fr
Voir le Dictionnaire du Commerce, article Precious Metalt.
(4) Banque Hypothécaire, page 91 .
qui résulte, en effet, de deux manières différentes, des deux tableaux suivants :
I. État dei espèce! d'or et d'urgent fabriquées dans les hôtels des monnaies de la France, depuis l’adoption du système décimal.
Depuis la lui du 17 germinal au xi (28 mars 1803) jusqu'au 31 décembre 1848, on a rabriqiié :
Ob. .
Abcent
I en pièces de 40^
KO
"Vt>217,031,040f
Total 5,206,726,188 75
La fabrication au type dTlereule, de 1795 à 1802, toute en argent, avait été de 106,287,235 «
Tutal généi-al, 31 décembre 1848 5,313,013,443 75
Le monnayage en argent a donc été de 4,095,962,403 fr. 75 c. contre 1,217,051,040 fr en or, ou de 100 fr. en argent cmilre 30 fr en or.
Il est digne d'allenliun que la monnaie d'argent de la France est presque toute en pièces de cinq francs ; tout le reste du monnayage, en elTel, ne forme que 164 millions.
Depuis lu proclamation de la république de 1848, la fabrication des monnaies a été très-active : les particuliers ont apporté beaucoup de matières d'argent aux hôtels des monnaies. Les envois de l’extérieur ont été considérables; les relations de banque, entre lu France et le dehors, étant interrompues, l'étranger s'est acquitté souvent en envoyant des espèces. D'ailleurs, en proie h une crise terrible, la France lirait beaucoup moins de marchuiidi.ses des autres contrées: on lui devait donc une plus forte balance qui se .soldait en argent. Le Tableau du Comnieree accuse, |>our 1848, un exei'slant des importations eu métaux précieux sur les exportations de deux eent cinquante millions; c'est le quadruple de lu moyenne depuis 1816; le nouveau monnayage en pièces de 5 fr. au type d'Ilcrcule, après que les coins en ont clé retouchés, ce qui a pris quelque temps, a été de 257,917,860 fr , jusqu’au 31 octobre 1849.
II. État du même monnayage avec la désignation des types, postérieurement à la loi de f an xi.
COURS d’économie politique.
La fabrication au lyped’Hercule, faite de 1795 à 1802, s’élève à 106,287,235
Cequifait, depuis l’origine jusqu’au 31 décembrel8'i8, 3,313,013,i43 fr, 75 c.
Pour rAngleterre, en ne comptant que ce qui a été frappé depuis le rétablissement de la paix générale, parce qu’on peut supposer que presque tout le reste avait été exporté ou fondu sur place, ce serait près de cent dix millions sterling, ou 2,775 millions de francs. Nous comprenons ici, avec l’or, l'argent dont il a été frappé pour plus de 15 millions sterl. (1). Pour la France et l’Angleterre seules, on serait déjà à plus de 8 milliards. Or, il a été frappé aussi une grande quantité d’es< pèces d’or et d’argent chez d’autres nations. En Amérique, les hôtels des monnaies, tant du Mexique que du Pérou et des États- Unis eux-mérnes, ont été très-actifs. Le monnayage des États- Unis, de 1792 au 51 décembre 1848, a été de 149,871,059 dollars, qui feraient 800 millions de fr. (2). Celui du Mexique a été bien plus considérable, puisque dans ce pays la majeure partie des métaux extraits passe par les hôtels des monnaies; depuis le commencement du siècle, c’est une somme de plusieurs milliards. En Russie, depuis quelques années, les hôtels des
(1) Le monnayage, en Angleterre, du janvier IBiG au 51 décembre 18i7, a été comme il suit :
Or 90,029,583 liv. si.
Argent 15,590,000
Total. . . . 105,619,383 liv. st.
Ou. . . . 2,612,000,000 fr.
Le monnayage de 1848, à en juger par celui des années précédentes, a dû être de 5 millions sterling environ, ce qui porterait le total à près de 110 millions sterl. Si l'on voulait n'allribucr ù la monnaie d'argent que sa valeur intrinsèque, qui est d'un dixième au-dessous de la valeur nominale, il y aurait ii faire une réduction de 1,360,000 liv. si.
(2) .^mcriran Almanae de 1849, page 169. Pour l'inlervallc de 17026 1847 inclusivement.
Le relevé donne, pour l'or 72,565,928 doll.
— pour Kargent. . . . 71,426,465
Total. . . 143,992,395 doll.
Le total de l'année 1848 est de. . . . 5,879,728
Total général. . . . 149,872,121 doll.
Dans le monnayage de 1848 les deux tiers sont en or.
Pendant les vingt-cinq premières années, le monnayage des États-Unis a été extréineiucnl modique. Il ne s'est élevé en tout, du 1*»' janvier 1792 au 31 décembre 1817, qu’à 15,879,253 dollars, ou 74,115,111 fr. (American Almanae de 1849, page 169.)
COURS d'économie politique.
monnaies ont dâ être passablement occupés. Même en Allemagne, où cependant on se passe plusqu'ailleurs de numéraire métallique, il existe une certaine masse de monnaie. C'est ainsi que la ('russe a fabriqué, en espèces d'argent de 1704 à 1850, une quantité telle que, si l'on en retranche ce qui a été retiré par l'administration elle même, le reste serait de 182,850,020 tha- 1ers ou 078,595,834 fr. (1). L'Autriche et les moindres États de la Confédération germanique n'ont pas laissé de fabriquer une forte quantité de monnaie. La Belgique et la Hollande se sont aussi livrées au monnayage; de même le Piémont et Naples. L'Espagne et le Portugal ont retenu pour leur usage monétaire une partie des métaux précieux que leur envoyaient, ordinairement tout frappés, leurs colonies continentales d'Amérique.
11 serait possible d'indiquer encore d'autres fabrications de monnaie. A Constantinople, le gouvernement ottoman a un hôtel des monnaies, d'où sortent aujourd'hui des pièces loyalement fabriquées. Vers l'autre extrémité de l'ancien continent, le monnayage est poussé avec une certaine activité : non dans la Chine, où les métaux précieux sont demeurés à l’état pur et simple de marchandise, ni dans d'autres contrées asiatiques où " l’objet choisi pour la mesure des valeurs et l’équivalent universel est ici le fer, ailleurs la pièce de toile de colon ; mais dans l’Inde où les souverains mogols frappaient des pièces d’argent et d’or fort connues sous le nom de roupie et de mohur, dont nous avons eu occasion de parler, et où aujourd’hui la puissante Compagnie britannique des Indes, maîtresse du pays, entretient trois ateliers monétaires. En treize années, de 1831 à 1844, dans celui de Calcutta, qui a été monté à très-grands frais, le monnayage, tant en or qu'en argent, mais principalement du dernier métal, s’est élevé à 255,219,240 roupies de la Compagnie, qui feraient environ 600 millions de francs. Les hôtels des monnaies de Madras et de Bombay sont moins occupés; cependant celui de Bombay, en 1845, a frappé une valeur de
(1) C'usl ce qui resuile d'un relevé fait par M. Hofloianii elcité par M. de Humboldl dans sun mcniuirc sur les Fluclualions de l’or el de l’argenl.
15,544 roupies (56,995 fr.) en or, et 16,449,522 roupies (59,149,862 fr.) en argent. Le monnayage de Madras a été, dans la même année, de 85,595 roupies (198,956 fr.) en or, et 5,172,558 roupies (7,550,212 fr.) en argent (1).
Mais écartons ici Je monnayage de l’Inde, et restreignonsnous au domaine spécial de la civilisation occidentale, et même à l’Ëurope. Dans cette partie du monde où, d’après les relevés des opérations des hôtels des monnaies, il semblerait qu’il dût exister une prodigieuse quantité d’espèces, les hommes les mieux informés n’admettent pas qu’il s'en trouve plus de 7 milliards et demi à 8 milliards, soit par l’effet des perles, soit parce qu’une partie de nos monnaies est allée s'enfouir dans l’Orient, soit enfin parce que beaucoup de pièces à peine fabriquées, ou du moins avant qu’elles n’eussent été affaiblies par la circulation, ont été refondues.
La quantité d’espèces qui disparait en se perdant excède tout ce qu’on croirait, si l’on en jugeait d’après l’avidiié des bomines pour les métaux précieux. C’est vrai surtout des petites pièces d’argent. Ou en a eu récemment un exemple en France. Il y a peu d'années, le législateur a démonétisé les pièces de i 5 et de 50 sous, qui avaient éié frappées sous Louis XVI, en 179i et 1792. Les particuliers furent avertis de les apporter aux
(1) Ces iiôlcls des monnaies prcièvenl un droit de i pour lOü sur les matières d'or, (le 2 sur les matières d'urgent; plus, pour amener les matières au titre voulu, i/4 à 1/2 pour 100. (J. Maegregor, Collection de documents commerciaux^ tome XXill, p. Glü.)
Selon Al. .Mac Culluch {Dictionnaire du ComniercCt article Calcutta), c'est depuis seplenibre 1855 que la Compagnie des Indes fuit frapper les roupms nouvelles, dites roupies de la Compagnie, à 11/12 de lin, pesant en tout 180 grains (poids de Troie), et des mohurs d'or du même poids et du même titre, qui sont assimilés à la roupies, mais sans être ce que les Anglais nomment un legal tender, c’est-à-dire sans que le créancier soit forcé de les recevoir.
La roupie et le luolnir de la Compagnie contiennent ainsi lO**’**"- C9? de lin. Ils valent donc respectivement 2 fr. 58 c. et 56 fr. 85 c.
On pont remarquer que le système monétaire adopté par In Compagnie des Indes a plusieurs analogies avec celui qu'avait primitivement choisi l’Espague, et qu’il est plus conforme que celui d’aucune des pui^sanees européennes aux principes de la matière (voyez plus haut , section iv, chapitre 111).
272 COUBS d’économie politique.
hôtels des monnaies où l’on devait leur en donner toute la valeur nominale : il ne s’en est cependant montré ainsi que 16 millions environ sur 25 (1). Or, il n’en reste plus dans la circulation en France ni au dehors; il est même douteux qu’il en fût jamais beaucoup sorti de France. Voilà donc, en moins d’un demi-siècle, la disparition d’un tiers au moins de ces espèces.
Sur les pièces de billon de 10 centimes à la lettre N, la perte s’est trouvée plus forte : il en avait été frappé pour 3,286,952 fr.; le faux monnayage en avait grossi la masse sensiblement; et pourtant quand on les démonétisa, après un laps de temps moins long que les pièces de 15 et de 30 sous, il ne s’en présenta que pour deux millions.
Les pièces plus volumineuses se perdent moins. De 1726 à 1793, on a frappé, en France, sur un modèle uniforme, des pièces de 6 et de 3 livres, pour près de deux milliards (1,996,402,000 fr.). La refonte, qui s'esl faite, pendant et après la révolution, en a absorbé 1,411 millions, et il s’en présente encore quelquefois aux hôtels des monnaies. La perte paraît donc avoir été d’un cinquième seulement; mais c’est encore considérable, car la circulation moyenne, en supposant l’émission distribuée également pendant l’espace tout entier de 1726 à 1793, ne serait que de quarante à cinquante ans (2).
L’exportation des monnaies peut être déterminée par plusieurs causes très-différentes. Tantôt c’est purement et simplement comme des lingots destinés à la refonte immédiate, qu’un pays reçoit les monnaies d’un autre. C’est de cette façon qu’est accueillie, en Europe, la majeure partie des piastres de l’Amérique espagnole. Comme, au Mexique, l'opération du départ coûte plus cher qu’en France, les producteurs d’argent envoient leurs lingots à la monnaie quand ils contiennent moins d’un millième et demi d’or (5), et les pièces qui arrivent en Europe avec cette teneur sont bonnes à être traitées par nos affineurs.
(!) La Tabrication de ces pièces a èlé de 25,278,019. Rapport final de MM. Dunius et Colmont, page 125.
(2) Discours de M. Poisat, séance de la cbanibre des députés du 14 avril 1847. Page 793 du Moniteur de l'antiée.
(3) Dupori, Banque Territoriale, page 57, note.
Cette observation s’applique encore plus aux piastres péruviennes, en ce sens que l’affinage se fait moins bien à Lima qu'au Mexique. Tantôt les monnaies continuent de circuler, pour le service des échanges, dans le pays où elles sont exotiques, tout comme dans le pays de provenance. Alors, par rapport au marché général du monde, ce ii'cst qu'un déplacement analogue à ce qui a lieu quand une pièce de 3 francs se rend de Paris à Versailles. C’est de celte façon que continue d’agir une portion des piastres de l’Amérique espagnole, qui vont dans l’Orient extrême, ou dans les Régences barbaresques. De même une certaine quantité de pièces françaises de S fr. circule en Espagne, dans d’autres États limitrophes de notre patrie, et même de l’autre côté de l’Atlantique, dans la Nouvelle-Grenade; à plus forte raison, dans l’Algérie. Les ducats de Hollande et d’autres monnaies d’or, tels que le quadruple espagnol, le souverain anglais et notre pièce de 20 francs, sont plus ou moins connus et acceptés au dehors du pays d’émission. Cependant il faut considérer les souverains qui s’exportent comme destinés, dans un très-grand nombre de cas, à être refondus. Enfin, une notable quantité des monnaies qui sortent des Etats où elles ont été fabriquées est accaparée dans d’autres contrées pour la thésaurisation. Il y a, dans les Régences barbaresques et dans l’Orient le plus reculé, beaucoup de piastres espagnoles qu’on garde de cette façon. En France, une quantité probablement très-forte de métaux monnayés est de même hors de la circulation, à l’état de richesse enfouie.
Tout ce que les Etats-Unis ont frappe de pièces d’or jusqu’à ce que, eu 1834, le congrès changeât le rapport légal entre l’or et l’argent, doit avoir été exporté et refondu. C’est encore une quantité nominale de 11,825,890 dollars qui ferait 18,971 kilog. d’or fin, ou, en monnaie française, 65,350,000 fr.
I.a recherche de l’or dans les espèces d’argent , et même de l’argent dans celles d’or, est une des causes qui ont contribué le plus activement à faire disparaître des pièees de la circulation, ou tout au moins à vicier les résultats apparents du monnayage, parce que de cette manière les matières d’or et d’argent, qui revenaient en lingots, après l’affinage, aux hôtels des mon-
274 COl'RS d’économie DOLITIQL'E.
naies, faisaient double emploi avec celles qui y avaient été apportées primitivement. Et ici nous ne faisons pas allusion seulement aux piastres de l’Amérique espagnole, dont une si grande masse a été aIDnée, en Europe, pour être ensuite monnayée de nouveau.
En France, il avait été frappé, avant 1825, environ 1,600 millions en pièces d'argent contenant à peu près un millième d'or, quelquefois un peu plus Et puis le mode d'essai par la voie sèche qu'on a suivi, jusqu'à une époque un peu plus rapprochée, faisait que notre monnaie d'argent était au titre de 904, au lieu de 900. Il n'en faut pas davantage pour qu'un directeur des monnaies ail du proGt à refondre les pièces de 5 fr. antérieures à 1825.
Voici, en effet, le simple calcul qu’on peut faire : un millième d’or équivaut à 15 1/2 millièmes d'argent; qu’on y joigne, pour le surplus du litre, 5 millièmes au lieu de 4, en attribuant le quatrième millième à l’or, la marge qu’a le directeur des monnaies est de 18 1/2 millièmes. Les frais de l'affinage et de la nouvelle façon de la monnaie sont de 11 1/2 millièmes au plus; en les défalquant de 18 1/2 on aura encore, de gain net, une quantité d’argent fin égale à 7 millièmes du poids de la masse de monnaie sur laquelle on aura opéré, en supposant que les pièces n’aient absolument rien perdu de leur poids. Dans cette hypothèse, ce serait 7 kilog. d’argent fin, ou 1,555 fr. sur 1,000 kilog. en pièces de 5 fr., qui font 200,000 fr., ou encore 7,777 fr. par million. On aurait cependant à retrancher de là une part plus ou moins appréciable pour tenir compte du frai, et même quelque chose de plus pour compenser l’intérét de la somme engagée, pendant le court délai que dure le travail de raffinage et du monnayage.
Les affineurs de Paris ont fait quelquefois une opération du même genre sur la monuaie d’or anglaise, à cause de la proportion d’argent qui reste dans les souverains, et qui a été pendant longtemps de 50 à 60 millièmes. En choisissant les souverains forts de poids, et en profitant des moments où le cours du change était défavorable à l'Angleterre, ils trouvaient le moyeu de réaliser un bénéfice très- satisfaisant
M. Poisal esliiiiait en 1850 que l'Ëlat, eu s'appropriant l’ailinago des pièces de 5 fr. aurifères, eût pu, tout balancé, obtenir un bénéfice de 7 millions de fr., et il avait recommandé cette opération au gouvernement, qui n’en tint compte. 11 supposait qu’il restait encore 1,500 millions sur lesquels elle aurait pu porter. Ce fut alors que les affineurs s’en occupèrent avec une certaine ardeur. M. Poisat n’estimait pourtant pas, en 1847, que l’ailinage se fût fait sur plus de 80 millions de fr. (1). A cette dernière date, il évaluait, d’après des expériences exactes, le nombre des pièces aurifères au tiers de celles qui circulaient; de sorte qu’en supposant qu’il y eût de celles-ci pour 5 milliards, le nombre des pièces de .5 fr. aurifères demeurées chez nous n’eût plus représenté qu’un milliard de francs environ.
Eu 1859, MM. Dumas et de Coiraont, dans leur rapport final, portaient à la même somme de 7 millions le profit que la refonte eût pu procurer à l’État. Ce calcul peut donc être considéré comme ayant force de chose jugée. C’est une somme que l’État n’a pas voulu gagner, quoique, en même temps, il eût rendu plus parfaites les monnaies françaises (2).
Pour la France, la quantité d’espèces monnayées était évaluée par Necker, en 1784, à 2,200 millions; par Arnould, pour 1791, à 2 milliards; par Peuchet et Gerboux, en 1805, à 2,550 millions (5). En 1847, un débat eut lieu à ce sujet dans la chambre des députés entre M. Benoît Fould (4), qui est trèsversé dans les questions financières, et M. Poisal, dont tout le monde connaît la supériorité comme affineur, et qu’une longue pratique de cette industrie a mis à même d’étudier sous tous les aspects la question des métaux précieux. Ces deux autorités ont produit des évaluations fort différentes de la quantité de monnaie qui resterait en France. Selon M. Fould, elle n’eût
(1) Diüconrs & la cliambre <tes députés ; ^Vontlenr du liavril 1847.
(3) Voir les calculs de M.M. Dumas elColinonl, page 153 du Rapport final.
(3) Voir la discussion de M. de Humboldt à ce sujcl, NouveUe-Enjmgne, t. III, pages 423 et suiv., 4G3 et suiv.
(4) Moniteur du 14 avril 1847. M. Fould estimait que l’affinage avait porté sur une somme très-forte, 900 millions.
276 COURS d’économie politique.
clé que de 1,700 millions (1). M. Poisat la considérait comme plus grande, parce qu’il n’adincUail pas que raflinage eût reçu l’extension que supposait M. Benoît Fould, à beaucoup près. Tout compris, avec l’or et les pièces d’argent de moins de 5 fr., son estimation irait à 2,200 millions.
Les estimations qui se sont produites le plus fréquemment parmi les personnes qui raisonnent sur ces matières, mettraient la quantité de monnaie qui circule en France entre
2 milliards et demi et 3 milliards, y compris les encaisses des banques publiques.
De ces deux sommes, la première compte beaucoup de partisans. M. Moreau de Jonnès, dans sa Statistique de la Grande- Bretagne, publiée en 1837, propose 2,860 millions. Dans leur Rapport final, MM. Dumas et de Colmont se prononcent pour
3 milliards, dont moins de cent millions en or. D’un autre côté, M. Thiers, dans un discours prononcé en 1848, calculait sur 2 milliards seulement.
Dans le royaume-uni de Grande-Bretagne et d’Irlande, y compris l’encaisse de la banque d’Angleterre et des aulr.es institutions de crédit, on peut calculer que, communément, il y a 40 millions sterling (2) en monnaie d’or. C’est la seule monnaie légale du pays. L’argent, tout réduit qu’il est au rang de billon, ne doit pas être moindre de 10 millions st.; ce serait
(I) M. Foiilil calculiiil <|iic la monnaie d’or avait disparu, ît T.t on 80 millions près; que sur 5,900 millions frappés en argeni, i,loO millions circulaienl ou élairnl vacliés dans d'aiilrrs contrées, savoir :. '>00 millions dans l'Algérie, I.iO millions en Italie, l.'iO en Uelgiqiie, 150 en Allemagne on en Suisse, 100 en Espagne, tOO aux Étals-l'nis ou dans la Nouvelle-Grenade; que 150 environ avaient été perdus dans les naufrages ou par d’autres accidents, ce qui rabattait la monnaie d’argent accusée par les relevés de la rabricniion à2,(>00 millions ; d’où rctrancbanl 900 millions, qu'il supposait avoir subi raflinage et faire double emploi, il restait 1,700 millions.
(2; L’évaluation ilc M. J. Wilson (Capilal, Currcncy and Hanking, cbapilrcs XVI cl suivants) donne, pour les espèces en or, un tninimiim de 35 millions sirri. dans rAngIcIcrre proprement dite, à quoi il faut ajouter, pour l’Ecosse et l’Irlande, au moins 5 millions sterl. Dans ces deux dernières parties du lloyaumc-Uui circulent des billets d’une liv. st., lundis que les billets de moins de cinq livres sont interdits en Angleterre.
LA MÜNNAIU, SECTiOM VII, CUAWTUE III. 277
un total de 50 millions sterling, ou d'environ 1,260 millions de francs.
Dans l’empire d'Autriche, c’est beaucoup moins. M. de Tegoborski, dans un ouvrage approfondi sur les finances autrichiennes, estimait, eu 1840, que les pièces moniiayccs d'or et d'argent n’y allaient qu'à 140 ou 150 millions de florins, soit 550 à 375 millions de francs (1).
Une évaluation de M. Hoffmann, chef du bureau de statistique à Berlin, qu’a citée M. de Humboldt, mettait entre 90 et 120 millions de thalers (554 et 445 millions de francs), en 1858, la monnaie en cii-culation dans la monarchie prussienne (2;.
Au cummcncemcnt du siècle, M. de Humboldt, d’après diverses autorités qu'il indique (5), attribuait à l'Espagne 450 millions, et à l’Amérique tout entière 805 millions. Sous ce rapport, les Élats-LIiiis doivent, depuis cette époque, avoir beaucoup acquis. Le monnayage de l'or, qui s’y fait, depuis quelques années, sur une bien plus grande échelle, eu est la preuve,
I..a Russie, d’après Storch, n’aurait eu, en 1815, que 181 millions de francs en espèces monnayées. Cette proportion n’a pas dO varier beaucoup jusqu’en 1839, parce que jusque-là le pays a été sous le régime du papier-monnaie. II est à croire qu’aujourd'hui la proportion de l’or et même de l’argent y a beaucoup augmenté.
Les États européens autres que ceux qui viennent d’étre nommés, tels que la Belgique et les Pays-Bas, le Portugal, l'Italie, le Danemark et la presqu’île Scandinave feraient, d’après des estimations que MM. Dumas et de Colmont ont consignées dans leur rapport final, 1,417 millions (4).
(1) Finances de l'Autriche, Ionie I, page 91.
(2) Mémoire sur tes fluctuations de l'or et de l'argent.
(3) Aouvelle~Es/>agne, t. lit, page 413.
(4) Rapport final, |Mige H9. Savoir : la Belgique et In Hollnmlc,(>42 millions (Cluucl, en 18^); l’Italie, suns le royaume de iXapIcs, 230 millions (Anderson, 1788); le royaiiine de Naples, 173 ((jaliuiii, 1780); le Danemark rt la presqu'île Scandinave, '223 (Anderson, 1800); le Portugal, 130 (Aiidersoii, 1788); l'Alleuiague, sans l'Autriclie ut la Prusse, 73 (Aiidersou, 1820).
278 COURS d'ëcünoiiie folitique.
Il semble que les relevés des douanes soient de nature à répandre toute clarté sur la question des quantités de monnaie, ou tout au moins de métaux précieux, qui existent dans les différentes contrées. Malheureusement, sur ce point le commerce souvent juge prudent de ne pas faire de déclarations exactes; non pour éviter des droits : car, en Europe du moins, le mouvement des métaux précieux n’est pas gicvé de taxes a|)préciables, et aux États-Unis il en est de même; mais on trouve bon d’envelopper de mystère le déplacement d’un objet (|ui excite à un si haut degré la convoitise. Ainsi les tableaux des douanes doivent-ils être, à cet égard, entachés d’erreur.
MM. Dumas et de Colmont, dans leur Rapporl final (1), résument les publications des douanes françaises en ces termes, que les importations de l’argent de France, de 1816 à 1838 inclusivement, ont excédé les exportations, orfèvrerie et joaillerie comprises, de plus de 2 milliards, exactement 2,024,563,938 fr. Pour l’or, au contraire, les exportations avaient le dessus, de 540,945,093 fr. Si l’on poursuit le relevé jusqu’en 1847 inclusivement, on trouvera que la différence entre les importations et les exportations des deux métaux précieux, à partir du 1*^^’' janvier 1816, représente, quant à l’argent, une acquisition de 2,500 millions, et, quant à l’or, une diminution de 600 millions; pour l’ensemble ce serait une augmentation de 1,900 millions.
S’il en était ainsi, il faudrait en conclure que nous avons parmi nous une très-grande quantité d'argent monnayé. 11 y aurait à défalquer cependant tout ce qui a servi à fabriquer de l’orfèvrerie pour notre propre usage. En portant à 12 millions, pour chaque année, en moyenne, la part des matières neuves qui ont reçu cette destination (2), ce serait, pour trente-trois ans, tout près de 400 millions. Le plaqué qui s’use, les objets
(1) Page 74.
(‘2} Ce chinVe de millions par an suppose qu'une assez notable partie de.» objets d’argent dchapiH: à In taxe de garantie; ear la moj'enne des objets d’argent qui .sont venus se faire marquer et acquitter l’imptH depuis 1816 n’atteint pas 12 millions; or une bonne («rtie de ces objets est faite avee des matières vieilles.
argentés oti en argent qui se perdent, ont dû, depuis 181 G, faire disparaître une grosse somme. On peut supposer aussi que, à la faveur de plus de Ircnle ans de paix, le goût de Ihésauriser, qui est très-vif chez une grande partie de la population, a pu se donner carrière, et c’est autant de monnaie qui, cessant complètement de circuler, perd le caractère monétaire. J’admets bien que les relevés des douanes n’accusent qu’imparfailement le mouvement des métaux précieux : l’administration des douanes elle-même ne fait pas dilBculté de le reconnaître; et on peut croire que les omissions de déclaration sont plus nombreuses à la sortie qu’à l’entrée. En somme, cependant, il me parait impossible de ne pas croire qu’il s’est accumulé beaucoup d’argent en France depuis la paix, et que, de toutes les nations, nous sommes colle chez laquelle se fixe la plus forte proportion de l’argent qui est produit annuellement.
SECTION Vlll
EXEMPLES, AUTRES QUE CEUX TIRÉS DE l’iNFI.UENCE DE l'aMÉRIQUE, de VARIATIONS DURABLES OU PASSAGÈRES DANS LA VALEUR DES MÉTAUX PRÉCIEUX.