‹ La monnaire, le crédit et le changeChapitre 135 sur 260 · V., dans ce sens, Stanley Jevons, loc. cit · texte numérisé non relu

V., dans ce sens, Stanley Jevons, loc. cit

LE PRpBLÈME MONÉTAIRE EN FRANCE. 25^

guinée d'or, qui, d'après le cours des deux métaux, valait seulement 20 Vs shillings. L'argent, ainsi déprécié en Angleterre, émigrait sur le continent. Pour en arrêter l'exportation, Newton conseillait de Gxer, par proclamation royale, la valeur de la guinée à 21 shillings d'abord, puis, à une date ultérieure, à 20 Va shillings. Il s'inspirait, en définitive, des mêmes idées que Sir Thomas Gresham en 1560, lorsque ce dernier suggérait à la reine Elisabeth d'abaisser la valeur légale des espèces altérées qu'avait fait fabriquer Henri VIII. L'usage attribuait, en Angleterre, une valeur trop élevée à l'or : Newton ne proposait pas d'engager les autres gouvernements à relever, dans la môme proportion, la tariiication de leurs monnaies d'or, mais, tout au contraire, d'adopter, en Angleterre, le rapport, d'ailleurs plus conforme à la réalité des choses, qui existait dans le reste de l'Europe entre les espèces d'or et les espèces d'argent. Comment pjeut-on, dès lors, invoquer l'autorité de Newton à l'appui d'une solution qui consiste essentiellement à rehausser d'une façon artificielle, au moyen d'une entente internationale, le cours commercial de l'argent jusqu'au niveau du pair à.

L'agitation pour le bimétallisme universel a abouti à la convocation de trois conférences internationales : les deux premières se sont réunies à Paris, en 1878 et 1881, la troisième, à Bruxelles, en 1892. Toutes les trois se sont séparées sans avoir pris aucune résolution. Il n'en pouvait être autrement.

Dès la première séance de la conférence de 1892, le comte d'Alvensleben avait déclaré que <c l'Allemagne étant satisfaite de son système monétaire, n'avait pas l'intention d'en modifier les bases* ». Quelques jours plus tard, Sir Rivers Wilson , et M. Ch. Fremantle annonçaient qu'ils n'admettaient « comme applicable à leur pays, d'autre système que celui de l'étalon d'or unique * », et provoquaient, par leur attitude, le retrait d'une proposition de leur collègue, le baron Alfred de Rothschild, tendant à rendre obligatoire, pour une période de 5 ans,

i. Conférence monétaire internationale, 189i2. Bruxelles, Hayez, 1892^ p. 32.

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