CHAPITRE XII
DANS QUELLE MESURE LA VALEUR DE LA MONNAIE EST EN RAISON DE SA QUANTITÉ
C'est ici le moment d'examiner si la hausse ou la baisse des prix sera toujours en proportion de Faccroissement ou de la diminution de la quantité de la monnaie. C'est là ce que les économistes allemands appellent la Quantitsetstheorie, J'emprunte encore à Stuart Mill la formule de cette théorie : « La valeur de la monnaie, CBBteris paribuSy varie en raison inverse de sa quantité, chaque augmentation de la quantité diminuant la valeur et chaque diminution de la quantité augmentant la valeur dans une proportion exacte. » (Prûidples of political Economy, Peoplé's edit, p. 306.)
Le grand jurisconsulte romain Paulus avait déjà compris celte loi quand il disait, parlant de la monnaie : Usum dominiumquCy non tam ex substantia prœbet, quam ex quantitate. M. Cernuschi a exprimé la même idée, avec sa netteté habituelle, dans les propositions qu'il a soumises au Congrès monétaire de 1881 : « La monnaie est une valeur légale et mathématique; valeur légale, car c'est le législateur qui désigne la matière dont la monnaie sera faite et qui impose le cours forcé ; valeur mathématique, car la monnaie vaut en raison inverse de la' masse, c'est-à-dire de la quantité qui en existe. »
Cette théorie est exacte quand on y ajoute, comme l'a fait Stuart Mill, cœterisparibus. Si, reprenant l'hypothèse de Hume, on suppose qu'un matin chacun se trouve avoir deux fois plus de numéraire que la veille, il est certain que tous