‹ La monnaie et le bimétallisme internationalChapitre 113 sur 137 · OBJECTION N^ 2. — LA LOI DE GRESHAM · texte numérisé non relu

OBJECTION N^ 2. — LA LOI DE GRESHAM

Au point de vue de la pratique et de l'histoire , la principale objection, et, je crois pouvoir le dire, la seule très sérieuse que les adversaires du bimétallisme peuvent faire à ce système, est qu'il favorise l'emploi alternatif des deux métaux, le métal le plus recherché étant exporté, et le métal le moins recherché prenant sa place. Pour mieux exprimer ce que nous montrent les faits constatés par l'histoire monétaire, il faudrait dire que le métal monétaire auquel la loi d'un pays attribue une valeur, c'est-à-dire une puissance payante plus élevée que celle qu'il a ailleurs, pénètre dans la circulation de ce pays, tandis que le métal auquel la loi attribue une valeur moindre qu'ailleurs quitte le pays, parce qu'au dehors il donne le moyen d'acquérir plus d'objets. C'est ce que Newton fait clairement ressortir dans son rapport du 24 septembre 1717 *. A cette époque on se plaignait en Angleterre de ne pouvoir conserver le nuéraire d'argent, lequel était exporté à l'étranger et remplacé par de l'or. Newton indique la raison de ce phénomène et le moyen d'y porter remède. « Une livre d'or fin, dit-il, vaut chez nous 15 livres 6 onces 17 penny-weight et 5 grains d'argent fin, ce qui foit qu'on compte la guinée d'or à# l.i,6 en argent, tandis qu'une gûinée ne vaut en

1. Voir Dana Horton, Proc. ofthemonetary Conférence of 1878, p. 317.

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