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Alph. Allard. Dépréciation des richesses

2. Les bimétallistes ont accepté la thèse de M. Robert Giffen avec empressement. V. notamment le discours de M. Cernuschi au Con^ï^rès monétaire international de 1880 et le livre d'E. de Laveleye, La monnaie et Le bimétailisnie international ^ Paris, F. Alcan, 1891. M. Robert GifTen était monométalliste. V. son article de la Nineteenth Centunjy novembre 1889.

L'influence qu'ont exercée dans ce sens la transformation des moyens de transport et, en termes plus généraux, la transformation des moyens de production par la substitution des moteurs mécaniques aux moteurs animés, a été signalée déjà. Cette grande révolution économique n'était pas consommée en 1870. Elle ne Test pas encore. Chaque année, de nouveaux perfectionnements sont apportés à l'outillage des peuples civilisés^

Beaucoup sont de l'ordre mécanique. Tel, pour les machines à Tapeur, le système Corliss, apparu à Texposition de Vienne, qui procure une économie considérable dans la consommation du charbon par cheval-vapeur et par heure. L'invention plus récente des surchauffeurs de vapeur, l'emploi de l'acier pour la construction des chaudières, qui peuvent fonctionner à des près* sions de 12 à 45 atmosphères, ont encore procuré des réductions considérables du prix de la force motrice, c'est-à-dire du principal élément du coût de production dans un grand nombre d'industries; transports, constructions mécaniques, filatures, tissages, etc. Prenons la construction même des machines à vapeur. Avant 1870, une bonne machine de 35 à 50 chevauxvapeur se vendait environ 1,000 francs par cheval; vingt ou vingt-cinq ans plus tard, une machine, de même force, consommant moins de vapeur pour le même travail, ne coûtait que la moitié. On voit, par là, combien sont réduits les frais d'établissement d'une filature de 500 chevaux de force, par exemple. Au point de vue des frais d'exploitation, l'économie est plus considérable encore, la consommation journalière du charbon ayant beaucoup diminué avec ramélioration des moteurs. Mêmes progrès dans l'exploitation des chemins de fer. Ici un élément particulier, la substitution aux rails de fer des rails d'acier, plus résistants à poids égal. Dans les constructions maritimes^ signalons les navires à coque d^acier, moins lourds

1. Je tiens à remercier M. Albert Colson, professeur à T École polytechnique, des renseignements nombreux qu'il m'avait donnés sur ce point pour les précédentes éditions. 11 a publié depuis lors un livre que Ton consultera avec grand fruit, L'essor de la chimie appliquée, Paris, Flammarion, 1910.

2. Fret de la tonne de blé de New- York au Havre, en 1879, 56 francs, en 1893, 10 francs; de Bombay au Havre, en 1879, 56 francs; en l^03, 47 fr. bO c. M. René Brice. discours à la Chambre des députés, séance du 12 féYrier 1894. Journal officiel, 1894, p. 205.

QUESTION DE "L^A PPH ECTATION DE l'oR.

que les navires en fer, les bateaux capables de naviguer h la fois sur la mer et dans les grands fleuves.

En même temps s'ouvrait une autre voie de progrès industriel. Les procédés de fabrication étaient renouvelés par les recherches des savants. C'est encore une cause de baisse des prix^. Veut-on des exemples? Aux anciens procédés de fabrication de l'acier, qui nécessitaient la mutation préalable de la fonte en fer, se substituent les méthodes Bessemer et Siemens* Martin de transformation directe de la fonte en acier. A partir de 1871, date de la construction du marteau-pilon de 100 tonnes' au Creusot^, le système Bessemer prend une extension considérable : le système Siemens-Martin se développe de même et la concurrence entre les usines qui emploient ces deux sortes de fours fait profiter le consommateur de la baisse des prix de revient. Les rails d*acier valaient, en 1879, 216 francs la tonne^ en 1891, 145 francs, en 1900, 180 francs; les aciers marchands et spéciaux, en 1879, 585 francs, en 1891, 348 francs, en 1900, 283 francs. Ces réductions sont le frui»t des applications de la science à l'industrie : en 1879^ sur une fabrication totale de 419,000 tonnes, les aciers Bessemer et Siemens-Martin représentaient 307,000 tonnes; dix ans plus tard, la presque totalité des aciers étaient obtenus dans des fours de ces systèmes. Vers la même époque, la matière première de Tacier, la fonte, a subiune baisse notable à la suite de l'invention du procédé de la déphosphoralion, qui permet d'utiliser des minerais de fer très abondants, extraits à proximité des hauts fourneaux de la haute Moselle. Enfin l'emploi des récupérateurs de chaleur, qui n'est pas d'ailleurs particulier à l'industrie de l'acier, s'est développé de plus en plus, et a réduit encore les frais de fabrication.

L'industrie des produits chimiques peut être citée parmi celles où les plus merveilleux progrès ont été réalisés.

Un fait des plus importants, en ce qui la concerne, est la baisse du nitrate de soude, due à la réduction des frais de

1. M. de Foville a signalé cette cause à propos des fontes, fers et aciers et de raluminium. V. Économiste français, 13 mai 1893. Ce dernier métal était tombé de 100 à 3 fr 50 c.

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