Ibid., p
'2jÔ l'union latine, le problème MONETAIRE.
Tachât annuel, par tous les États du monde, d'une quantité d'argent représentant une somme de 5 millions sterling, tant que les cours ne seraient pas supérieurs à 43 pence Tonce*. A son tour, M. Tirard déclarait qu'il ne conseillerait jamais à son gouvernement de reprendre isolément la frappe libre. « Si d'autres puissances européennes, l'Angleterre, l'Empire d'Allemagne, l'Empire Austro-hongrois, les États Scandinaves et d'autres pays encore consentaient à ouvrir leurs Monnaies à la frappe libre de l'argent, alors la question changerait d'aspect. » « Mais, en sommes-nous là* ? » concluait le premier délégué tle la France. Les déclarations catégoriques faites par les représentants des grandes puissances le dispensaient de discuter une proposition, qui, nous avons des raisons de le savoir, ne lui agréait guère.
Si Ton en excepte les États-Unis, dont l'intérêt dans la question est trop évident, on voit que les gouvernements dont les bimétallistes escomptaient le concours n'étaient nullement disposés à répondre à leurs vœux. La démonstration complète en a été fournie, en 1897, par l'échec retentissant de la mission Wolcott. 11 n'a môme pas été possible de réunir une conférence, comme en 1892^.
Supposons même que l'union bimétallique de la France, de l'Allemagne, de l'Angleterre, des États-Unis fût un fait accompli. La plus grande partie du monde resterait en dehors de celte association. Sans doute, les achats d'argent opérés par ces puissantes nations auraient une influence sur le cours du métal blanc. Mais combien de temps pourraient-elles les poursuivre? Après quelques années, l'épuisement de leur stock d'or ne les mettrait-il pas dans la situation où s'est trouvée l'Union latine? Et peut-on douter de l'exportation fatale du métal jaune à destination dos pays dans lesquels la loi monétaire ne le déprécierait pas artificiellement?
En réalité, la France n'a aucun intérêt à entrer dans ces ^combinaisons dangereuses. Ses relations de change sont nnr-
i. Conférence monétaire internationale, 1895. Bruxelles, Uayez, 13î.»i, j). 40 et siiiv.
± Ibiii., p. 215.