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CHAPITRE XXXIX

POURQUOI LE SYSTÈME BIMÉTALLIQUE DOIT ÊTRE ADOPTÉ PAR LES QUATRE GRANDES NATIONS COMMERCIALES

Nous avons prouvé que la loi de Tan XI avait maintenu le pair bimétallique entre l'or et l'argent, au grand avan» tage et de la France qui Tavait mis en vigueur, et du monde entier qui en profitait.

Il nous faut indiquer maintenant pourquoi un système bimétallique offrirait ces mêmes avantages à un beaucoup plus haut degré, s'il était adopté, avec un rapport identique entre les deux métaux précieux, par les grandes nation» commerciales, au lieu de Tôtre par la France seule.

Dès 1873, la commission monétaire néerlandaise, composée des Gnanciers les plus compétents de ce pays, où ces questions sont étudiées depuis plus longtemps et avec plus de soin que partout ailleurs, avait affirmé que la sta* bilité du rapport entre Tor et l'argent obtenu par un système bimétallique serait d'autant plus grande que serait plus étendu le territoire où il serait appliqué.

M. Gibbs va plus loin encore : d'après lui, la stabilité s*accroltrait dans une progression géométrique, en raison dn nombre et de l'importance des pays qui adopteraient le même rapport (ratio) [Gold and Silver Commission, I, p. 185).

Supposons d'abord que le système du franc soit adopté dans le monde entier.

Dès lors tous les pays ne formeraient plus qu'un seul territoire monétaire, et ainsi la loi de Gresham, en vertu

de laquelle on porte d^un État dans un autre État Tun des deux métaux précieux pour en retirer Tautre, ne pourrait plus agir, pas plus qu'elle n'agit aujourd'hui au sein d'un même pays.

Si l'argent a le même pouvoir payant que For à Marseille et à Paris, nul n'aura intérêt à Marseille à faire venir de Paris de l'or plutôt que de l'argent. Si à Tokio, à Calcutta, à New- York, à Buenos- Ayres, à Londres, à Paris, à Saint-Pétersbourg, partout, je puis payer toute dette avec 15 1/2 kilogrammes d'argeot ou 1 kilog. d'or; si partout, avec un kilog. d'or, je puis me procurer 15 1/2 kilog. d'argent, il est évident que je n'aurai aucun avantage à envoyer d'une place sur une autre de l'argent pour avoir de l'or, sauf pour des usages industriels.

La production de l'or aurait beau se réduire, tant qu'il «n resterait dans la circulation, le prix de ce métal pour le mineur qui le vend ou pour l'industriel qui l'achète ne dépasserait pas 3100 francs le kilogramme à 9/10 de fin, puisqu'on fondant des pièces d'or on pourrait s'en procurer à ce taux.

Sans doute, si, par suite de la diminution de la production ou par l'accroissement de la consommation industrielle, i'or devenait extrêmement rare sous forme de monnaie, il faudrait payer une légère prime pour en obtenir. Seulement dans le cas où il y aurait des billets de petite coupure (de 20 francs, de 1 livre sterling, de 4 dollars, de 10 marks) remplaçant la pièce d'or, on ne peut concevoir aucun motif raisonnable qui porterait les particuliers à faire un sacrifice, même très minime, pour se procurer de l'or, puisque les billets feraient exactement le même office. En Hollande, où existe en ce moment une circulation semblable, on ne voit pas payer de prime pour obtenir de l'or. La banque d'émission fait en sorte d'avoir dans ses caisses assez d'or pour faire face aux traites de l'étranger, de façon à maintenir le pair du change. Les billets toujours remboursables et les florins d'argent suffisent à régler tous les payements à l'intérieur. Il en serait de môme si, sous l'empire du bimétallisme universel. For devenait aussi rare qu'en Hollande, avec

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