‹ La monnaie et les prixChapitre 4 sur 50 · C.-S. — Él'OlAnD DùI.LÉAN · texte numérisé non relu

C.-S. — Él'OlAnD DùI.LÉAN

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la collectivité pour chaque classe de marchandises pendant les dernières années et donner à chaque marchandise un coefficient correspondant à cette évaluation. Ainsi, par exemple, la dépense annuelle du blé est estimée par le Comité à 60,000.000 £ et celle de la viande à 100.000.000 £, soit respectivement 6,5 et 11 p. 0/0 du total de toutes les estimations correspondantes pour toutes les marchandises envisagées'.

Enfin, à la méthode de coefficient unique, Drobish^ oppose celle du double coefficient. Il compare les quantités consommées dans la première période, multipliées par les prix de la première période, avec les quantités consommées dans la deuxième période, multipliées par les prix de la deuxième période. Il emploie les quantités de chaque période séparément; il établit une moyenne de prix pour chaque période séparée d'après les quantités de cette période et compare les moyennes.

Il est difficile de choisir entre les différents systèmes de coefficients proposés par les partisans de celte méthode; il l'est plus encore, lorsqu'on en a choisi un, de le mettre eu pratique. La méthode des coefficients apparaît comme impraticable, sauf sous la forme du pourcentage douanier. On a vu déjà quelles difficultés rencontrait l'application de la méthode budgétaire qui n'envisageait qu'un nombre restreint d'articles et une classe d'individus. Il devient impossible de constater la dépense totale faite par la communauté sur chaque article sauf pour quelques produits bruts; il n'existe pas de données statistiques satisfaisantes permettant de connaître avec une précision suffisante la consommation totale d'un pays pour chaque article séparé; il est impossible de connaître exactement les quantités relatives consommées parce que ces quantités sont continuellement variables. Aussi, lorsqu'ils veulent appliquer le système des coefficients, les économistes qui en sont partisans sont obligés de sacrifier à leur méthode un certain nombre de produits' ou de

H. Paasche, Vber die Preisenttvickelung der letzten Jahre nach dén Hamburger Hoersennotirungen [Jahrbûcher fur Nat. Œk.-und Stat., 1874].

' Art. Index Numbers, Dictionnaire de Palgrave, t. Il, p. 386.

- Walsh, op. cit., p. 544.

3 Lorsque Paasche voulut appliquer son système de coefficients, au lieu de 47 articles qui entraient dans la composition de ses moyennes simples, il n'en put faire entrer dans les moyennes graduées que vingt-deux.

restreindre leurs calculs aux articles d'exportation cl diniportation, c'est-à-dire au commerce extérieur. Le système; du pourcentage douanier se trouve être la seule application un peu importante de la méthode de représentation proportionnelle (en deliorsdes moyennes budgétaires). Le système du pourcentage douanier, appliqué par 3L Levasseur dès I8")8', repose sur la comparaison de deux évaluations, l'une provisoire et l'autre définitive. Au début de l'année nouvelle, on cslimc provisoirement la valeur dos quantités exportées et importées pendant l'année qui vient de finir d'après les prix de l'année précédente ; à cette évaluation provisoire la commission permanente des valeurs substitue une évaluation définitive.

Les variations proportionnelles entre ces deux évaluations permettent de connaître les variations dans le niveau des prix\ C'est ainsi que M. de Foville, pour la France, a dressé l'index des variations de prix des produits d'importation et d'exportation depuis 1847^; qu'en Angleterre Palgrave a réorganisé les tables de l'Économist en y introduisant un système de coefficients, chaque article ayant un coefficient conforme à sa part proportionnelle dans le commerce total des 22 articles considérés : par exemple, en 1873, le commerce pour le coton brut était de 48.000.000 c et pour l'indigo de 800.000 £ et le commerce total de 306.4a0.000 <: : le coton reçut un coefficient de 146 et l'indigo de 6 sur 2.200. Le même économiste a appliqué le système du pourcentage douanier à vingt-deux articles d'après les chifTres de la douane française et pour la période de l86o à 1886* ; le coefficient donné est proportionnel k l'importance rela-

' Levasseur, La Question de l'or, 1858. Déjà Henry James (1><3d) avait comparé les valeurs orficiclles (officiai values) aux valeurs déclarées (déclarée! values) pour mesurer les variations de prix des produits anglais.

2 Pour l'exercice 1001 par exemple prix de 1900 : i.715 et 4.166 millions. — — — — 1901 : 4.369 et 4.013 —

soit baisse de 7.32 3.'')8 millions.

• De Foville, Le mouvement des prix dans le commerce extérieur de la France (Économiste français, f> juillet 1879, p. 35; 19 juillet 1879, p. 64-65; i" novembre 1879, p. 5.3.3-53i; 29 avril 1882. p. 503-505: 17 juin 18S2, p. 504).

* Palgrave, Currency and Standard af Value in Englatid, France, atid ludiu

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tive des articles d'après l'importation actuelle en France de chaque article comparée à l'importation totale des vingt-deux articles : en 1871, le blé avait pour coefficient 330 et le beurre 6; en 1877, le coefficient du blé n'est plus que 166 et celui du beurre 17.

Le système du pourcentage douanier ne lient compte que du commerce international et fait abstraction du commerce intérieur : il n'est donc qu'une application limitée du principe de la représentation proportionnelle. Les index, obtenus grâce à ce procédé, ne reflètent que le mouvement des prix du commerce extérieur d'un pays; ce n'est là qu'une mise en pratique fragmentaire du système des coefficients. Malgré la quasi-impossibilité de mise en pratique intégrale de ce système, il nous faut en envisager les résultats et le principe.

Certains économistes pensent que les moyennes simples et les moyennes graduées donnent des résultats très voisins. Dans ses travaux sur les Index Numbers^ Edgeworlh déclare que « la différence entre les résultats des deux méthodes est moindre qu'elle ne semble devoir apparaître à première vue; par exemple la différence entre l'index construit par le Comité de laBritish Association et six autres index ne s'étend pas à plus de 2 à 2 1/2. En fait, pour 1885, avec sept méthodes différentes, on a : 70; 70,6; 63; 69; 72; 72; 69,5' ». De même Sauerbeck ne constate pas une grande différence entre les résultats des moyennes arithmétiques simples et ceux des moyennes graduées^; on n'en relève point non plus de très considérables, sauf pour l'année 1868, dans la comparaison faite par Paasche et que nous donnons ci-contre ainsi que celle de Palgrave et celle de Sauerbeck. Par contre, Walsh estime ces différences assez importantes pour attirer l'attention et il relève dans l'index de Palgrave un écart de 12 0/0 entre la moyenne simple et la moyenne graduée : entre 1880 et 1881, par exemple, la moyenne simple indique une

and Uie rates of exchange between thèse Countries {Mémorandum laid before the Royal Commission on Dépression of Trade andlndustry, 1886. Third Report Appendix B, p. 312-390).

1 Mémorandum on the accuracy of the proposed calculations of Index N. attached to the Report of the British Association for 1888, p. 211.

2 Index Numhers of priées. Economie Journal, jam 1895.

baisse de 6 0/0 et la moyenne graduée une hausse de 4 0/0, soit un écart de 12 0/0'.

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