‹ La monnaire, le crédit et le changeChapitre 58 sur 260 · COTE DES GHA^'GES · texte numérisé non relu

COTE DES GHA^'GES

nets à l'hectolitre, pour les spiritueux, Talcool absolu,^ etc.

Effets-types pour les valeurs, — Il fallait d^abord des types de valeur. C'est l'unité monétaire qui les a fournis. Mais quelle unité monétaire a-t-on choisie ? car la négociation d'une lettre de change met en présence deux unités monétaires, l'unité nationale et l'unité étrangère : le change est une créance sur l'étranger, payable au dernier porteur en monnaie étrangère, mais cédée à Paris pour un prix en monnaie française.

Nous retrouvons ici la distinction du certain et de l'incertain. A Paris, où prévaut le mode de l'incertain, il y a pour chaque place un effet- type, idéal, supposé tiré pour une somme égale à l'unité monétaire étrangère ou à cent unités monétaires étrangères. Par l'exemple, l'effet-type sur Londres est un effet de 1 livre sterling, l'effet-type sur la Hollande est de 100 florins, etc. Les uns et les autres sont cotés en francs *.

Pour les places qui ont le même système monétaire que la France : Belgique, Italie, Suisse, on traite également par 400 unités. Mais les cours sont cotés en centièmes de perte (pte) ou de prime (pr.).

Il n'était pas rare, autrefois, que la cote s'appliquât à une monnaie distincte de la monnaie réelle et de la monnaie de compte, que l'on appelait monnaie de change. Ainsi on employait l'ancien écu de 3 livres entre Paris et Amsterdam, Paris et Lisbonne, Técu de 6 francs entre Paris et Milan ; on traitait par 100 livres entre Paris et Bâle, par 100 écus entre Paris et Francfort*. Ces unités ont disparu de notre cote avec le mode du certain. Les monnaies de change tendent également à disparaître partout. Pour l'Espagne, cependant, bien que l'unité soit l^ peseta, la monnaie de change est demeurée la piastre. Mais cette persistance de la piastre est plutôt nominale. Ce n'est plus l'ancienne piastre que l'on cote, c'est la pièce de 5 pesetas.

Effets-types pour les échéances, — A Paris, deux types

i. Les fractions de frsuic ne sont pas exprimées en centimes, mais en i/2, 1/4 et i/8. Le système duodécimal est préféré à raison de la divisibilité de ses fractions.

2. V., dans Kelly, Le Cambiste universel (1823), t. II, p. 52, la cote des changes pour la France.

d'échéance sont usités : le type à trois mois et le type à vue. Mais chaque devise n'est cotée que sous un seul type.

C'est pourquoi la cote est divisée en deux compartiments : valeurs se négociant à trois mois; valeurs se négociant à vue.

Ceci ne signifie pas, est-il besoin de le dire, qu'on ne vend à Paris que des effets à 3 mois sur les places comprises sous la première rubrique : Hollande, Allemagne, Vienne, etc., et du papier à vue sur les autres : Londres, Stockholm, New- York, etc.

La Hollande est cotée à 3 mois, Londres à vue. Mais il se peut que, dans une séance, il n'ait pas été acheté un seul effet sur la Hollande ayant précisément trois mois à courir, ou un seul effet sur Londres qui fût payable à vue. En réalité, on a négocié des effets aux échéances les plus diverses, sur chacune de ces deux places. Seulement, l'effet-type, idéal, au cours duquel les effets réellement négociés sont ramenés, est, par suite d'usages commerciaux, Teffet à 3 mois pour la Hollande, l'efl'et à vue pour l'Angleterre.

Le calcul du prix des effets négociés, sur la base de l'effettype, se fait : pour les valeurs à 3 mois, en ajoutant l'intérêt des jours courus au taux fixe de 4 p. 7o ; pour les valeurs à vue, en déduisant l'escompte des jours à courir, au taux pratiqué sur la place tirée.

Prenons des exemples : la Hollande est cotée 206 francs pour 100 florins. Supposons un effet à 2 mois. Il vaut plus que l'effet-type, lequel est à 3 mois. La différence de valeur est égale à l'intérêt pendant 1 mois. On doit donc ajouter à 206 francs l'intérêt de cette somme pendant 1 mois, pour avoir le prix d'un effet à 2 mois. L'usage de Paris est de calculer cet intérêt au taux iixe de 4 p. ^/o par an^ (C'est pourquoi on lit sur la cote, après les cours, les mots : et 4 p. 7o.) Le prix de l'effet h 2 mois est ainsi de 206 -f ^^^^u!^^^ = 206.68.

Londres est coté fr. 25.10, pour 1 livre sterling. Supposons un effet à 2 mois. Celui-ci vaut moins que l'effet-type, lequel est à

1. Si le taux réel de l'escompte à l'étranger est plus élevé, rinsuffisance du taux de 4 p. <»/o sera compensée pratiquement par une élévation des coïirs: en sens inverse, rexagération du taux de 4 p. <»/o. si le taux réel est moindre à létranger, sera compensée par une réduction -des cours.

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