‹ La monnaire, le crédit et le changeChapitre 212 sur 260 · TG · texte numérisé non relu

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Dès 1873, la date de la reprise des paiements en espèces pouvait être fwÛQ. La loi du 3 août 1875 disposait que le cours forcé cesserait aussitôt que la dette de l'État vis-à-vis de la Banque serait réduite h 300 millions.

Cette condition fut réalisée le 31 décembre 1877, et c'est le 4" janvier 1878 que, légalement, le cours forcé a disparu. Mais depuis longtemps déjà, la Banque avait repris ses paiements en espèces. Elle avait procédé graduellement : dès le 7 novembre 1873, elle donnait des pièces de 5 francs en argent ; le 7 mai 1874, les pièces de o et de 10 francs en or purent sortir de ses caisses ; enfin en novembre 1874, la Banque recommença les paiements en pièces de 20 francs. Le cours forcé avait donc virtuellement cessé d'exister et sa disparition légale, au 1" janvier 1878, passa inaperçue.

La dépréciation du papier ne fut, pendant cette grave période de notre histoire, ni très profonde, ni de très longue durée.

Voici les taux maxima et minima de la prime sur l'or de 1871 à 1874 :

PliCCS Dl 30 FRANCS. OR KM BARHES.

Maximum. Minimum. Maximum. Miolmum.

p. */ao p. "/o" P- '/oo p. "/o.

1874 11/2 pair. 10 pair.

Ainsi, en 1871^ — c'était au mois de juin — la prime deTor en barres était descendue à 1 p. ^oa- Si l'on se rappelle que les frais de transformation des lingots en monnaie courante (rete-

nue au change, pertes d'intérêts, frais de fonte et d'essai^ etc.) viennent en déduction de la prime de For, on voit qu^au milieu de nos plus grandes détresses, le billet ne faisait réellement pas de perte. M. Thiers le constatait à TAssemblée nationale dans la séance du 20 juin. £n prêtant son encaisse au Trésor^ disait il, la Banque de France « ne s*est pas fait tort, elle n*a pas fait tort au public, mais, en servant l'intérêt de l'État, elle s'est couverte d'honneur, j'ose le dire, car ce grand établissement donne l'exemple unique au monde, en partageant les charges de l'État, d'inspirer une telle confiance que le billet de banque aujourd'hui est égal à l'or et même, dans certaines contrées, supérieur de quelques centimes^ ».

Si, à de certains moments, la prime s'éleva beaucoup, ce fut sous l'influence des opérations de change colossales auxquelles donna lieu le paiement de l'indemnité de guerre. Le tableau ci-dessous, extrait du rapport de M. Léon Say, en donne la preuve :

PRIME DE l'or en BARRES il PARIS.

1871 1« juillet. . .

1872 10 mai . . .

8 août. . . .

10 juin . . .

2 octobre . .

31 juillet. .

10 septembre

20 octobre .

22 novembre .

11 novembre

31 décembre

1872 31 janvier . .

1873 10 janvier .

10 lévrier. . .

10 février. . ,

9 man . .

30 juin. . .

10 septembre

On remarquera le rehaussement des cours d'octobre 1871 et février 1872 et de juin 1872 à août 1873. Il résulte, pour chaque période, des achats de change faits, soit par les souscripteurs des deux emprunts de 2 et 3 milliards, soit par le Trésor luimême. Le change ainsi concentré aux mains du gouvernement représentait, lors de la première opération (du l**" juillet 1871 au 6 mars 1872), 1,477 millions, lors de la seconde (du mois

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