‹ La monnaire, le crédit et le changeChapitre 172 sur 260 · ORIGINES DU SYSTÈME INDO-CHINOIS · texte numérisé non relu

ORIGINES DU SYSTÈME INDO-CHINOIS

passe, pour les assembler en une sorte de chapelet, un lien de jonc. 100 sapèques de cuivre ou 600 sapèques de zinc^ ainsi réunies forment une ligature {quart), La ligature se divise en

10 tien. 10 quans liés ensemble forment un chue* ou gueuse*.

11 n'a pas été fabriqué beaucoup de sapèques de cuivre depuis Gia-Long, qui a émis le premier les sapèques de zinc à Saigon, en 1796, quand il était encore prétendant sous le nom de Nguyén-Anh. Aussi la sapèque de cuivre (dông-tién-dông) estelle rare en dehors de TAnnam proprement dit. Au Tonkin et en Gochinchine', on trouve surtout la sapèque de zinc (dôngtiên-kêm).

Les sapèques de cuivre de Gia-Long * et de Minh-Mang*^

de môme métal et de même forme, mais longues de 18 centimètres avec un large amieau au bout du manche. La forme de ces monnaies se modifia tout naturellement : le manche fut supprimé et l'anneau vint s'adapter au pied de la lame : mais, pour conserver à la pièce le même poids, son épaisseuf fut considérablement augmentée et l'anneau devint une rondeUe plate avec un trou central pour le passage du lien. — Plus tard, le peuple s'était si bien habitué à la circulation de ces objets, faciles à manier et è transporter, d'une conservation assurée, qu'il en était arrivé à ne plus les considérer comme l'équivalent de la valeur réelle des choses, mais seulement comme une valeur conventionnelle, fiduciaire en quelque sorte; on vit alors, pour la plus grande commodité des gens, disparaître cette épaisse lame, dernier reste de l'antique couteau, et la rondelle trouée en carré fut seule conservée. » (Op. cit.^ p. 44 et 45.)

Des monnaies analogues, en forme de cimeterre, ont eu cours autrefois en Perse, au témoignage de Stanley Jevons [La monnaie et le mécanisme de rechange^ p. 49). Vraisemblablement à l'origine, c'étaient de véritables couteaux et de véritables cimeterres qui avaient été employés comme moyens d'échange, ainsi que cela s'est passé pour les balles de fusil au Massachussetts dans le cours du xvi« siècle et que cela se pratique encore en Afrique pour les armes et munitions.

Les premières sapèques annamites paraissent avoir été de cuivre. L'usage des sapèques d'ét<iin fut emprunté aux Malais par le roi 31inh-Ton<:^ au xn'* siècle de notre ère. L'étain fut ensuite mélangé avec le zinc, enfin remplacé par ce métal, moins coûteux et que l'on trouve en abondance, comme le cuivre, au Tonkin. (Voir Silvestre, op, cit., p. 46, 47, 48 et 73.)

1. C'est au XV siècle de notre ère que le nombre des pièces formant le tien fut fixé à 60. Ce nombre était originairement de 70. U avait été pendant quelque temps abaissé à 50.

La ligature chinoise est de i,000 sapèques; en outre ces pièces sont de cuivre. Au Cambodge, la ligature ne contient en général que 450 ou 500 sapèques.

2. Le chue rappelle par sa forme les gueuses ou saumons employés comme lest à bord des navires. 1 ligature pèse 1 kilog. oOO ; 1 chuc\ i5 kilogrammes.

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