LB MONOMÉTALUSME-OR ET LES TARIFS DOUANIERS
quence inévitable, aient établi les écbanges sur une base nouvelle et moins large.
Nous avons vu récemment (décembre et novembre 1889, Janvier, février, puis novembre 1890), la Banque d'Angleterre élever et maintenir le taux de l'escompte à 6 0/0, afin de renforcer son encaisse.
Peut-on croire que ce soit un élément de concorde entre les peuples que de dire, comme le font les Anglais : Le seul système monétaire rationnel, c'est l'étalon d*or; mais tous les pays ne peuvent pas Favoir. L'Angleterre le garde pour elle. Les autres se contenteront de l'argent ou de cette insanité qu'on appelle le bimétallisme.
Expulser l'argent et n'avoir que l'or seul comme monnaie, au moment où il se raréfie et où la circulation métallique se rétablit ici et augmente ailleurs, c'est agir dans le sens de la baisse des prix.
La baisse des prix, provenant non de l'abondance des produits, mais de la rareté du numéraire, c'est la crise lente, insidieuse, continue.
La baisse lente et continue, c'est le fermier qui ne peut payer son bail ;
C'est la réduction des fermages, et la terre retournant en friche comme on le voit en Angleterre ;
C'est le commerçant obligé de vendre moins cher qu'il n'a acheté;
C'est l'industriel obligé de réaliser le produit fabriqué au-dessous du prix de la matière première; C'est la dépression ou la stagnation des affaires ; C'est le numéraire s'accumulant, inerte, dans les banques, et, par suite, la baisse de l'intérêt ;
C'est enfin, au point de vue social, l'hostilité des classes; fermiers à moitié ruinés contre les propriétaires ; ouvriers contre les maîtres. Ce dernier pomt a été parfaitement mis en relief, par M. A. Allard, dans son livre Técèni Dépréciation des richesses.
Si Ton jette un regard sur l'avenir en ce moment, on doit redouter de nouvelles hausses des tarifs en France et, par suite, comme mesure de représailles, dans les autres pays.
lâi LA ïtoîNAÏE ET lÈ ÈIMgTALHSMB ' ^-
Après 1850, lès tûdustries florissante^ sliabitaaiènt à ridée de soutenir la concarrence êUangèré. AMJoùrd'hui, «ODS FinÛueaoe de la baiàse dés prix, elles veulent à tout prix être protégées. ' " '" ^.
On a vu, de 1860 à 18Ô0, î-abotidance de For fÀvôrrisér le free trade, et, au contraire, de 1873 à 1890, la r'aarëtë dè'i'Wr pousser à la protection* v -
Il est à craindre qu'on ne le voie encore davantage dafià ies années c(ui suivront. * ; *
Me sem-t-il p€irnik de rappeler que;' dans nné lettre Ottvcurte adressée h mes eotlêgàfes du 'CoMen 'C^&, le 8 avril 1881 (voir Tanneie à la fin'du votnme)^ et daàfs tih article de k Fortniçfhtly Réviêw i BimêtaU(»m and fi^èe'trdde^ jnly 1881, j'annonçfaid jusque dans ie détail le mouvenietit protectionniste qui devait être la eodséquence inévitable dé la proscription de l'argent *.
1. Gé dont on s^est plaint surtoot èii Angleterre, comme on a pu le voir dans les dépositions de la Goldand Sihxer Ctym/nis- Mon et dans les discours prononcés récemment au Parlement britannique (18 avril 1890), c'est que la situation monétaire actuelle accorde à l'agriculture et à l'industrie de l'Inde des primes artificielles et injustes, au détriment de l'agriculture et de l'industrie de l'Angleterre et de toi^e l'Europe. Prenons le blé par exemple : comme les prix n'ont pas haussé aux Indes, il est coté environ à l'ancien taux, mais payable en argent. Supposons 20 francs les 100 kilogs. Ce blé, en Angleterre, sera payé en or, qui vaut 25 pour 100 de plus que même somme en argent. Si donc il est vendu 15 francs or, le prix sera suffisant pour l'Inde puisque, avec ces 13 francs or, on pourra se procurer 20 francs en argent.
Considérons maintenant les produits manufacturés, et supposons que le fabricant aux Indes les livre au même prix qu'en Europèi Mettons un franc l'unité du produit. Le fabricant aux Indes payant tout en argent pourra se contenter d'un franc argent. Le fabricant européen, qui doit, lui, payer des prix d'or en Europe, ne pourra se contenter d'un franc en argent qui, ^hè^ lui, né faudrait que 15 centimes. II devra demander an ihoins 1 fr. 25. La concurrence lui est donc impossible. Le manufacturier 4ans Vlnde joi^it d'une prime qui varie en raison de la dépréciation de l'argenjt. Si l'argent tombait ^ 30 pence, lé blé indien pourrait se vendre moitié moins èher que le blé eurôj3ëèn, ):klu8 les frais* ......