PRIX
Compensations annuelles
au Clearing de N.-Y.
Ensemble des dépôts aux E.-U.
Dépôts dans les banques nation'^".
Volume
de la circulation.
Le « travail monétaire » est représenté parla somme totale des compensations au Clearing-house de New- York; celle-ci montre
1 Laughlin, op. cit., p. 330.
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l'inévilable contraction du volume des transactions qui suit toute crise commerciale. La masse des échanges, de 187t à 1878, présenta une diminution de 1/3 : « C'est là, dit M. Lauglilin, une indication générale de la mesure dans laquelle le volume général des transactions décroît. Ce tableau monlri; (|ue le travail monétaire fut considérablement réduit. Mais, d'autre part, l'autre facteur, la quantité de monnaie en circulation, ne subit aucun changement ni certainement aucune diminution. Si l'on fait intervenir la théorie quantitative, une contraction du travail monétaire, sans variation dans le volume de la circulation monétaire, aurait dû produire une hausse de prix. Malheureusement pour cette théorie la dernière colonne du tableau indique une baisse de prix d'un quart à peu près. On objectera peut-être que celte baisse de prix vient de la contraction du crédit: mais les colonues 3 et 4 prouvent qu'au contraire il \ a eu développement du crédit' ».
C. — Conclusions sur l'influence du facteur monétaire sur les variations de prix.
Se fondant sur les travaux de MM. Hardy et Mitchell, M. Laughlin prétend que la théorie quantitative est contredite par les faits et il déclare que cette contradiction résulte du vice indélébile dont est entachée la théorie quantitative. Selon M. Laughiin, cette théorie repose sur une erreur radicale : la confusion entre les deux fonctions de la monnaie, la fonction d'étalon et la fonction de moyen d'échange, fonctions historiquement et logiquement séparables. Quand on construit une théorie des prix, on doit envisager la monnaie, non dans sa fonction de moyen d'échange, mais dans sa fonction d'étalon, et c'est tout le contraire que font les adeptes de la théorie quantitative^ Nous
* Laug}ilin, p. 331, op. cit.
2 Laughiin, p. .331, op. cit., p. 342. — Voici comment on peut résumer la pensée de M. Laughiin. Sa critique repose sur l'indépendance qu'il prétend exister logiquement entre les deux fonctions de la monnaie. Les moyens d'échange peuvent varier f-n quantité sans atteindre dans sa valeur l'étalon et, pai- conséquent, sans avoir aucun effet sur le niveau des prix. Ce ne sont pas les quantités d'or employées comme moyen d'échange, mais la baisse de sa valeur comme étalon (baisse duc, selon Laughiin, à une diminution du coût d'acquisition) qui détermine une variation dans le niveau des prix des autres marchandises, avant toute monétisation des
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n'irons pas aussi loin que M. Laughiin. Nous ne croyons pas qu'on puisse détacher la fonction d'étalon de la fonction de moyen d'échange. La monnaie est une marchandise qui ne peut servir d'étalon que parce qu'elle est échangeahle et qu'en fait elle s'échange. Historiquement la marchandise-étalon n'a jamais été exclusivement une commune mesure des valeurs : les bœufs dont parle Homère, les poissons secs qui en Islande, au xv" siècle, servaient d'étalon, avaient été choisis comme mesure de la valeur parce qu'ils étaient les biens les plus recherchés et servaient par suite de moyens de paiement et d'échange. Logiquement, on ne peut concevoir une marchandise-étalon qui ne remplirait pas, dans certains cas, la fonction de moyen d'échange; même dans les pays où le système des chèques et compensations est le plus perfectionné, la marchandise-étalon, l'or, sert encore, dans une importante proportion, d'intermédiaire des échanges.
Des expériences négatives de vérification expérimentale on ne peut pas dire qu'elles infirment la théorie quantitative, mais seulement qu'elles ne la confirment pas ; elles ne doivent pas nous amener à refuser à la monnaie toute influence sur les prix : ce serait là une exagération semblable à celle que commettent certains partisans de la théorie quantitative qui n'aperçoivent que le facteur monétaire et ne tiennent pas compte des autres causes générales de variation de la valeur d'échange de la monnaie. Tout ce qu'il nous semble permis de conclure des tentatives de vérification expérimentale, c'estque l'influence de la monnaie sur les prix n'est pas exclusive et qu'elle n'est pas mesurable.
L'influence de la monnaie sur les prix n'est pas exclusive. C'est pour cette raison qu'il est si difficile d'isoler l'influence du
quantités d'or et d'argent nouvellement produites comme moyen d'échange. La comparaison entre le coût d'acquisition de l'or et celui des autres marchandises, comparaison dont résulte le prix, est antérieure à l'accroissement du stock monétaire : « La modification de la valeur a lieu antérieurement, pour des causes existant avant l'enregistrement actuel des prix sur le cadran du commerce, et c'est elle qui détermine en réalité les prix auxquels les moyens d'échange se conforment ensuite comme une chose qui va sans dire et comme un enregistreur des événements ». Dans l'ordre des événements, l'évaluation entre les marchandises et la monnaie métallique a lieu avant que la comparaison entre les moyens d'échange nu masse de monnaie en circulation et la masse des transactions puisse être faite. L'évaluation précède l'échange : l'opération d'échange ne peut théoriquement ni pratiquement avoir lieu tant que le taux d'échange n'a pas été fixé. La quantité des moyens d'échange est l'effet et non la cause de l'évaluation.
facteur moDelaire et de la mesurer. La hausse et la baisse di's prix, ({ui mesurent la hausse et la baisse de la valeur d'échange de la monnaie, tiennent à des causes multiples et non à une cause unique. Le prix n'exprime-t-il pas la relation d'échange qui existe entre la monnaie et les marchandises? Comment alors faire abstraction de l'un des deux termes du rapport et des causes qui peuvent l'affecter, pour n'envisager exclusivement que l'autre terme et ne tenir compte que des causes qui sont spéciales cà celui-ci? Les variations de prix et les variations inverses de la valeur d'échange de la monnaie peuvent s'expliquer par l'aclion de causes qui tiennent aux métaux précieux comme par l'opération de causes qui en sont indépendantes, nous voulons parler des progrès techni(iues et économiques qui réduisent le coût de production et le coût de transport des marchandises. Ainsi la hausse de la valeur d'échange de la monnaie, qu'indi(jue la baisse des prix, peut provenir soit d'une baisse de la valeur des marchandises, baisse due à la diminution de leur prix dt; revient, soit d'une hausse de- la valeur des métaux précieux, hausse due à une augmentation de la demande ou à une contraction de l'offre di; ceux-ci, soit encore à la combinaison de ces deux ordres de causes agissant dans le même sens. On 'pourrait être tenté de confondre ces deux causes parce que leur cflet est le même. Mais le même effet peut être produit par diverses causes, les unes provenant des marchandises, les autres des métaux précieux, mais qui, les unes et les autres, ont le même résultat : l'effet produit par leur concours doit être attribué non à l'une d'elles exclusivement, mais à leur combinaison.
On ne peut parler de contraction monétaire qu'en faisant des réserves; cette expression ne met en relief qu'un des deux aspects de la question : rinfluence des variations qui ont pu se produire dans les conditions de l'otïre et de la demande des métaux précieux. 11 existe des causes particulières aux marcliandises (|ui ont agi dans le sens de la baisse des prix : la cause générale de baisse qui provient des marchandises n'est que la somme de ces causes particulières. La réduction du prix de revient d'un nombre considérable de produits a permis l'accroissement des quantités produites, accroissement (jui, de son coté, a eu pour effet un développement de la demande de moyens d'échange. Si l'on admet cette explication, une certaine sommt^
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de monnaie pourrait acheter une plus grande quantité de biens qu'auparavant : la cause première de cette variation du pouvoir d'achat de la monnaie serait la diminution du coût de production des marchandises et la cause seconde, l'accroissement de la demande des métaux précieux qui en est résulté.
Apres avoir admis parmi les causes de la hausse de la valeur d'échange de la monnaie la réduction du prix de revient des marchandises*, on doit se demander si des causes spécifiquement métalliques sont venues contrarier ou accentuer cette tendance; on doit porter son attention sur la variation qui a pu se produire dans la valeur des métaux précieux, variation que nous allons maintenant chercher à préciser. Nous ne nous occuperons que de l'or et cela pour deux raisons :
1° Parce que M, Potier étudiera plus particulièrement la question de la valeur de l'argent et de ses variations.
2" Parce que la fonction d'étalon tend de plus en plus, à travers l'univers, à être réservée à l'or : ce métal, tout en partageant avec d'autres moyens d'échange la fonction d'agent de circulation, tend à monopoliser celle de mesure de la valeur.
Les variations de la valeur des métaux précieux peuvent provenir soit d'un changement dans les conditions deTolTre (variation du coût de production ou des quantités produites), soit d'un changement dans la demande (variation de la consommation monétaire ou industrielle). On a en effet expliqué les variations de la valeur de l'or, les uns par un abaissement du coût de production, les autres par une modification dans les quantités produites, d'autres enfin par une variation de la demande. Pour savoir s'il y a eu variation et d'oih cette variation provient, il nous faut considérer successivement d'abord l'offre, puis la demande.
L'offre des métaux précieux peut varier, soit en raison du coût de production, soit en raison des quantités produites. Les conditions de l'offre des métaux précieux peuvent varier en raison du coût de production : une réduction de ce coût peut avoir pour
• M. Arnauné, dans Le crédit, la monnaie et le change, p. 56, cite de nombreux exemples de ces transformations économiques. C'est le fret de la tonne de blé de New-York au Havre qui, de 56 francs en 1879, tombe à 10 francs on 1893; la substitution des méthodes de Bessemer et Siemens Martin qui opèrent la transformation directe de la fonte en acier et font tomber le prix des rails d'acier de 216 francs la tonne en 1879 à 145 en 1900 et des aciers marchands et spéciaux de 585 en 1879 à 283 francs en 1900, etc.
résultat d'abaisser la valeur du métal. C'est ce qiront pensé certains économistes qui ont vu dans la réduction du prix de revient une cause générale de baisse pouvant s'a|»pliquer aussi bien à Tor qu'aux autres marchandises : « Pourquoi, a-l-on dit', cette môme réduction du prix de revient (([u'on constate pour les autres marchandises) ne se serait-elle pas manifestée aussi dans l'extraction des métaux précieux ? Et, s'il en est ainsi, comment le prix, c'est-à-dire le rapport entre la valeur des produits et celle des métaux précieux, pourrait-il èlre modifié par une cause affectant également les deux termes du rapport ? » .M. Laughlin '■* estime que, par suite des perfectionnements des méthodes d'extraction et de traitement, il s'est produit une réduction des frais de production de l'or, réduction qui a eu pour résultat une baisse de son coùl d'acquisition et de sa valeur.
Y a-t-il eu réellement un abaissement des frais de production de l'or? et comment le coût de production a-t-il |>u influer sur la valeur de ce métal ? L'étude de M. Brocard sur les frais de production de l'or nous permet de déterminer dans quelle mesure il est vrai de dire qu'il y a eu, pour l'or, abaissement des frais de production. Tout d'abord il ne convient pas, comme le montrera M. Brocard, de parler de coût de production en général, mais de frais de production moyens : « Les frais de production d'une mine ou d'un ensemble de mines ne sont en effet qu'une moyenne entre les frais de production de différents minerais dont la teneur et les conditions d'exploitation varient ou peuvent variera chaque instant. Or, cà mesure que les frais de production moyens tendent à diminuer par l'effet de l'amélioration des méthodes d'extraction et de traitement, les Compagnies minières en profilent pours'attaquer à des minerais plus faibles ou d'une extraction plus difficile, ce qui accroît d'autant les frais de production moyens' ». C'est là une moyenne perpétuellement changeante et flottante. On ne peut donc pas parler, pour l'or, d'un abaissement général et [)ermanent du coût de produc-
' Gide, Bulletin bibliographique de la liri'ue d'éconontie politiqite, décembre
2 Laughlin, op. cit., p. 3i3.
3 Brocard : <■ Malgré la tendance certaine à la rt'duction des frais do la production de l'or, ces Irais subissent, pour la même mine ou le même groupe de mines, des écarts considérables tantôt dans le sens de la hausse, tantôt dans le sens de la baisse, si bien que leur moyenne est perpétuellement changeante et flottante -.