LE MONNAYAGE LIBRE ET GRATUIT
nayer un kilog. d*or, je dois payer 6 fr. 70, alors que je ne paye rien à Londres, l'or en barre destiné à être monnayé aura en réalité une valeur légèrement plus grande à Londres qu'à Paris. Il se dirigera donc vers TAngleterre plutôt que vers la France, et une prime s'établira à Paris alors qu'il n'y en aura pas à Londres.
D'autre part, le lingot peut être en perte relativement au numéraire pour la cause suivante :
Lorsqu'on apporte du métal à la Monnaie, on ne peut l'obtenir monnayé qu'après la frappe, ce qui constitue une perle d'intérêts, qui se traduit par une légère perte sur le lingot relativement au numéraire. Si beaucoup de métal est présenté, il faut attendre assez longtemps, et alors la perte augmente en raison du retard imposé.
C'est ainsi qu'après 1851, lorsque l'or des plaçons affluait à la Monnaie de Paris, la perte sur le lingot d'or s'élevait assez souvent jusqu'à 3 pour 1000.
En 1873, même fait pour l'argent : au commencement de cette année, la prime en faveur du métal blanc était encore de 15 par 1000, mais plus tard, sous l'inlluence de la démonétisation de l'argent en Allemagne, ce métal fut présenté en masse aux Monnaies de Paris et de Bruxelles; il fallait attendre longtemps avant de le récupérer en écus, et ainsi la perte sur le lingot s'éleva jusqu'à 5 par 1000 avant même que la frappe libre fût suspendue. C'est pour éviter des pertes de ce genre sur le métal en barre que la Banh act de 1881 oblige la Banque d'Angleterre de donner immédiatement # 3. 17. 9 pour une once standard d'or, c'est-à-dire un penny et demi de moins que ce que délivre la Mint. Le détenteur de lingots a ordinairement avantage à s'adresser à la banque, plutôt que de subir la perte d'intérêt résultant du retard qu'impose le monnayage.
En imposant aux Hôtels des monnaies l'obligation de monnayer sans retard on arriverait au même résultat.
Quand les frais de monnayage sont plus élevés pour l'argent que pour l'or, il en résulte une défaveur pour le lingot d'argent relativement au lingot d'or. La loi bimétallique de 1 à 15 1/2 me donnait bien le droit d'obtenir
iHd LA MÔNNATÉ ÏÎT M: BIMÉTALLISMÉT
3400 francs en faisant monnayer soit un kilog. d'or, soil 15 kilog. i/t d'argent; mais comme poar l'argent je devais payer 4 fr. 50 x 45 4/2 = 23 fr. 25 et pour For seulement 6 fr. 50, il s'en^ suivait que, pour le monnayage, 45 kilog. 4/â d'argent n'étaient pas l'équivalent de 4 kiiog. d'or, mais valaient eu moins 43 fr. 55, la différence entre le coût des deux monnayages, soit 23 fr. 25 — 6 fr. 70 = 43 fr. 55 *. Toutes ces difficultés disparaissent si on décrète le monnayage libre et gratuit des deux métaux.
1. Les adversaires du bimétallisme, dit M. Dana Horton (tntem. Mon. Conf., 4878, p. 688), pour montrer Fimpossibilité d'établir un rapport stable eotre les deux métaux, citent le fait qu'à peine la loi de 4803 fut-elle promulguée, que le prix du marché à Paris s'éleva en faveur de l'or à plus de 4 : 45 4/2. I! ne pouvait en être autrement à raison des frais de monnayage. Eh 4803, les frais de monnayage furent GxésàS francs our le kilogramme d'or et à 3 francs pour le .kilogramme d'argent. Le kilogramme d'argent à 9/40 de fin contenant 200 francs et le kilogramme d'or 3400 francs, le rapport de la monnaie (mint ratio) était de 3094 : 497, ou 45. 69 : 4. En 1835, Ve c6ût du monnayage fut réduit à 2 francs pour le kilogramme dlargent et à 6 francs pour le kilogramnje d'or. La mint ratio fut alors 3094 : 498 ou 15.626 : 4. En 4850, le coût du monnayage fut réduit à 4 fr. 50 pour le kilogramme d'argent et la mint ratio devint 3094 : 498.50 ou 45.586 : 4. En 4854, le coût du ibènnayage pour l'or fiit élevé a 6 fr. 70 par kilogramme et la nmi ratio devint 3093.30 : 498.50 ou 45.583 : 4.