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COTE DES CHANGES

On a toujours distingué sur la cote le papier à longue échéance ou papier long, du papier à courte échéance ou papier court. Les effets longs et les effets courts ne sont pas achetés en vue des mêmes usages. On verra que les premiers sont plutôt employés comme un moyen de placement temporaire à intérêt et que les seconds servent surtout a effectuer des règlements. Ce sont en réalité deux marchandises différentes. C'est pourquoi la cote donne distinctement le prix du papier court et le prix du papier long, dénommé maintenant papier à trois mois. On doit, par conséquent, suivant que l'effet négocié appartient à l'une ou à l'autre de ces deux espèces de papier, prendre le cours qui servira de base au calcul de son prix soit dans la colonne à\x papier courte soit dans la colonne du papier à trois mois.

Le nombî-e des jours à courir, pour lesquels l'intérêt du cours doit être déduit de ce cours, se compte jusqu'à l'échéance réelle de l'effet. En d'autres termes, il comprend les jours de grâce accordés par certaines législations, telles que celles de la Grande- Bretagne, des États-Unis, de la Russie.

Le taux de l'escompte à déduire est celui de la place étrangère . Gela est naturel puisque c'est à ce taux que le correspondant étranger devra subir l'escompte s'il veut réaliser immédiatement la valeur de l'effet qui lui aura été remis. La quatrième colonne du tableau indique le taux qu'il faut appliquer. C'est celui des grandes banques étrangères : Banque d'Angleterre, Reichsbank, Banque Austro-Hongroise, Banque impériale de Russie, Banque nationale de Belgique, etc. Ce taux est dit officiel^ par opposition à celui que peuvent au même moment pratiquer les banques d'escompte, lequel est appelé taicx hors banque ou. privé {private discount).

Les écarts qui se produisent, sur la place tirée, entre le taux officiel et le taux hors banque ont une influence sur les cours. Supposons qu'à Londres le taux hors banque soit inférieur au taux officiel de la Banque d'Angleterre, d'après lequel l'escompte à été déduit à Paris. L'acheteur de l'effet pourra le négociera Londres sur le marché privé, en subissant l'escompte à un taux moindre que celui d'après lequel il lui a été bonifié à Paris. Mais le vendeur de l'effet sait très bien que le taux officiel est plus élevé que le taux hors banque. Il cherche à garder

LE MÉCANISME DE LA CIRCULATION

pour lui le gain de la diffe'rence. C'est pourquoi Texageratioa du taux suivant lequel rescompte est déduit à Paris est plus ou moins compensée sur cette place par une hausse du cours du change. La différence entre le taux hors banque et le taux officiel ayant d'autant plus de conséquence que le nombre de jours à courir est plus grand, la compensation par le cours devra être plus forte pour l'effet long que pour Teffet à courte échéance. Par suite, le prix des effets longs sera supérieur en pareil cas aui prix des effets courts.

La colonne dans laquelle figurent les prix du papier court, porte comme en-téte : Chèque, Versement, Papier court. Cette rubrique doit se lire ainsi : Chèque pour Londres, Versement pour Espagne et Saint-Pétersbourg, Papier court pour les autres devises.

Avant le \ mai 1907 on cotait sur Londres le chèque et le papier court. Cette double cote était nécessaire parce que, contrairement aux règles suivies pour les autres devises, le timbre anglais était à la charge de Pacheteur et les jours de grâce n'étaient pas décomptés. Or, d'une part, les chèques et les effets à trois jours de vue sont timbrés à 1 penny, tandis que les effets à échéance sont soumis à des droits gradués ; d'autre part, le papier à échéance bénéficie de trois jours de grâce qui ne sont pas accordés au chèque et à la lettre à vue. Le chèque et la lettre à trois jours de vue ayant, en conséquence, un prix plus élevé que le papier à échéance, il était utile de coter séparément les deux sortes d'effets. Depuis le P** mai 1907, l'intérêt des trois jours de grâce est déduit et le coût du timbre est bonifié par le vendeur à l'acheteur. Dès lors, la cote du chèque et celle du papier court doivent être identiques. On cote seulement le chèque, qui est le plus usuel des deux effets.

Pour l'Espagne et la Russie, on cote le versement, c'est-à-dire une somme payable dans ces pays le jour même où le prix est encaissé à Paris. Dans ces conditions, il n'y a lieu à aucun compte d'intérêts ; le cours est pris tel quel. Pour un chèque sur Pétersbourg ou Madrid, le vendeur bonifierait à l'acheteur l'intérêt pour les jours de route : le versement, au contraire, est vendu valeur compensée, c'est-à-dire encaissement du prix à Paris le jour même où le versement est effectué sur la place

GOTK DES CHANGES.

étrangère. Le papier court en roubles et le papier court en pesetas sont rares; il ne se négocie guère que du versement sur la Rusrie et sur l'Espagne.

V. — Cote des changes a l'étranger. — Quelques notions sur la cote des changes à l'étranger sont nécessaires. Le sens dans lequel se font les opérations de change est, en effet, déterminé par la comparaison des cotes étrangères avec la cote française:

Effets-types quant à la valeur. — Il suffit, sur ce point, de se référer aux explications précédemment données sur les modes du certain et de l'incertain.

Effets-types quant aux échéances. — On a vu qu'à Paris le prix des effets à échéance est calculé d'après le cours d'un effettype unique, l'effet à vue. Un système analogue est suivi à Londres où toutes les places sont cotées à 3 mois. Ailleurs prévaut la pluralité des types. Par exemple, Berlin cote Amsterdam, Bruxelles et Paris à 8 jours et à 2 mois, Londres et Saint- Pétersbourg à 8 jours et à3 mois, Lisbonne à 14jourset à3 mois, Madrid à 14 jours et à 2 mois, Copenhague à 8 jours, l'Italie et la Scandinavie à 10 jours, New York à vue et à 2 mois. Amsterdam cote Paris et Londres à 2 mois et à vue, TAllemagne, la Belgique et la Suisse à 3 mois et à vue, l'Italie, Saint-Pétersbourg et Vienne à 3 mois.

Sur toutes les places, le prix des effets négociés se déduit du cours de l'effet-type par l'escompte au taux de la place tirée. C'est la règle actuelle de Paris. Mais le mode d'application de la règle diffère suivant que la place donne l'incertain ou le certain.

Si, comme Paris, la place étrangère donne l'incertain, le prix de l'effet négocié se calcule en retranchant l'escompte pour le nombre de jours restant à courir. Si la place donne le certain, il ne faut pas retrancher l'escompte, il faut l'ajouter. Prenons a Londres la cote du change sur Paris. Elle donne le prix d'un effet type à 3 mois, par exemple, 23.50 pour 1 liv. st. Si 1 liv. st. achète fr. 23.50 payables à 3 mois, combien achètera- t-elle de francs payables à 2 mois ou à 1 mois, ou à 1 5 jours ? Les francs payables à 2 mois, à I mois, à 15 jours valent plus que les francs payables à 3 mois. 1 liv. st. achètera donc moins de francs

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payables à 2 mois, à 1 mois, à 15 jours, que de francs payables h 3 mois. Par conséquent, il faut retrancher du cours de fr. 25.50 l'intérêt de ce cours pendant l mois, 2 mois ou 75 jours pour avoir le prix de l'effet à 2 mois, à 1 mois, ou à 15 jours.

De même qu'à Paris pour le chèque sur Londres et pour le vei^sement sur l'Espagne ou sur Saint-Pétersbourg, on trouve à Londres des cotes spéciales pour le chèque sur Paris ou sur Amsterdam, pour les transferts télégraphiques (cables) sur New York ou sur l'Inde, pour les transferts télégraphiques, les lettres on deniand, les traites a 30 et à 60 jours sur l'Australie, les effets à vue, à 30 jours, 60 jours, 120 jours sur le Sud-Africain. Amsterdam cote le versement sur Paris. New York cote le transfert télégraphique, les effets à vue, à 3 jours, à 60 jours sur Londres. Ces effets ou ordres de paiement ne sont pas du papier tiré par les commerçants ; ils sont créés par les maisons de banque qui les vendent à guichet ouvert.

I 3. — Principales opérations de change.

On ne se propose pas d'exposer ici la théorie complète de ces opérations, mais simplement de donner un certain nombre de notions élémentaires, sans lesquelles il est bien difficile de se rendre un compte exact du mécanisme de la circulation : sens des mots traite et remise ; mode d'achat et prix d'une remise ; opérations entre deux places (dans quel cas la remise est-elle plus avantageuse que la traite, et réciproquement ? nivellement des cours; calculs de parité) ; opérations entre un plus grand nombre de places (tirages pour compte ou indirects; remises indirectes; comparaison avec le cours direct).

I. — Sens des mots traite et remise. — La lettre de change est employée de deux manières au transport des capitaux : on procède soit par voie de traite, soit par voie de remise.

L'opération se fait par voie de traite lorsque le créancier ou, d'une façon très générale, la personne qui possède des disponibilités à l'étranger et qui veut s'en servir sur sa propre place, tire une lettre de change sur son débiteur ou correspondant

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