MONNAIE DE COMPTE ET ÉTALON
province n'accepta pas sans peine la substitution de Tor à Tar gent. Pendant quelque temps Tor, auquel on n'était pas habitué fut considéré comme suspect^ et nous affirmons que bien des gens , et non des moins instruits , préféraient un sac de 1^000 francs en argent à un rouleau de 1,000 francs en or Dans les campagnes, la substitution s'opéra plus difficilement encore. On craignait les pièces fausses, on craignait de perdre une monnaie si petite et si précieuse. Cependant il fallut bien s'y habituer; l'argent prit une valeur supérieure à celle de Top et, bon gré mal gré, on fut obligé de se contenter du paiement en or, qui d'ailleurs était aussi légal que le paiement en argent. » A la fin du second Empire, la transformation était complètement accomplie. D'après l'enquête de 1868 ^ les écus ne représentaient pas plus de 2.28 p. ^/o de la circulation métallique. L'or était à son tour devenu l'étalon, en vertu, non de la loi, mais de la nécessité, parce qu'il était la monnaie de beaucoup la plus abondante, la seule qui fut vraiment à la disposition des débiteurs pour s'acquitter de leurs obligations.
Après 1866, l'argent, redescendu au pair puis déprécié, reflua de nouveau vers la France. Il commençait à en chasser l'or lorsque le gouvernement suspendit la liberté de la frappe. II est résulté de cette mesure une situation monétaire qui n'est pas sans analogies avec celle du commencement de ce siècle. L'or et l'argent circulent également en France. C'est par là que les deux époques sont comparables l'une à l'autre. Mais il y a une différence essentielle. Ce n'est plus d'argent, c'est d'or que se compose surtout notre stock monétaire. Des comptages effectués dans les caisses publiques et dans quelques autres^ ont permis de constater, en 1878, les proportions de 26.45 p. ^/^ pour l'argent et 73.55 p. 7o pour l'or; en 1885, celles de 30.67 p. 7o pour l'argent et 69.33 p. 7o pour l'or ; en 1897, celles de 28.64 p. 7o pour l'argent et 71.36 pour l'or ; en 1909, celles
1. Bulletin de statistique du Ministère des finances, août 1885, p. 464. M. Biaise (des Vosges) donnait la proportion de 10 à 12 p. <»/o parce qu'il avait pris simplement la moyenne arithmétique des proportions indiquées pour chaque département. Cf. Procès-verbaux de la Commission monétaire^