Jbid., mai 1879, p
4. Ibid.y mai 1892, p. 638. Il est probable que la discrétion du chancelier de l'Échiquier tenait surtout à ce qu'il était déjà saisi des propositions do vice-roi de l'Inde, au sujet de la suspension de la frappe. V. infra, p. 285.
tiiient comme applicable à leur pays d'autre système que celui de Tétalon d'or unique ^ ».
Au mois de mars 1893, les bimélallistes portèrent de nouveau la question devant les Communes. Sir H. Meysey-Thomson développa une motion invitant le gouvernement à provoquer une nouvelle réunion de la conférence de Bruxelles.
M. Gladstone fit remarquer d'abord que l'Angleterre ne pouvait substituer son initiative à celle des États-Unis. La convocation de la Conférence ne pouvait donner de résultats, six à sept États, l'Autriche et l'Allemagne en tête, comme l'avait fait remarquer M. Tirard, étant décidés à ne pas changer leur système monétaire, les autres subordonnant leurs résolutions à celles des premiers. La situation de la conférence rappelait au Premier « le vieux proverbe qui dit qu'un seul homme p^ut amener un cheval au bord de Teau, mais que vingt hommes ne peuvent le forcer à boire ». Abordant le fond du problème, M. Gladstone contestait la réalité de Vappreciation de l'or et soutenait que la valeur du métal jaune était plus stable que celle du métal blanc. Il concluait en ces termes qui méritent d'être retenus. « Il est certain que nous sommes, nous autres Anglais, les créanciers du monde entier. Il ne se passe pas une année sans que nous ajoutions quelque chose aux placements déjà faits à l'étranger. On reste au-dessous de la vérité en les évaluant à près de 2 milliards de livres sterling. Dans ces conditions, il convient de bien réfléchir avant d'accomplir cet acte de véritable abnégation qui consisterait à laisser à nos débiteurs le choix entre deux modes de libération. Ils accueilleraient certainement avec gratitude un cadeau de 50 à 100 millions sterling, si nous étions disposés à le leur faire ; mais en rendant hommage à notre générosité, ils mettraient en doute notre sagesse. Nous devons donc y regarder à deux fois avant d'abandonner le terrain solide sur lequel nous avons, au cours des cinquante dernières années, édifié la plus grande prospérité commerciale que le monde ait jamais connue. »
M. Goschen répondit à M. Gladstone. Il estimait que la valeur de For n'était pas plus stable que celle de l'argent. Le pouvoir
1. Conférence monétaire inLernalionale, p. 32. V. supra, p. 255.
L AGITATION BIMËTALLISTÉ. 277
général d*achat de Tor avait eu des variations de 25 à 30 p. ^o- Il n'était pas exact de dire que le payement en métal libérerait les débiteurs de l'Angleterre à moins de frais^que le payement en or : dans l'hypothèse bimétalliste, l'argent ayant cours partout pour la même valeur, les créanciers anglais ne perdraient rien. Ce n'était pas que M. Goschen fût trompé par le mirage du bimétallisme, mais il soutenait que rien ne devait être négligé pour rechercher si un usage plus général de l'argent n'atténuerait pas dans une certaine mesure les maux dont souffraient non seulement le Lancashire, non seulement l'Inde, mais le monde du travail en général. C'était une question d'une importance nationale et on avait le devoir de la soumettre à l'attention de la Chambre.
La motion de Sir H. Meysey-Thompson fut repoussée par 299 voix sur 377. Les 12^ voix de la minorité n'étaient pas exclusivement bimétallistes. On ne peut douter que l'attitude d'un homme aussi compétent dans ces questions spéciales que M. Goschen ait déterminé un certain nombre de votes en faveur d'une motion qui n'impliquait pas nécessairement une adhésion à la solution bimétallique ^
Au surplus, en dépit de l'agitation de la ligue bimétallique,. l'Angleterre n'était pas près de s'écarter de la ligne de conduite que l'un des délégués des États-Unis à la conférence de 1881, M. Howe, définissait merveilleusement : « L'Angleterre a dit, en 1878, ce qu'elle disait depuis plus de cinquante ans : nous ne voulons pas soutenir dans le royaume la fonction monétaire du métal argent; mais elle a ajouté, avec beaucoup d'énergie : cette fonction doit être maintenue dans le monde * ». En 1881, en 1892, chaque fois que l'Angleterre a pris la parole devant l'assemblée des autres États, elle a déclaré que la restauration de la valeur du métal blanc était une œuvre d'intérêt universel, mais elle a toujours ajouté qu'elle ne s'y associerait pas. Elle a fait plus que de ne pas s'y associer. En 1893, au lendemain de la discussion parlementaire provoquée par Sir H. Meysey-Thompson, les bimétallistes du continent ont eu la déception de voir le
1. V. Bulletin de statistique du Ministère des finances, mars 181)3, p, 300.
2. Conférence monétaire internationale, avril-mai 1881, p. 241.
gouvernement de Tlnde prendre, d'accord avec la métropole, une mesure qui a eu et ne pouvait manquer d'avoir une influence désastreuse sur le cours de l'argent. La fermeture des Monnaies de l'Inde à la frappe libre du métal blanc, en menaçant un •débouché qui absorbe une forte portion de la production annuelle, au moment où le rappel de la clause d'achat du Sherman act par les États-Unis allait faire disparaître un autre débouché d'importance égalée a porté à l'argent le coup de grâce. Dans cette circonstance les Anglais, et nous ne saurions les en blâmer, ont sacrifié sans hésitation, avec leur décision habituelle, ce que les plus éminents d'entre eux considèrent comme l'intérêt du monde entier, à ce qu'ils estiment être l'intérêt particulier de leur patrie.
§ 6. — Le système monétaire de Tlnde anglaise.
La monnaie de compte de l'Inde est la roupie, divisée en 16 annas : Vanna se divise Qn^pice et en 12pze. La roupie contient ainsi 16 annas, 128 pice et 192 pie.
10,000 roupies forment un lakh^ et 100 lakhs ou 10 millions de roupies forment une crore.
Les monnaies réelles sont d'or, d'argent et de cuivre.
Le texte fondamental de la législation monétaire de l'Inde est un act du 6 septembre 1870 {The Indian Coinage act, 1870), amendé par un acù du 26 juin 1893 et par un act du 15 septembre
Aux termes de la première de ces lois, la frappe de l'or et de l'argent était libre. Un droit de monnayage de 1 p. % sur l'or et de 2 p. 7o sur l'argent était prélevé par les Monnaies, établies à Bombay et à Calcutta.
Los monnaies d'or étaient le mohur ou pièce de 15 roupies, la pièce de 10 roupies ou deux tiers de mohur, la pièce de 5 roupies ou tiers de mohur, et le double mohur ou pièce de 30 roupies. Le mohur, son multiple et ses sous-multiples étaient au titre de 11/12 ou 0.916G6, comme la monnaie d'or britannique. Le mohur pesait 180 grains Iroy au titre et 165 grains troy de fin.