MONNAIE DE COMPTE
d'argent fin ; en fait, depuis un demi-siècle environ, c'est un poids fixe d'or fin. Au franc de la loi de Tan XI, constitué par 5 grammes d'argent à 0.900, la pratique commerciale a substitué, comme monnaie de compte, un franc d'or, qui est le 3^^^ ^^ du kilogramme d'or fin. 11 résulte de cette substitution, dont les causes seront indiquées plus loin*, que la monnaie de compte ne correspond plus à une coupure monétaire réelle, puisque la plus petite pièce d'or est une pièce de 5 francs, qui d'ailleurs ne circule plus. Toutefois la monnaie de compte coïncide avec la monnaie réelle, car le franc d'or est contenu, par définition môme, un nombre exact de fois dans les espèces d'or.
La monnaie de compte peut être absolument différente de la monnaie réelle. C'est ce qui a existé à Hambourg, quand on eut cessé d'y frapper des mark. La monnaie de compte était le mark; matériellement, la monnaie consistait en espèces fort différentes.
Actuellement, dans nos possessions de l'Indo-ChineS il y a deux monnaies réelles, dont l'une est indigène et Tautre a été importée : la sapèque de cuivre ou de zinc et la piastre d'argent. Le commerce compte généralement en piastres; mais la monnaie de compte admise par l'administration indigène est. la ligature de sapèques et, de son côté, l'administration française compte en francs pour un certain nombre de services. L'administration française promet de payer des francs et elle stipule qu'on lui paiera des francs; mais comme il n'y a pas de francs dans la circulation, il faut bien qu'elle livre et qu'elle reçoive la monnaie réelle du pays : elle a donc consenti à recevoir la piastre et elle a obligé ses créanciers à la recevoir.
Un système analogue fonctionne dans nos établissements de l'Inde. Là, c'est la roupie, monnaie réelle, qui se trouve en présence du franc, monnaie de compte '.
Même situation jusqu'en 1879, à l'île de la Réunion*. La monnaie de compte était le franc, qui ne se trouvait pas dans
d. V. chap. II.