‹ La monnaie, le crédit et le changeChapitre 100 sur 258 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

espèces; il y a compensation et le niveau des prix n'est pas afTeclô.

Lorsque la fabrication des monnaies principales est libre ou que le gouvernement n'en a pas discontinué la frappe, l'offre des monnaies est constituée tout d'abord des mêmes éléments que dans le cas précédent : existences disponibles en monnaies principales ou en monnaies secondaires représentant les principales, multipliées par la rapidité de la circulation. Mais au lieu d'être limitée à ces existences, et de n'être susceptible d'aucune autre expansion que celle résultant d'une accélération de la circulation ou d'une émission de monnaies secondaires et notamment de billets, l'offre peut s'accroître par des fabrications de monnaies principales.

L'augmentation des quantités offertes par le jeu delà frappe libre peut répondre à un besoin plus grand de monnaies. Mais il existe une autre cause d'importation et de monnayage du métal précieux. C'est Télévation relative du pouvoir d'achat du métal dans le pays importateur. La surévaluation do l'un des métaux précieux par la loi, dans les pays bimétalliques, provoque des importations et des fabrications inutiles aux échanges. L'inconvénient est grave lorsque la valeuc-mondiale de ce métal est pendant ua temps de quelque durée très inférieure à la valeur dont il jouit à l'intérieur. Lorsque l'importation du métal-étalon a été simplement déterminée par la demande des moyens d'échange, le monnayage s'arrête aussitôt les canaux de la circulation remplis et, si l'activité des échanges se ralentit, Texportation du métal ne tarde pas à se produire. La hausse et la baisse du taux de l'escompte sont les instruments à la fois sensibles et puissants de ces mouvements alternatifs d'entrée et de sortie du métal précieux^, qui rétablissent l'équilibre de l'offre et de la demande des monnaies et assurent la stabilité de leur valeur. L'action bienfaisante des variations du taux de l'escompte ne peut s'exercer quand la valeur intérieure de l'étalon métallique dépasse sa valeur de change ou, ce qui revient

1. a On commence à reconnaître, écrivait John Sluart Mill, que le passage des métaux précieux d'un pays à l'autre est déterminé, plus qu'on ne le supposait autrefois, par l'état du marché du crédit dans les divers pays, et moins qu'on ne le supposait par Tétat des prix. » PrincipeSy t. Il, p. IS.) V. supra, p. 147 à îoô, et infva, III** partie, chap. iv.

ISG

DES CAUSES DE LA VALEUR DES MONNAIES

au même, sa valeur mélalliaue. Le gain que promet aux capitaux disponibles la hausse clu iinix de l'escompte à l'étranger est alors annulé par la perte qu'y subit le métal dans lequel ils sont incorporés. L'exportation de la monnaie n'étant pas possible, l'offre demeure constamment supérieure à la demande. Après un certain temps, la valeur intérieure du numéraire tend donc à baisser. Elle diminue jusqu'à ce qu'elle soit descendue au niveau de la valeur de change, ou^ ce qui revient généralement au même, jusqu'à ce que les prix de toutes les marchandises et de tous les services se soient élevés au taux déterminé par le pouvoir d'achat réel du métal dans le reste du monde ^. La suppression de la frappe libre peut enrayer cette baisse, à la condition toutefois que les gouvernements, après avoir interdit la frappe pour compte particulier, ne se livrent pas euxmêmes à des fabrications exagérées dans le but de recueillir la difT^rence entre la valeur métallique et la valeur nominale des espèces. Dans ce dernier cas, comme lorsque la frappe est libre, la circulation peut être saturée d'un métal sans emploi, inexportable tant qu'il est surévalué, et voué finalement à la dépréciation. —

j . Il faut réserver le cas où le métal déprécié est remplacé dans la fonction d'étalon par le billet.

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