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CHAPITRE IV

LE STSTËME HONËTAIRE ANGLAIS

De même que la législation française fournit un exemplaire du système bimétallique, la législation anglaise offre le type du système monométalliqùe. Le cours légal illimité n'y appartient qu'à la monnaie d'or ; la frappe libre n'y est admise que pour l'or. En conséquence, les mouvements d'entrée et de sortie du numéraire y sont uniquement déterminés par la balance du commerce et par le taux de l'escompte; l'or forme toujours le fonds de la circulation et joue toujours le rôle d'étalon.

La législation monétaire anglaise date du commencement du XIX® siècle. Le texte fondamental est une loi de 1816 (56"*, Geo. III, c. 58) revisée en 1870 (33*'*, Vict. c. lOj. On examinera successivement* les points suivants : 1° monnaies de compte ; 2** monnaies réelles et fabrication ; 3^ monnaies légales ; 4^ étalon monétaire. On consacrera un -cinquième paragraphe à l'agitation bimétalliste, un sixième paragraphe au système monétaire de l'Inde.

§ 1. — Monnaie de compte.

La monnaie de compte est la livre sterling (£), représentée par une pièce d'or appelée souverain.

La livre sterling se divise en 20 shillings (s) et chaque shilling en 12 pence {d) ; il y a 240 pence dans la livret

Beaucoup de prix, au lieu d'être exprimés en livres, shillings

1. C'est un système de computation identique à celui de l'ancienne France, où l'unité de compte était la livre, divisée en 20 sous ou 240 deniers. La livre sterling et la livre tournois dérivent de l'ancienne livre d'argent de Charlemagne. Seulement, la première avait été beaucoup moins altérée par les rois que la seconde, qui n'en représentait pas tout à fait la vingt-cinquième partie.

et pence, le sont en shillings ou en pence. On cotera, x>ar exemple, le café 79 sh. le cwt {hxindredweight), au lieu de 3 liv. 19 sh.; le bœuf, 50 d. les huit livres, au lieu de 4 sh. 2 d. ; l'argent en barres 25 d. Fonce troy^ au lieu de 2 sh. 1 d. C'est un moyen d^éviter les complications de la computation duodécimale. Mais il doit être bien entendu que les shillings ou les pence cotés représentent, non pas les pièces d'argent ou de bronze qui portent la même dénomination, mais des 20®' ou des 240" du souverain d'or.

On compte aussi par guinée de 21 shillings d*or. Cestrunité employée pour les objets de luxe, les honoraires, les cotisations dans les clubs, etc. La guinée n'existe plus comme monnaie réelle depuis 1816.

§ 2. — Monnaies réelles.

A. Coupures, — Elles sont énumérées dans la proclamation royale du 30 mai 1887.

Les coupures d'or sont le souverain, qui vaut 1 livre sterling ou 20 shillings * ; les pièces de 2 et 5 livres - et la pièce de 10 shillings appelée demi-souverain. Le souverain et le demisouverain sont les monnaies d*or les plus usuelles.

Les coupures d'argent sont la couronne ou pièce de 5 shillings ^ le double florin' ou pièce de 4 shillings, la demi-couronne valant 2 shillings 6 pence, le florin valant 2 shillings, le shilling, les pièces de 6 et 3 pence, le groat^ valant 4 pence, les pièces de 2 pence et de 1 penny. Ces trois dernières ne sont frappées que pour les aumônes du roi au Jeudi-Saint (matmdy moneys). Les pièces d'argent les plus répandues sont la demicouronne, le florin, le siiâlling et le 6 pence.

i. Le souverain a été frappé pour la première fois sous Henri VIII. On l'appela ainsi parce que le roi y était représenté sur son trône, vêtu du manteau royal et couronné. V. Lord Liverpool, Treatise of the coins of the Realm in form of a lelter to Ihe King, p. 53.

2. Ces pièces, créées en 1870, n'ont été frappées qu'après 1887.

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