‹ La monnaire, le crédit et le changeChapitre 213 sur 260 · J, offic, du 21 juin, p. 1490, coi · texte numérisé non relu

J, offic, du 21 juin, p. 1490, coi

LB BILLET DE BANQUE A COURS FORGÉ. 41i

d*aoùt1872 au mois d'août 1873), 2,771 millions. Pour ces deux périodes, la prime de Tor n'est pas l'expression de l'avilissement du papier qui circule à Fintérieur : elle résulte surtout de la demande du change destiné à régler une dette énorme à l'étranger. Dès que l'opération est terminée, dès que sont traversés les embarras commerciaux de l'année 1873, la prime de l'or est très faible. Elle disparaît bientôt. Le crédit du billet était tel qu'en 1877, la Banque souleva les réclamations du public en voulant retirer les coupures de 100 et de 50 francs.

Si le cours forcé n'eut pas de conséquences plus fâcheuses, c'est assurément grâce à la prudence dont firent preuve le gouvernement et la Banque : l'émission fut toujours contenue dans des limites raisonnables ; la ferme volonté des pouvoirs publics de demander à l'emprunt en rentes et à Timpôt les ressources indispensables et de mettre fin le plus rapidement possible au cours forcé, ne fut jamais mise'en question. Enfin le pays sut s'imposer avec virilité les charges nécessaires â Tacquittement de ses dettes. Par-dessus tout, jamais il ne douta de lui-même.

II. — Le cours forcé en Angleterre (1797-1820). — L'expérience que l'Angleterre a faite ducours forcé, de 1797 à 1820, bien que déjà lointaine, mérite d'être rappelée. Elle a fait l'objet, en 1810, d'une enquête approfondie et d'un rapport, demeuré fameux sous le nom de Bullion report, auxquels il est toujours bon de revenir, parce qu'ils ont complètement mis au jour le mécanisme du cours forcé et ses résultats.

Le cours forcé fut, en Angleterre, comme plus récemment chez nous, la conséquence des emprunts faits par le gouvernement à la Banque. Cet établissement ne se prêta d'ailleurs pas de bonne grâce aux demandes incessantes de Pitt '. En décembre 1794, en janvier, en avril, en octobre 1795, la cour des directeurs prenait des résolutions pour inviter le gouvernement à réduire son compte d'avances. Le 20 juillet 1796, elle protestait encore, faisant remarquer que le gouvernement la contraignait à violer sa charte. En effet, Vact de Guillaume et Marie interdisait à la Banque de faire des prêts à la Trésorerie sans le

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