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CHAPITRE PREMIER

Raisons générales pour lesquelles Tor et l'urgent ne donnent pas une mesure

bien invariable de la valeur.

Par un côté, par un seul, avons-nous dit, l’or et l’argent ne remplissent le rôle de monnaie que d’une manière imparfaite : ils ne satisfont pas absolument à la condition d’une valeur fixe.

La valeur des choses, on l’a vu plus haut (1), a deux mesures différentes, qui cependant, communément, conduisent eu finale au même résultat. L’une, plus générale, mais offrant à l’esprit moins de précision, est le rapport entre l’offre et la demande; l’autre, indiquée par Ricardo, est plus saisissable, mais ne s’applique pas uniformément à tous les cas possibles; c’est le montant des frais de production, dans lesquels il faut comprendre : premièrement, par rapport à chaque acheteur ou consommateur, les frais de conduite sur le marché ; c’est en effet là seulement que l’article dont il s’agit est complètement produit; secondement, un bénéfice qui soit raisonnable, c’est-à-dire en rapport avec le taux usuel des profits dans le pays.

(I) Sccliuii li, ebapitre I.

Aujourd'hui, et depuis longtemps, les ehoses se passent d'une telle façon, par rapport aux deux métaux précieux, qu’ils rentrent dans la catégorie des marchandises pour lesquelles la valeur se règle par le montant des frais de production. Le nombre des mines eu exploitation est très-grand, la production en est très-vaste. Elles se font, pour le placement de leurs produits, une active concurrcuce. Il y a eu des époques où la formule qui fonde la valeur sur les frais de production n'était pas applicable à l'or et à l’argent : c’était le cas, il y a plusieurs siècles, lorsque l'exploitation des mines était devenue insignifiante. Il peut encore se présenter, et il se présente en effet des circonstances locales où cette même formule est hors de cause; mais elles sont plus ou moins éphémères.

La formule qui fait dépendre la valeur du rapport entre l'offre et la demande est toujours de mise. Or, la masse offerte sur le marché est extrêmement grande, puisqu’elle se compose principalement de la monnaie en circulation, qui, à ce titre, est tout entière à l’étal d’offre ; la masse demandée est énorme aussi, car cette même monnaie en circulation est à l’état de demande cl d’offre en même temps. Ou peut donc tenir pour certain que, dans les circonstances ordinaires, chez les peuples civilisés, la valeur de l’or et de l’argent est peu sujette à varier pendant le délai qui répond aux transactions habituelles, et même que, d’une année à la suivante et à celles qui viennent immédiatement après , les changements sont très-bornés. On arriverait à la même conclusion en partant de la formule qui assigne pour base à la valeur le montant des frais de production ; car, pour l’ensemble des mines les plus importantes, le bloc de ces frais varie peu habiluellcmeut, pendant un laps de temps de quelques années.

On n’en est pas moins fondé à soutenir que les métaux pré-: deux ne sont pas d’une valeur fixe, que des accidents politiques et commerciaux peuvent leur faire éprouver des variations très-sensibles ; que la découverte de mines nouvelles ou de réservoirs nouveaux (1) d’or et d’argent, ou de procédés nou-

(1) J’euleiiils pur lu ilvs Irésors t^ui auraient rtc puliemiucut araassi-ü par

153 COURS H’éCONOHIE POLITIQUE.

veaux pour rextraction, ont pu ou peuvent y apporter des changements, non plus passagers, mais permanents. L’exemple le plus saillant qu'on en puisse citer se tire de ce qui suivit la découverte du nouveau monde.

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