Y. infra, !!• partie, chap. n, § 3 et
2. La frappe libre a été suspendue par ordre royal du 25 mars ISTS; mais, jusqu'en 1899 les fabrications ont continué pour le compte du gouvernement sur une large échelle. La frappe des pièces de 5 pesetas est aujourd'hui complètement arrêtée (loi du 28 novembre 1901).
ÉTALON FIDUCIAIRE
bien constitué parla peseta de papier, unité fiduciaire pourvue d'une valeur propre qui dérive du crédit de la Banque d'Espagne et de rÉtat espagnol. La peseta d'argent étant échangée au pair contre le billet dans la circulation intérieure, y bénéficie d'une plus-value. Sa valeur fiduciaire à l'intérieur excédant sa valeur métallique, il n'y a pas intérêt à l'exporter. Le billet retient donc la monnaie d'argent en Espagne^ En revanche, il en chasse l'or ou plus exactement, il en empêche la réimportation : il subit, en efTet, une perte sur l'or^ la Banque d'Espagne n'étant pas tenue et n'étant d'ailleurs pas en mesure de le rembourser en or".
Comment expliquer qu'en Espagne, contrairement à ce qui s'est passé en France, le rôle d'étalon soit échu au papier? On en aperçoit deux raisons. D'abord, l'énorme baisse deTargent: tandis que de 1820 à 1850, la perte subie par ce métal était minime, la réduction de sa valeur a été telle depuis 1870 que la dépréciation du billet espagnol a pu ne pas l'égaler. Puis la circulation très étendue du billet espagnol : au lieu qu'en France jusqu'en 1850, le billet n'était guère employé qu'à Paris, le billet de la Banque d'Espagne, largement répandu, a pu devenir une monnaie principale. Des circonstances semblables avaient amené la substitution en Autriche-Hongrie, de la valuta, autrement dit du florin-papier, au florin d'argent et, en Russie, du rouble-crédit au rouble d'argent. Il y a seulement cette différence entre le cas de l'Espagne et ceux de l' Autriche-Hongrie et de la Russie que, dans ces deux derniers pays, l'éviction de l'or était due, non au libre monnayage de l'argent, mais à la dépréciation des billets de banque ou d'Etat à cours forcé ^.
1. En Autriche-Hongrie et en Russie, pendant le cours forcé, le florinpapier et le rouble-crédit ont soutenu de même le florin et le rouble d'argent. L'Italie a élé moins heureuse pendant les périodes de cours forcé qu'elle a traversées. Bien que la dépréciation de la lira ait été moins profonde que celle du rouble, du florin ou de la peseta, l'argent italien a émigré comme Tor. C'est qu'il était rM'iré en rraace. en Suisse, en Belgique, où on l'acceptait pour sa valeur nominale en francs, bien plus élevée que sa valeur fiduciaire. Pour maÎEitenir en Italie les monnaies divisionnaires do la péninsule, il a fallu en supprimer Tad mission dans les caisses publiques des autres puissances latines et en prohiber l'exportation. V. infray Ifo partie, chap. in, § lo"".
2. Le billet est remboursable et remboursé en monnaie d'argent : il n'a donc pas cours forcé.