‹ La monnaire, le crédit et le changeChapitre 33 sur 260 · Essays on finance, deuxième série. Londres · texte numérisé non relu

Essays on finance, deuxième série. Londres

S4 LA IfONNAIB.

Board of trade constatait que la production de Tor avait diminué. La moyenne annuelle, qui de 1863 à 1870 avait été de 195,026 kilogrammes, était descendue à 173,904 kilogrammes, de 1871 à 1875; à 166,095 kilogrammes, de 1876 à 1880: à 153,643 kilogrammes, de 1881 à 1885. En même temps, la demande avait augmenté. L'or était plus recherché, plus estimé ; l'argent dédaigné, considéré comme moins propre que son rival aux usages monétaires. D'autre part, les réformes monétaires allemande et Scandinave, la reprise des paiements en espèces aux États-Unis d'abord, puis en Italie, avaient nécessité l'emploi de grandes quantités d'or ; cinq milliards avaient été absorbés de ce chef, en treize ans; c'était presque toute la production de la période. L'or avait dû renchérir et telle était la cause de la dépression des prix.

Il est probable qu'en effet l'or a reconquis dans le dernier quart du xix* siècle une partie de la puissance d'achat qu'il avait perdue, de 1850 à 1870, en raison de sa moins grande rareté. Le relèvement de la valeur qui sert à mesurer et exprimer toutes les autres, n'a pu être étranger à la baisse des prix. Mais il semble que l'importance de la hausse de l'or a été surestimée.

Si la production de ce métal a été moindre de 1871 à 188^ que pendant la période 1850-1869, elle n'en est pas moins restée de beaucoup supérieure à ce qu'elle était de 1830 à 1840 (20,289 kilogrammes) et même de 1840 à 1850 (54,759 kilogrammes). Les quantités produites qui, de 4,752,070 kilogrammes, chiffre auquel elles étaient montées de 1493 à 1850, avaient été portées en vingt ans, de 1850 à 1870, à 8,658,175 kilogrammes, ont été accrues encore dans les quinze années suivantes et ont, en 1885, atteint 11,126,389 kilogrammes. Il est vrai que d'autre part la demande a augmenté. Mais ce n'est pas dans la mesure indiquée par M. Robert Giffen. Il y a beaucoup de doubles et de triples emplois dans les additions dont le total lui paraît représenter la consommation de l'or de 1870 à 1885. Ce n'est pas seulement avec de l'or nouveau qu'ont été frappées les nouvelles monnaies de l'Allemagne, des États-Unis, de l'Italie. L'Allemagne a utilisé pour la fabrication de ses reichsmark, beaucoup d'or provenant de la refonte de monnaies

QUESTION DE h APPRECIATION DE L OR. S5

nationales et étrangères, notamment de souverains anglais ou de pièces de 20 francs : 273 millions de pièces françaises y ont été certainement employés*. Pour la reconstitution de leurs encaisses, les États-Unis, à leur tour, ont fondu de Tor allemand; ritalie, deTor américain et allemand. Enfin, on ne tient aucun compte dii développement de la circulation fiduciaire et du système des compensations dont TeiTet assuré est de réduire Tusage et^ par suite, la demande de Tor.

Depuis 1885, au surplus, la production des mines d*or est entrée de nouveau dans une période ascendante.

C'est à ce moment que les gisements aurifères de l'Afrique du Sud ont commencé d'être mis en valeur : dix ans plus tard, leur production totale était déjà évaluée^ près de 80,000 kilo- . grammes. Vers 1893, les extractions de la Colombie britannique et de TÀlaska deviennent importantes. Aux contingents nouveaux que fournissent le Transvaal, le Klondyke, le Yukon, s'ajoute un surcroît dans le rendement des anciens centres miniers. La moyenne annuelle de la période 188(5-1890 s'élève à 169,862 kilogrammes ; dès 1889, le chiffre de 185,000 kilogrammes était dépassé ; pour 1891-1895, la moyenne annuelle dépasse 248,000 kilogrammes; en 1895, le chiffre de 300,000 kilogrammes est presque atteint ; il est dépassé, en 1896, de plus de 5,000 kilogrammes ; voici enfin les évaluations des plus récentes années : 1897, 355,212 kilogrammes, 1898, 431,656 ; 1899, 461,515; 1900, 383,049 kilogrammes».

On ne peut donc imputer à la rareté de l'or l'abaissement général des prix. Le phénomène n'est cependant pas niable '.

Dans une lecture faite, en 1889, à l'Académie des sciences morales et politiques*, M. Alph. Allard n'admettait, comme causes possibles de ce phénomène, que la surproduction des marchandises ou le manque de monnaie. Il repoussait, comme

1. V. Léon Say. Rapport sur la liquidation et le paiement de Vindemnifé de guerre, etc. Appendice à la traduction par le même auteur du Traité des changes étrangers, de M. Goschen. (Paris, F. Alcan.)

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