‹ La monnaie et le bimétallisme internationalChapitre 80 sur 137 · BAISSE DES PRIX DB L^ARGENT APRÈS · texte numérisé non relu

BAISSE DES PRIX DB L^ARGENT APRÈS

naie de Paris et de Bruxelles en telle quantité que la frappe ne peut y faire face. Le métal blanc reçu contre des <c bons de monnaie », mais ne pouvant être monnayé immédiatement, perd son intérêt pendant Tattente et se déprécie en cooséquence ; il tombe en moyenne à 59 1/4 ^.

Le 6 septembre, le gouvernement français limite le monnayage de l'argent à 200000 francs par jour et le gouvernement belge suspend aussi la frappe libre. A partir de ce moment, le bimétallisme ne peut plus exercer d'action compensatrice sur le rapport des deux métaux. Les fluctuations commencent et s'accentuent dans le sens de la baisse de Targent. La moyenne de son prix à Londres est, en i874, 58 5/16 p.; en 1875, 56 7/8; en 1876, 52 3/4; en 1877, 55 13/16; en 1878, 52 9/16; en 1879, 54 1/4; en 1880, 55 1/4; en 1881, 51 11/16; en 1882, 51 5/8; en 1883, 5« 9/16; en 1884, 50 5/8; en 1885, 48 5/8; et, en août 1885, il tombe jusqu'à 42 1/2 p. Ainsi donc, au lieu de la stabilité comme de 1803 à 1870, il se produit des variations incessantes et déréglées, déterminées par des causes diverses, dont les principales sont la frappe aux États-Unis, sous Tempire du Bland hill, et les remises à faire dans Textrème Orient.

La Silver Commission anglaise de 1876 énumére différentes causes de la baisse de l'argent : 1<» accroissement de la production ; 2® décroissance des demandes d'argent pour l'Inde ; 3^ substitution de l'étalon d'or à l'étalon d'argent en Allemagne et dans les États Scandinaves; 4<> suspension de la frappe en Hollande et dans l'Union latine. La véritable et unique cause c'est la MûrUz-Gesetz allemande et la cessation du monnayage libre dans l'Union latine.

La production annuelle de l'argent a été d'après la Silver Commission :

1. Cette dépréciation du prix de l'argent a été parfaitement expliquée dans une brochure récente de M. H. Gibbs : the Fall in Silver and the closing of the French Mint. Il y prouve que, nisqu'à la suspension de la frappe libre en France, le prix de l'argent à Londres a été exactement celui qui devait résulter du cours du change sur Paris.

Pour 1872 dg 13050000

Gomment cet accroissement insignifiant de la production de 1 million sterling par an, entre 1872 et 1875, aurait-il pu faire tomber le prix de Targent de 60 5/16 p. à 56 7/8, alors qu'un accroissement annuel dans la production de 4 millions sterling de 1862 à 1872 n'avait pas ébranlé le pair bimétallique?

Ce qui a amené la baisse, c'est une loi économique, sans doute, la modification du rapport entre l'offre et la demande, mais ce qui a agi, ce n'est pas l'augmentation de l'offre résultant de la productivité des mines, mais la diminution de la demande résultant de la loi allemande d'abord, puis de la loi française. C'est aussi l'opinion émise par la Silver Commission anglaise qui, chose curieuse à noter, invoque à ce sujet l'autorité de M. Giffep. « De cet examen, dit-elle, il semble résulter que la baisse du prix de l'argent n'est pas due à un excès de production relativement à l'or. Ainsi que M. Giffen l'a parfaitement établi dans sa déposition, il est constant que les variations qui se sont produites résultent plutôt de l'emploi que Ton fait actuellement des deux métaux. »

Dans une note communiquée au Congrès monétaire de 1889 (V. Compte rendu, p. 259), M. Borst, de Delfzyl (Pays- Bas), cite également des chiffres qui prouvent à toute évidence que la baisse de l'argent depuis 1873 a pour cause la loi, non la nature :

« Sans aucun doute, dit-il, la baisse de l'argent par rapport à la valeur de l'or doit être uniquement attribuée à la suspension de la frappe illimitée de l'argent dans les États bimétalliques.

« De 1845 à 1852, la production de l'or a augmenté de 10 à 44 millions de livres sterling par an.

« La Hollande, s'effrayant alors de la baisse annoncée du prix de l'or, adoptait l'étalon unique d'argent, mais la

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