Ibid., p
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relever le taux de l'escompte. La hausse du taux de l'escompte n*est plus le remède héroïque auquel on a recours dans les cas désespérés ; c'est une sorte de mesure d'hygiène que l'on applique aussitôt que se manifestent les prodromes encore lointains de la maladie. L'usage est d'élever le taux de l'escompte lorsque la réserve du banking department tombe au-dessous du tiers des comptes courants réunis du Trésor, des administrations publiques et des particuliers.
En 1864, en 1873, en 1882, la hausse de Tescompte employée délibérément et, suivant le conseil que M. Goschen avait donné dans son Traité des changes, par échelons de 1 p. Vo siu moins, permit à la Banque de sauvegarder sa réserve.
En 1866, cependant Vact de 1844 dut encore une fois être suspendu, lors de la panique causée par la faillite d'Overend, Gurney et G'''. En 1890, la chute de la maison Baring ébranla tellement le marché que la Banque d'Angleterre dut, en même temps qu'elle haussait le taux de l'escompte, emprunter à la Banque de France 3 millions sterling et au gouvernement russe 1 million V2 sterling, soit 112 millons V2 de francs, (c Je ne sais, disait M. Goschen à l'occasion de cette dernière crise, si le public s'est suffisamment rendu compte du péril que nous avons couru. Il n'y avait pas seulement en cause quelques financiers et quelques négociants. Les engagements souscrits étaient si énormes, la situation de la maison atteinte si exceptionnelle que l'enjeu de la partie n'était pas seulement la fortune de quelques personnes ou même le sort d'une industrie particulière. Il y a eu un moment où tous ceux qui avaient engagé leur signature ont dû se demander s'ils seraient en mesure d'y faire honneur, alors que l'on ne pouvait ni réaliser ses valeurs, ni vendre ses marchandises, ni faire escompter son papier et qu'il n'y avait plus sur la place assez de numéraire pour payer les dettes exigibles. Oui, on a pu se demander si Londres n'allait pas, du coup, perdre sa situation de marché central de la banque universelle et si ce n'en était pas fait de la suprématie du crédit anglais ^ »
i. Discours prononcé au banquet de la Chambre de commerce de Leeds, le 28 janvier 1891. V. Bulletin de statistique du Ministère des finances^ février 1891, p. 200.
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Plus récemment, en 1906, 1907, 1909, 1910, le marché de Londres a traversé des difficultés auxquelles la hausse du taux de l'escompte n'a pas suffi à mettre fin. La Banque de France est venue à son aide, comme en 1890. En escomptant du papier anglais, elle a diminué la pression que subissait la Banque d'Angleterre. Ce mode d'intervention, employé pour la première fois en 1906, a été largement pratiqué au mois d'octobre de l'année suivante. A ce moment, la prime considérable atteinte en quelques heures par l'or dans les principales villes des États-Unis provoquait un drainage que le relèvement du taux de l'escompte de la Banque d'Angleterre à 5 Y2 p. 7o suffisait pas à enrayer. Plus de 80 millions de francs en monnaies d'or américaines furent alors mis à la disposition du marché anglais ^ A la fin de 1909 et durant l'automne de 1910, la Banque de France admit encore du papier anglais à l'escompte.
La nature des mesures prises et leur efficacité dénoncent la cause du mal. La circulation fiduciaire de nos voisins repose sur une base métallique extrêmement étroite. L'encaisse métallique des banques est très réduite et l'encaisse du pays lui-même ne l'est pas moins. « Je sais, disait encore M. Goschen dans son discours de Leeds, que les banques ont posé en principe qu'il n'est pas bon d'avoir de grosses réserves, et qu'il leur suffit de confier leurs fonds à la Banque d'Angleterre, qui leur sert un intérêt. Mais cela étant, quand la crise a éclaté, tout le monde est venu frapper à la même porte et les banques n'ont pu faire, pour le bien de tous, ce que la Banque d'Angleterre a eu à faire seule. Je ne voudrais rien dire qui pût affecter les grandes institutions de crédit ; elles ont rendu au pays d'immenses services ; mais je dis que c'est un système dangereux et trompeur que de se reposer sur les services à attendre, en cas de crise, de la Banque d'Angleterre. )>
Vingt ans auparavant, Bagehot faisait des remarques ana-
1. Y. les rapports de M. G. Paliain à TAssemblée générale des actionnaires de la Banque de France. D'après le Chronicle, la Banque de France reçut de la Banque d'Angleterre des efîets britanniques, à l'exclusion de tout papier de banque américain, sous la condition qu'ils seraient payés à réchéance en or. L'or revint en France dans les caisses mêmes où il avait été envoyé. The Chronicle. 30 octobre 1908, p. 1111.
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logues. « La réserve qui se trouve dans les coflfres de le Banque d'Angleterre^ disait-il, constitue la réserve, non seulement de la Banque d'Angleterre^ mais encore de toutes les banques de Londres, et non seulement de toutes les banques de Londres, mais de toutes les banques d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande ^ » De plus, Londres est le grand centre de liquidation des opérations de change en Europe, car Londres est^ de toutes les places, celle qui reçoit le plus et paie le plus ; enfin, c'est à Londres que l'étranger demande plus volontiers de l'or, a On ne va pas demander de l'or à Berlin, disait M. Goschen, parce qu'il s'y exerce une sorte de pression morale, pression qui serait chez nous impossible et inadmissible, en vue d'empêcher l'or de sortir... On ne va pas à Paris, parce que la Banque de France, quand elle ne veut pas donner d'or, est libre de donner de l'argent. »
Pour faire face à toutes les demandes de l'intérieur et de l'extérieur, la Banque d'Angleterre ne disposait pas en temps normal, d'après M. Goschen, de plus de 24 millions sterling (600 millions de francs), encaisse métallique du département commercial et billets restant à émettre La moyenne de 1881- 1800 avait même été moindre; elle n'avait pas atteint, pour le mois de mars, époque où la réserve est à son maximum, 16 ^/,v millions sterling et était descendue, au mois de janvier, au-dessous de 11 millions sterling *^ En 1900, le maximum a été de 25,053,000 livres sterling (19 septembre), le minimum de 16,503,000 livres sterling (26 décembre). Depuis lors, la réserve a été renforcée. Elle est montée, en 1911, de''21,870,000 livres sterling (4 janvier) à 32,573,000 livres sterling (20 septembre), pour redescendre (27 décembre) à 21,695,000 livres sterling.
Maintenant que représente le stock d'or monnayé du Royaume-Uni? Les évaluations sont très diverses. En 1868, Stanley Jevons disait, 80 millions sterling ; M. Inglis Palgrave, en 1883, admettait comme a limite un peu large » 110 millions sterling ; en 1889, la Monnaie proposait le chiffre de 102 V2 mil-
\. Lombard Street, p. oO.