FABRICATIONS
Argent fr.
Ainsi, de 1821 à 1850, quand le rapport commercial moyen était plus favorable à Tor que le rapport légal, c'est surtout l'argent qui a été frappé; de 1851 à 1870, le rapport commercial étant plus favorable à Targent que le rapport légal, les grosses fabrications ont porté sur l'or. Si les rapports commerciaux notés dans le tableau ci-dessus n'étaient pas des rapports moyens, si Tor avait constamment valu 15.76 kilogrammes d'argent de 1821 à 1850, et 15.44 kilogrammes d'argent de 1851 à 1870, il n'aurait peut-être pas été frappé une seule pièce d'or dans la première de ces deux périodes, une seule pièce d'argent dans la seconde. Mais, par intervalles, le rapport, généralement favorable à l'un des métaux, lui redevenait défavorable. Par exemple, de 1821 à 1835, il arrivait parfois que la valeur de l'or en argent, qui, en moyenne, était supérieure à 15.69, descendît en fait au-dessous de ce chiffre. L'argent faisait prime, pour un temps très court, à la vérité ; cela suffisait pour qu'on l'exportât et qu'on importât de Tor. De 1851 à 1870, il arrivait de môme que le rapport commercial, qui en moyenne était inférieur à 15.58, s'élevât au-dessus de ce chiffre. Dans ce cas, l'or faisait prime ; on l'exportait donc et on importait l'argent. Mais, le plus souvent, de 1821 à 1850, c'était Tor, de 1851 à 1870, c'était l'argent qui faisait prime et était exporté; c'était l'argent, dans la première période, l'or, dans la seconde, ^qui était importé et monnayé.
En résumé, le métal légalement déprécié ne restait pas en France ; il émigrait à Tétranger où on le prenait pour sa valeur intrinsèque.
On a vu ainsi se vérifier une fois de plus Texactitude d'un