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LA MONNAIE DE L*INDOGHINE

pesos sur un total de 85,861,000 pesos ; les exportations à destination des mêmes puissances avaient atteint 192,707,000 pesos sur 193,855,000 pesos ^. Pour les Philippines, les chiffres ciaprès, afférents à Tannée 1901 (huit premiers mois) avaient été publiés par M. Ch. -A. Gonant *^ : importations des pays à étalon d'or, 13,885,000 dollars sur 19,619,000 dollars; exportations h destination des mêmes pays : 14,087,000 dollars sur 16,935,000 dollars; les proportions étaient de 83.5 et 83.7 p.

Le cas de Tlndochine était alors tout opposé. Jusqu'en 1900, l'Indochine recevait des pays à étalon d'argent la plus forte part de ses importations et leur envoyait les trois quarts de ses exportations. A un autre point de vue, la condition de notre colonie différait beaucoup de celle de Tlnde et du Mexique. L'Inde a pour principal correspondant la métropole britannique, intéressée à lui venir en aide au cas de tension du change : le secrétaire d'État a le moyen d'influer sur le cours de la roupie, en avançant ou en retardant les tirages du Conseil de Tlnde; il ne manque pas d*en user dans les moments difficiles. Des relations analogues existent entre les États-Unis et le Mexique. Les échanges entre ces deux Républiques, pour l'année 1904-05, représentaient à l'importation 56 p. Vo (48,303,000 pesos sur 85,861,000 pesos) et à l'exportation 73 p. 7o (141,537,000 pesos sur 193,855,000 pesos) du commerce total du Mexique. Ce point d'appui pouvait manquer aux Philippines, où la proportion du commerce américain au commerce total, d'après les chiffres publiés par M. Ch. -A. Conant, ne dépassait pas 12.5 p. % à rimportation (2,470,000 dollars sur 19,619,000 dollars) et 11.5 p. Vo à l'exportation (1,961,000 dollars sur 16,935,000 dollars). En tout cas, les Philippines bénéficient de cette circonstance que leurs échanges avec les pays à étalon d'or forment les 83 centièmes de leur commerce extérieur. Au contraire, les relations directes de l'Indochine avec les pays à étalon d'or ne constituaient encore en 1904 que la moitié h peu près de ses échanges. Les importations provenaient de France à concurrence de 47.8 p. ""/o ; la métropole recevait 23.2 p. ^/o des expor-

1. Resujnen de la importacion y de la expoi^taciouy junio de 190o, ano fiscal de 1004-05.

2. Stabilify of inteymational exchange, etc. Wasljington, 100^, p. 400.

ET A LON MON ET A l UE .

talions. On pouvait se demander si la part prise par la m(îtropôle dans le commerce Indochinois suffirait à lui donner le moyen d'exercer sur le change de la piastre l'influence régulatrice qui appartient à l'Angleterre sur le change indien, alors que les places d'Extrême-Orient et notamment Hong-Kong pourraient suivre une politique contraire.

Au surplus les circonstances mêmes de la réforme indienne, mexicaine ou philippine ont montré comhien il est difficile de connaître exactement les faits monétaires, d'y adapter un mécanisme législatif et d'en prévoir le fonctionnement. Le gouvernement de rinde avait cru nécessaire, en 1898, pour hâter la hausse de la roupie, de retirer et de refondre 240 millions de cette monnaie ; il a été obligé, au contraire, d'en émettre pour plus de 617 millions en six ans. Le Mexique, jugeant indispensable de conserver la piastre d'argent comme monnaie intérieure, visait seulement à lui donner une valeur fixe en or au point de vue des relations internationales; la réforme philippine s'inspirait des mêmes idées. La hausse imprévue de l'argent a provoqué l'exportation des piastres mexicaines et philippines*. L'étalon d'or peut convenir au Mexique. Les Philippines s'en accommoderaient elles ? La question est pour le moins douteuse. Pour l'Indochine elle ne le serait pas. L'étalon d'or s'adapterait mal actuellement à l'état économique de ce pays. Si l'argent disparaissait en ce moment, cédant la place à l'or, on verrait éclater une crise monétaire et surgir les difficultés les plus graves qui se soient encore produites. Telle aurait été précisément l'issue des mesures que le gouvernement avait été sollicité de prendre à la fin de 1902. La baisse de l'argent ayant fait tomber le cours de la piastre au-dessous de 2 francs, on soutenait qu'il suffirait d'imiter l'exemple de Flnde pour mettre enfin un terme à la dépréciation et aux fluctuations du change indochinois. On recommandait le pair de 2 fr. 50 c. comme base de la réforme. L'idée que le cours de l'argent en barres put remonter à 27 pence semblait alors optimiste à l'excès. Il a dépassé, en 1905, 30 pence. Si le plan de réforme avait été accepté, la piastre aurait disparu de l'Indochine, sa valeur métallique ayant dépassé

i . V. infra, chap. viu.

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