‹ La monnaire, le crédit et le changeChapitre 148 sur 260 · Up. cit., p. 190 et p · texte numérisé non relu

Up. cit., p. 190 et p

sur les prix, comme au temps de Guillaume III, et que le change étranger est redevenu favorable.

L'argent allait bientôt perdre la qualité de monnaie légale.

Un act de 1774 disposa que les pièces d'argent au-dessous du poids droit ne seraient monnaies légales [légal tender) que jusqu'à concurrence de 25 livres sterling. Vact de 1774 ne devait avoir d'effet que pour deux ans. Il fut successivement prorogé jusqu'en 1783. A cette époque, on négligea de le renouveler; l'argent jouit de nouveau du cours légal illimité. En 1798, les prescriptions de Vact de 1774 furent remises en vigueur; elles subsistaient encore au moment où écrivait Lord Liverpool*.

L'auteur du Traité sur les monnaies du Royaume était d'avis de réserver définitivement à un seul des deux métaux monétaires le cours légal illimité. C'était, disait-il, le seul moyen d'empêcher l'exportation alternative de l'or et de l'argenl, opération d'autant plus fâcheuse que la frappe, en Angleterre, était gratuite*. II recommandait de choisir l'or comme base de la circulation ; d'abord parce que ce métal était, depuis de longues années déjà, en possession du rôle d'étalon, ce qui était un argument sérieux surtout en Angleterre ; puis, parce que toutes les obligations contractées par l'État l'avaient été en monnaie d'or; enfin, parce que ce métal jouissait d'une valeur plus stable que son concurrent. Dans son argumentation sur ce dernier point, ainsi que Ta remarqué Michel Chevalier, Lord Liverpool se trompait. « Dans le but de montrer que l'argent a une valeur moins stable que lor, il comparait les variations que les matières d'argent et d'or avaient éprouvées dans leurs prix en monnaies courantes, alors que celles-ci consistaient en or ou en billets de banque échangeables contre de l'or. N'est-il pas clair que cette méthode devait conduire à des variations bien plus fortement accusées pour l'argent que pour l'or 3?»

A côté de l'or, il fallait de l'argent pour servir de monnaie subsidiaire. Pour le conserver en Angleterre, lord Liverpool

Page 1