres soutiennent que c'est le législateur qui crée exclusivement la valeur de la monnaie. La loi ici ne peut rien, dit-on d'un côté; la loi peut tout, répond-on de l'autre.
Ces deux théories dans leur forme extrême sont toutes deux erronées.
Notons, d'abord, qu'il ne peut s'agir en ceci de libreéchange. Du moment que la loi, ainsi qu'elle l'a fait depuis le début de la civilisation, établit une monnaie comme moyen légal de payement pour tout achat et pour toute dette, et, en même temps, comme mesure commune des valeurs, la doctrine du commerce libre n'est plus applicable. Ainsi que le dit très bien M. Dana Horton *, est-ce que le débiteur peut faire au créancier des offres réelles avec du cuivre, du zinc ou du café? N'est-il pas obligé de payer en espèces ayant cours légal? Pour désigner la monnaie-étalon moyen légal de payement, les Anglais