MAINTIEN DU BIMÉTALUSME FRANÇAIS
W trouvant renversée, le rapport de valeur est resté presque entièrement stable ! Nul d'entre eux ne Ta essayé, et pour une bonne raison.
On peut, da reste, montrer comment le bimétallisme français devait établir un rapport très stable entre les deux métaux précieux. M. Gernuschi Fa fait en termes si clairs que je puis me contenter de les citer (le Pair bimétallique^ pp. 17-24).
« L'argent qu'on débarque à Londres ne peut pas y rester. Il n'y a pas d'emploi monétaire; c'est un capital mort dont il faut se défaire au plus vite. Avant 1873, on était toujours sûr de pouvoir le vendre pour Paris au pair bimétallique de 15 1/2, c'est-à-dire à 60 pence 7/8 l'once à 37/40 de fin, moins les frais de transport et de monnayage. On était également sûr, si on avait besoin d'argent pour l'Inde, de trouver à Paris des pièces de cinq francs, en y envoyant des traites ou de l'or qui était toujours reçu au pair bimétallique de 15 1/2, moins les frais de monnayage. Nul ne pouvait vendre l'argent plus cher qu'il n'aurait coûté en prenant à Paris des pièces de cinq francs, et nul ne voulait vendre de l'argent pour un prix moindre de celui qu'il pouvait réaliser en l'expédiant à Paris, pour avoir, soit des traites, soit de l'or en retour, au taux de 15 d/2. Le prix de l'argent ne pouvait donc fluctuer qu'en dedans des deux extrêmes que tout le monde connaissait, extrêmes plus écartés que ceux du marché de l'or, mais ayant la même raison d'être.
« L'échange des francs d'or contre des francs d'argent . n'étant pas obligatoire, il fallait parfois, si la Banque de France n'en donnait pas elle-même, rétribuer avec quelque fraction de c .lime les changeurs qui ramassaient les francs d'or ou les francs d'argent. Parfois aussi les pièces d'or ainsi ramassées étaient uséees, et la Banque d'Angleterre ne les. recevant qu'au poids, l'opération devenait plus coûteuse.
« La France garantissait un pair de change à 15 1/2 à tous les pays monométalliques, mais, si on venait chez elle pour réaliser le 15 1/2, métal contre métal, il va sans dire que les frais de l'opération n'étaient pas à sa charge»
« Il esl donc bien établi que le marché de l'argent à Londres n'était pas un marché à prix libres, comme les marchés de Mark-lane et de Mincing-lane.
« Les cours de Targent étaient toujours tenus en laisse par le pair bimétallique. Si TAngleterre avait été elle-même bimétallique comme la France, les cours de Targent, à Londres, n'auraient pas plus varié que ceux de Tor. »
Il est donc absolument évident que si, en envoyant de Londres à Paris 15 onces 1/2 d'argent, je puis obtenir une once d'or qui vaut dg 3. 17, 10 1/2, l'argent doit valoir ce prix à Londres, soit 60 7/8 p., moins les frais d'envoi et de monnayage à Paris.
M. Gitfen lui-même le reconnaît. « Aussi longtemps, ditil, qu'une personne qui a de l'or le donne pour 15 1/2 d'argent, l'argent ne peut tomber au-dessous de 15 1/2. » — « Mais, ajoute-t-il, s'il n'est personne qui, consentant à donner 1 d'or pour 15 1/2 d'argent, possède etfectivement de l'or, nul n'a le pouvoir d'arrêter la baisse de l'argeot par rapport à l'or. Tel a été le cas, avant 1848, dans les pays bimétalliques. Ils ne pouvaient empêcher l'argent de tomber à 16, 17, 18, 19, 20 ou à un autre prix relativement à l'or. La loi bimétallique ne produisait plus aucun effet. » Nous pouvons répondre d'abord que le rapport n'étant tombé ni à 16, ni à 17, ni à 20, tant que la loi bimétalliqae a été en vigueur, mais le rapport s'étant maintenu stable, moins les frais de change et de transport (V. cbap- xxxnr), on peut en conclure que la France a toujours eu de l'or à donner pour de l'argent. Nous croyons d'ailleurs pouvoir le prouver par des chiffres indéniables dans le chapitre xxxvl Mais M. Henri Gibbs va plus loin dans le passage suivant du Double Standard (édit franc., Brux., p. 22) : « Ma thèse ne consiste point à dire que l'existence d'une circulation d'or et d'argent en France affecte le prix de l'argent en Angleterre, mais bien que c'est la loi du libre monnayage, condition essentielle du double étalon, qui maintient d'ellemême un marché constant et comparativement stable pour ce métal. Je soutiens, par conséquent, que cette loi da libre monnayage doit nécessairement maintenir en Angle-