Report of the secretary of the Trcasury^ d893, p. u
vemenl à Fétalon monétaire du monde commerçant nous n'aurions plus, disait M. Cleveland, notre place marquée parmi les nations de premier ordre, et le gouvernement aurait manqué au devoir qui lui incombe d'assurer au peuple américain une monnaie sûre et stable. »
L'abrogation de la clause d'achat du Shei^man act ne devait pas, et ne pouvait pas d'ailleurs, suffire à soustraire le Trésor américain aux dangers qui le menaçaient. En arrêtant les achats de métal * et, par suite, les émissions nouvelles de Treasury notes, elle empêchait le mal de grandir ; elle ne le supprimait pas. Les Treasury notes en circulation se montaient, le l**^ novembre 1893, à 150,818,582 dollars, représentant, selon les prescriptions du Shei*man act, le prix d'achat du métal non encore monnayé et la valeur des dollars frappés avec le métal acheté en vertu de ses dispositions, que la Trésorerie possédait à la même date. Pour réduire cette dette, le gouvernement n'avait d'autre moyen que de monnayer le métal et de le faire accepter par le public sous la forme de dollars d'argent. Il ne pouvait annuler les billets rachetés en or], mais devait les émettre à nouveau sous peine de violer la loi, car les Treasury notes en circulation devaient toujours égaler le stock d'argent monnayé et non monnayé provenant des achats imposés par le Sherman act, qui se trouvait dans les caisses du Trésor. On était donc condamné à emprunter pour rembourser des billets qui devaient être remis en circulation et pouvaient aussitôt après être de nouveau présentés au remboursement.
La réserve d'or de la Trésorerie, incessamment attaquée au moyen des Treasury notes de 1890 et aussi des old légal tender notes "^ ou greenbacks, dut à maintes reprisés, de 1894 à 1890, être reconstituée au moyen d'emprunts. Le 17 janvier 1894, elle était tombée à 69,757,827 dollars; le 6 mars 1894, grâce à un emprunt, elle était remontée à 107,446,802 dollars; mais le
1. Report of the direcfor of the Mint., 1893, p. 47. II avait été acheté, en vertu du Shermanact, 108,674,68:2 onces de fin ayant coûté lob, 931, 002 dollars ; 27,911,259 onces ayant coûté 29,110,187 dollars avaient été employées à frapper 36,087,285 dollars d'argent. Ibid., p. 10.
2. Les anciens billets à cours légal (old légal tender notes) doivent également être remis en circulation, aux termes d'un act du 31 mai 1878, lorsqu'ils ont été remboursés par le Trésor.
7 août elle était réduite au chiffre le plus bas qui eût encore été constaté depuis la cessation du cours forcé, 52,189,500 dollars. Le 4*' novembre elle ne dépassait pas 61,878,374 dollars ; on emprunta. Au commencement de 1895, on dut encore emprunter, la réserve ayant été réduite en février à 41 ,340,141 dollars. Au total, de février 1894 à mars 1895, on s'endetta de 162,315,400 dollars. En janvier 1896, un nouvel emprunt de 100 millions de dollars fut nécessaire, la réserve étant tombée à 61,251,710 dollars ^
En s'imposant de tels sacrifices pour rembourser en or des billets qu'il avait la faculté de payer en argent, le Trésor américain affirmait sa résolution de maintenir la parité des deux métaux, selon le mandat qu'il avait reçu du Congrès, c'est-àdire d'assurer la convertibilité en or des dollars d'argent et des certificats ou billets libellés en argent. Si le public avait présenté tant de ces billets au remboursement, c'est qu'il avait craint, et ses appréhensions avaient été jusqu'à la panique, que le Trésor ne fût contraint à bref délai de suspendre les paiements en or et que le dollar d'argent déprécié ne devînt, en conséquence, l'étalon monétaire des États-Unis. La confiance revint peu à peu; elle s'afTermit en 1897 et surtout en 1898 quand le parti argentisle fut devenu manifestement impuissant dans le Congrès; alors le métal jaune reflua librement et abondamment vers le Trésor.
Los États-Unis ontdonc réussi à conserver l'étalon d'or. iMais la crise de 1892-1896 a permis au gouvernement et au Congrès de mesurer le danger auquel la législation argentiste et inflationniste avait exposé le pays : c'est pourquoi dans la loi du 14 mars 1900 qui attribue définitivement au dollar d'or le rôle d'unité monétaire et d'étalon, des dispositions ont été introduites en vue de faire obstacle dans l'avenir à l'éviction du métal jaune par le métal blanc ou par le papier *.