‹ La monnaie et le bimétallisme internationalChapitre 134 sur 137 · CHAPITRE LXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXVII

OBJECTION n* 15. — LES BANQUES NE MANQUENT NULLEMENT DCH

Mais nierez-Yoos, dira-Uon, qu'il j ait de l'or dans les banques?

Non pas, mais la raison eu est évidente. En^ proscrivant l'argent on a amené une crise; celle-ci restreint les bénéflcea; il s'ensuit que le nombre des entreprises diminue. Le capital fuit toute industrie qui offre un aléa; il recherche les placements de tout repos ou reste inactif dans les banquea, ûù il gagne de la valeur, à mesure que les prix baissent.

Des chiffres certains prouvent ces faits. Le Moniteur des intérêts matériels ^ publie, chaque année, le relevé des émissions diverses. Ces tableaux ont tout au moins une valeur comparative, pnisquUls sont dressés sur les mêmes bases. Voyez le contraste :

Période d'activité.

iSli 11,000 millions Arancs.

t. Les tableaux dressés par le Moniteur des intérêts matériels ne fiont peut-être pas complets, mais ils peuvent servir d'argument, parce qu'ils sont dressés sur des bases identiques.

LES BANQUES NE MANQUENT NULLEMENT d'OR 325

Période db dépression.

1874 4,000 millions francs.

Ceci est confirmé par quelques chiffres que j'emprunte à M. Ad. Coste, un apôtre du monométallisme.

Chiffres des opÉRAnoRS productives de la Banque de Frange.

1882 14,867,985,700 francs.

« Ainsi, Tannée 1888, ajoute M. Goste, est la seule, depuis sept ans, qui n'obéisse pas au mouvement désolant de la décroissance des affaires : elle présente une reprise d'environ 3,70, p. 10/0. »

« Les deux principaux éléments des chiffres d'opérations donnés plus haut sont les escomptes et les avances sur titres. Les voici, année par année, en millions de francs :

1886 8,302,9 993,5 (emprunt)

{Le Globe, mars 1889.)

E. D£ LaVELEYE. — La monnaie. 19

a Mouvement désolant de la décroissance des affaires 1 » Faut-il s'étonner que le peu d'or qui nous reste cherche un port sûr, en se réfugiant dans les banques d'États !

En outre, i) est certain que les grandes banques d*émissioD, partout, sauf en France, n'ont pas une encaisse d'or en rapport avec l'accroissement continu des transactions. Gela est vrai même de l'Angleterre, puisque la Banque a été forcée de demander des secours à la Banque de France (nov. 1890) et que M. Goschen, chancelier de TËchiquier, et ÏEconomist le disent.

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