MAINTIEN DU BIMÉTALUSME FRANÇAIS
terre ou dans tout autre pays monométallique, le prix de l'argent marchandise à un taux ne dépendant pas le moins du monde du pouvoir de drainer Tor français, ni de l'agio qu^oo y est forcé de payer pour ce métal, mais du taux du change entre les deux pays.
« Si, par exemple, la France remettait demain en pleine activilé sa loi bimétallique, il n*y a pas de doute que, le jour même, si le change était aux environs du pair, le prix de l'argent à Londres ne se relevât à son ancien taux. Ce serait exclusivement une affaire de change, et en supposant que le change ne varie que d'une manière normale, sous Fintliience de moissons plus ou moins abondantes en France, ou d'une demande plus ou moins grande de marchandises étrangères pour la consommation, la remise éventuelle de 15 onces 1/2 d'argent pur, pour les vendre dans ce pays, y ouvriraient nécessairement à l'envoyeur un crédit sur lequel il pourrait disposer. Si le change était au pair, il vendrait sa traite sur notre marché pour £ 4. 4. 11 pence 3/4, l'équivalent d'une once d'or pur calculé au taux de Jg 3: 17, 10 pence 1/2 par once au titre légal, ou, s'il était au-dessus du pair, pour quelque chose de plus. Bans aucun de ces deux cas, il ne ferait pas réellement la remise de l'argent. Mais s'il était au-dessous du pair, la faculté qu'il possède de remettre l'argent fixerait inévitablement le prix au-dessous duquel l'argent ne peut pas descendre sur notre marché. La présence ou l'absence d'or à Paris, le fait que la France aurait ou n'aurait pas d'or à nous donner, tout cela n'affecte en rien la question. Il s'agirait exclusivement d'une question de change et de balance commerciale entre les deux pays. Tout dépendrait du fait que la France est ou non, pour le moment, débitrice de l'Angleterre. Il y aurait toujours la faculté de temellre l'argent à Paris pour l'y vendre ou le monnayer, et de faire traite pour l'équivalent, de manière à le rece- "voir en or à Londres.
« C'est exactement ce qui est arrivé de 1827 à 1871, période pendant laquelle la France était, disait-on, dénuée d'or, car le prix de l'argent en Angleterre n'a fluctué qu'entre
587/8 et 60 3/8, la moyenne de Tannée la plus basse (1845) étant 59 3/8. »
Voici comment M. H. Gibbs explique ceci d^une façon pratique dans sa déposition devant la Gold and Silver Commission, part. I, p. 177 : « Silver comes, we will say to England consigned to anybody. How is he to get money for that silver? He goes into the market and offers the silver, and the price is said to be 59 d. an ounce. « No be says, cer- « tainly not. Why am I to give it you for 59 d. an ounce? I « send it over to Paris; tbere it is coined into a certain « number of francs and I draw for tbat number of francs. I « sell my bill on the market and receives English money. » We are of course, supposing that the exchange is about par : that money then, will necessariiy be the aniount produced at the exchange of the day by the number of francs that are to my crédit with my correspondent in Pans, and therefore I get my gold. »
Remarquons toutefois que, si un pays bimétallique est complètement privé d'or et s'il doit solder des traites tirées sur lui, il ne pourra les payer qu'en argent. Le change sur ce pays baissera donc dans la même proportion que le prix de Targent, de même que baisse le change sur un pays qui n'a plus que du papier-monnaie déprécié.
Le change sur Paris n'étant jamais tombé au-dessous des frais que réclamaient l'envoi et le monnayage à Paris, c'est la preuve qu'une traite pouvait y être payée en or. La principale objection qu'on ait faite à M. H. Gibbs est celle-ci : Si la loi peut établir un rapport fixe entre l'or et l'argent, elle le peut aussi entre l'or et le papier - monnaie. La réponse est celle-ci : La loi bimétallique n'établit pas un rapport entre les deux métaux, — elle donne le même pouvoir payant à un kilogramme d'or qu'à 15 kilogr. 1/2 d'argent, en leur accordant en même temps le libre monnayage. Mais comme on ne peut accorder la libre fabrication du papier-monnaie, la base essentielle du bimétallisme fait dëiaut. Toutefois si l'État limite la quantité du papiermonnaie, il peut le maintenir au pair, comme on Ta vu en 1848 et 1871-1872.
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