V. infra, WV" partie, chap. u
LA CIRCULATION FIDUCIAIRE
pruntés ne sont pas des capitaux appropriés, mais ne sont autre chose qu'une partie de la circulation métallique du pays ; que, par suite, la dette dont le billet de banque est le titre n'entraîne, pour l'établissement d'émission, aucune charge d'intérêts.
La faculté de faire des emprunts à la circulation métallique résulte des circonstances suivantes. La somme des espèces en circulation est essentiellement variable : les existences métalliques augmentent ou diminuent sans cesse par l'effet d'importations et d'exportations successives, qui sont provoquées elles-mêmes par la multiplication et l'accélération ou par la réduction et le ralentissement des échanges, ainsi que par les mouvements de hausse et de baisse des prix. Mais il y a dans le stock métallique une portion qui, en fait, est irréductible, une sorte de fonds de creuset, une réserve qui ne sort jamais du pays. C'est cette partie de la circulation métallique que 1 on peut emprunter, dont il est possible de disposer pour un temps en la remplaçant par des billets de banque. Une partie dvi numéraire immobilisé et stérile est alors remplacé dans les caisses par des promesses de payer^ et est employé dans les affaires, transformé en capital productif.
La fonction du billet de banque ne se borne pas, d'ailleurs, au remplacement, sommes pour sommes, du numéraire par des promesses de payer. Au fur et à mesure que de nouvelles lettres de change représentatives de nouvelles opérations commerciales sont présentées à l'escompte, l'émission de nouveaux billets fournit à la banque les moyens de satisfaire aux demandes du commerce. Cette extension de la circulation de papier ne peut être indéfinie. Mais, dans les limites que commande la prudence, l'émission des billets de banque produit des effets analogues à la mise en exploitation d'une nouvelle mine d'or ; elle permet d'accroître le fonds de roulement de la nation, partant, d'étendre et de multiplier les opérations de son commerce et de son industrie.
Cette mine d'or a été rarement laissée à la discrétion des particuliers. Le plus souvent^ l'État s'en est emparé au nom du public, soit pour l'exploiter lui-même, soit pour la concéder à de grandes compagnies. Ainsi, la Banque de France a le pri-