‹ La monnaire, le crédit et le changeChapitre 137 sur 260 · V. infra, p. 312 et suiv · texte numérisé non relu

V. infra, p. 312 et suiv

maies, parce qu'elle dispose d'ua stock d'or assez considérable pour payer en or ses dettes extérieures lorsque les compensations en papier de commerce ou en titres n'y suffisent pas. C'est là le point essentiel. Il est fâcheux, sans doute, qu'une partie de son capital monétaire soit dépréciée par suite de la baisse de l'argent. Mais, pour rehausser la valeur intrinsèque de sa monnaie blanche, il ne faut pas qu'elle s'expose à perdre le stock de métal jaune dont la possession assure à son commerce le bénéfice inappréciable du pair du change.

Si le bimétallisme universel est impuissant et dangereux, la solution monométallique, qui consisterait à limiter le pouyoir libératoire de la pièce de 5 francs d'argent, n'est pas moins inadmissible à l'heure actuelle. Elle aurait, sans doute, pour résultat de réduire le pouvoir d'achat de notre grosse monnaie blanche, celle-ci n'étant plus convertible en or que jusqu'à concurrence d'une certaine somme. Une perte grave serait ainsi infligée à tous les détenteurs de cette coupure. On objectera peut-être que les monnaies divisionnaires circulent au pair, bien que le cours n'en soit pas illimité. Mais la quantité des pièces de 1 et de 2 francs, de 50 et de 20 centimes dont nous disposons, est en rapport avec les besoins des échanges. Nous avons, au contraire, plus de pièces de 5 francs qu'il ne nous en faut : la preuve en est dans le courant qui ramène incessamment vers la Banque les écus qu'elle cherche à déverser dans la circulation, et qui maintient toujours à peu près au même niveau son encaisse d'argent. La limitation du pouvoir libératoire de la pièce de 5 francs ne serait acceptable que si les quantités existantes en pouvaient être diminuées par une démonétisation matérielle. Est-il besoin de dire qu'au 'prix actuel de l'argent, l'opération est impraticables puisque le Trésor ne pourrait vendre le métal démonétisé qu'en s'imposant d'énormes sacrifices?

l. Ce qui nous semble impraticable, c'est la refonte en mas?e, avec la perturbation qu'elle jetterait dans toutes les affaires. Mais on ne doit négliger aucune occasion de réduire le stock de notre grosse monnaie soit par des transformations en monnaies divisionnaires, ainsi que l'a prescrit la convention monétaire du 29 octobre 1897. soit par des exportations dans celles de nos colonies africaines où les pièces de 5 francs sont ordinairement refondues.

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258 l'union latine, le problème monétaire.

En résumé, nous ne pensons pas que le problème monétaire comporte actuellement une solution. La politique la plus sage nous paraît être de ne rien changer à une situation qui aurait pu être meilleure, mais qui, somme toute, est tolérable et qu'en tout cas la moindre imprudence pourrait compromettre.

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