Richesse des nations. (Paris, F. Alcan), t. I", p
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66 LA CIRCULATION FIDUCLAiaB.
chapitre on se bornera, comme on l'a déjà fait pour la monnaie, à déterminer la nature et les principaux emplois de chacun des instruments de la circulation fiduciaire.
1 1. — La lettre de change et le billet à ordre.
La lettre de change est le plus ancien des titres négociables. Elle remonte certainement au moyen âge. Plusieurs auteurs pensent qu'elle était connue de l'antiquité*. M. H. Dunning Macleod, notamment, ne doute pas qu'elle ait été inventée par les banquiers romains, dès avant l'époque de Cicéron*. L'intérêt économique de ces discussions ne nous paraît pas très grand. C'est la négociabilité de la lettre de change qui a fait de ce litre un merveilleux instrument.de crédit et de circulation. Or, la clause à ordre n'apparait dans la lettre de change qu'à une époque relativement récente, au commencement du xvn^ siècle ^
La lettre de change est un écrit en forme de lettre missive ouverte, dont le signataire, appelé tireur^ donne mandat au destinataire, appelé tiré^ de payer une somme déterminée ô. son ordre ou à Tordre d'une troisième personne, dite bénéficiaire ou preneur *.
Comme instrument de circulation, la lettre de change a trois emplois principaux.
Elle est d'abord un moyen d'opérer des paiements à distance, sans transport efiFectif de numéraire. Supposez que le tireur réside à Paris et le bénéficiaire à Marseille : le premier envoie au second une lettre de change tirée sur une troisième
1. V. sur cette question Lyon-Caen et Renault, Traité de droit commercial, t. IV, 2« édit., p. 11 et les notes.
2. Theory of crédit y t. I, 1" édil., p. 319. L'auteur pense au surplus, que l'usage de la lettre de change était limité aux personnes mêmes qui avaient fait le contrat de change. V. p. 76. Sur le contrat de changea Rome, V. Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines^ V Àrgentarii (G. Humbert) ; Deloume, Les Manieurs d'argent à Rome, !'• édit., p. 203, 204.
3. Antérieurement « le preneur restait toujours propriétaire de la lettre de change et c'était comme son mandataire qu'une autre personne se présentait ». Lyon-Caen et Renault, op. cit., t. IV, p. 11 et note 4. — Cf. H. Dunning Macleod, op. cit., p. 246.
4. Les éléments essentiels de cette définition sont empruntées à l'ouvrage déjà cité de MM. Lyon-Caen et Renault.