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The Cfironicle, 8,15, 22 et 29 mai

LE MÉCANISME DE LA CIRCULATION

transport des souverains, de Paris à Londres^ étant de 1 7^ p. ^'/oo, et l'écart dans les intérêts de 5 p. Voo, il y a profit à envoyer des souverains pour acheter du papier. On peut encore envoyer des lingots, les frais dans ce cas étant de 3.13 p. ^/oo- Mais l'opération ne pourrait se faire avec des pièces de 20 francs, dont le transport et le monnayage à Londres coûteraient près de 6 p. Voo-

Réciproquement, si le taux de l'escompte est plus élevé à Paris qu'à Londres, il y aura des importations de numéraire à Paris.

De ce parallélisme entre le cours des changes et les mouvements du numéraire résulte une autre relation, non moins étroite, entre le cours des changes et le prix du numéraire.

IL Relation entre le cours des changes et le prix des métaux PRÉCIEUX. — On conçoit facilement que le prix du numéraire varie en môme temps que le cours des changes et dans le même sens : numéraire et papier sont deux formes du capital disponible. Si le papier court ou le papier long haussent de prix, c'est qu'ils sont demandés pour Texportation, la balance des comptes étant contraire ou le loyer des capitaux étant plus rémunérateur à l'étranger. Dans ce cas, le numéraire est également plus demandé qu'il n'est offert. La prime sur l'or apparaît. Si le papier baisse, c'est que, la balance des comptes étant favorable ou le taux de l'escompte plus élevé qu'au dehors, la demande des capitaux est moins grande que l'offre. En pareil cas, l'or cesse naturellement de faire une prime et revient au pair*.

La prime de l'or n'est pas sans influence sur le cours des changes. Elle relève le gold point de sortie de la place qui remet, c'est-à-dire le point limite que le papier court ne peut dépasser.

Supposez que Paris doive remettre et que l'or y soit à 5 p. °/oo

1. U arrive, de temps à autre, qu'une prime soit cotée sur Tor tandis que le change est au-dessous du pair. Cette prime est celle que paient les bijoutiers pour avoir de Tor affiné, spécialement de Tor provenant d'aflinages dont la marque est réputée : c'est pour des opérations qui né dépassent pas le marché intérieur que la prime est alors cotée.

COURS DES CHA^ÎGES ET TAUX DE l'eSGOMPTE.

de prime. Cela revient à dire que le kilogramme de fin coûte

3,437 francs, plus ■ ' ^ ^^^^ — , soit 3,454 fr. 19 c, et que chacun des souverains (136.568) qui seront frappés à Londres avec ce kilogramme aura coûté ^j^^ = 25 fr. 293, au lieu de 25 fr . 221 .

Le pair est en quelque sorte relevé; le gold point de sortie Test également par voie de conséquence. L'or étant plus cher, ce n'est pas au change de 25.30 ou de 25.372, indiqué plus haut, que l'on cessera de remettre en papier; les effets courts pourront s'élever au-dessus de ce prix.

in. — Relation entre le cours des changes et le taux de l'escompte. — On a vu que le taux de l'escompte sur la place tirée agit à la fois, bien qu'à des degrés divers, sur le prix du papier long et sur celui du papier court. Le taux de l'escompte sur la place oii le papier a été créé est, à son tour, sous la dépendance du prix de ce papier.

Lorsque, la balance des opérations internationales étant défavorable ou le taux de l'escompte étant plus élevé à l'étranger, le numéraire vient à être exporté, ce n'est pas seulement le prix du numéraire qui augmente sur la place qui fait ces remises, c'est aussi le loyer des capitaux dijsponibles, autrement dit le taux de l'escompte.

La hausse de l'escompte, conséquence naturelle de la raréfaction des capitaux disponibles, est grandement appréhendée par le commerce. La cherté des capitaux d'emprunt a pour corollaires le resserrement du crédit, la difficulté plus grande de reporter les opérations en cours et peut-être l'obligation de les liquider à des conditions onéreuses.

Mais ce phénomène, résultat nécessaire de l'exportation des capitaux, a une influence utile qu'on ne saurait trop mettre en lumière. C'est la hausse de l'escompte qui arrête la sortie du numéraire ; c'est elle, et elle seule, qui peut rappeler sur la place les capitaux exportés.

La hausse du taux de l'escompte arrête la sortie des capitaux. On le conçoit aisément. En premier lieu, elle offre aux capitalistes, sur leur propre place, un emploi de leurs fonds aussi rémunérateur que celui qu'ils sont tentés d'aller chercher au dehors ; elle réduit tout au moins la marge de gain néces-

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saire pour que le transport à l'étranger soit pratiquement avantageux. En second lieu^ les créanciers étrangers s'abstiennent de remettre leurs efifets : s'ils les envoyaient sur la place tirée, ils subiraient un escompte plus élevé que le taux auquel ils pourraient placer sur leur propre place les capitaux de retour; ils préfèrent donc laisser mûrir leurs efifets longs en portefeuille ; la hausse de l'escompte procure ainsi à la place démunie de capitaux le bénéfice d'une sorte d'atermoiement.

Enfin, les capitalistes étrangers ont intérêt à acheter du papier de la place où le taux de l'escompte est élevé, partout où ils en trouvent et^ notamment, sur cette place elle-même, où ils sont amenés, de la sorte, à envoyer leurs fonds : les capitaux étrangers, appelés par la hausse du taux de l'escompte, viennent s'employer temporairement sur la place embarrassée, remplacent les capitaux qu'elle a dû exporter jusqu'au jour où ceux-ci lui reviendront définitivement par suite d'une modification dans la balance des comptes ; ils lui fournissent les moyens de remise dont elle manque et modèrent, si môme ils ne font disparaître, la hausse du change ^

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