ORIGINES DU SYSTÈME INDO-CHINOIS
d'argent et la ligature était donc un rapport commercial, variable suivant le cours du jour.
Il existait, au contraire, un change fixe entre les pièces de cuivre et les sapèques de zinc, les premières valant, d'après les ordonnances du prince, 6, 10, 20, 30, 40, 50 ou 60 sapèques de zinc, suivant leur poids.
B. La piastre de commerce et la monnaie française en Indo- Chine avant 1878. — La piastre est depuis très longtemps la monnaie du commerce étranger en Extrême-Orient. Elle y fut introduite par les Espagnols, qui, n^ayant pas de denrée d'échange à fournir au commerce chinois, lui offrirent leurs piastres. L'antique pièce d'argent espagnole, dite piastre à colonnes {columnarioY k raison des emblèmes empreints sur l'une de ses faces, a circulé dans tout l'Extrême-Orient, surtout en Chine. Elle avait aussi pénétré à Saigon et dans le Cambodge, ainsi que l'attestent les découvertes que l'on fait encore de temps à autre de rouleaux de ces belles pièces cachées durant les troubles qui ont désolé TAnnam depuis le xviii*' siècle ^.
Lorsque les colonies espagnoles de l'Amérique du Sud se furent séparés de la mère patrie, les piastres à colonnes devinrent plus rares. Elles furent remplacées par les piastres mexicaines, qui étaient frappées dans les mêmes conditions de titre et de poids que l'antique piastre espagnole'. Ces monnaies ont eu depuis plus de cinquante ans un débouché considérable en Chine et au Japon. Elles avaient également pénétré en Annam avant notre intervention dans ce pays. Ce qui le prouve bien, c'est que Minh-Mang essaya de les imiter. Ce prince fît frapper, probablement à partir de 1832, des pièces rondes, portant l'empreinte d'un dragon, dont le diamètre est légèrement supérieur et dont l'épaisseur et le poids sont à peu près égaux à ceux de la piastre mexicaine. En revanche, le titre de ces pièces est extrêmement bas. On en connaît qui ne contiennent pas plus de 375 millièmes de fin. Cette contrefaçon ne réussit pas.
J. Voir infra, p. 379.