COTE DES CHANGES
vue. Celte différence de valeur est égale à l'escompte pour les deux mois restant à courir. On doit, par suite, déduire de 25.10 l'intérêt de cette somme pendant deux mois. L'usage do Paris, pour les valeurs à vue, est de calculer l'escompte au taux de la place tirée ; au jour que Ton a pris, le taux à Londres, était de 3 p. Vo l'an. Le calcul donne 23.163.
Papier long, papier court. — Dans chacune des divisions horizontales de la cote, on remarque une subdivision, qui a fait ouvrir deux colonnes verticales ; c'est la distinction du papier long et du papier court. L'effet long est celui qui a, en général, de 73 à 90 jours à courir ; l'effet court, celui qui a 45 jours au plus à courir *.
Ces mots papier loyig, papier court ne sont nullement synonymes des expressions valeurs à trois mois^ valeurs à vue. Il y a du papier court pour les valeui'S à trois mois, comme du papier long pour les valeurs à vue.
Voici simplement la portée de la distinction. Lorsqu'un effet tiré sur une place dont la devise se cote à 3 mois, est à courte échéance, c'est dans la colonne du papier court que doit être prise la cote qui servira de base à la fixation du prix de cet effet ; lorsque Téchéance en est longue, on prend la cote dans la colonne du papier long. Mais, dans' un cas comme dans l'autre, le prix est calculé de la même manière : en ajoutant au cours de l'effet-type l'intérêt à 4 p. Vo l'an pour les jours courus*. De même pour un effet tiré sur une place dont la
1. Les effets de 40 à 50 jours sont dits « à échéance moyenne ». OU. Haupt, op. cit,, p. 568. — Sur Londres, on cote le chèque, en plus du papier court : le chèque se paie 1 V2 à 2 cent, plus cher que le papier court, parce qu'il n'est soumis qu'au timbre fixe de 1 penny et qu'il est payable à présentation, « on demand », tandis que la lettre de change doit le timbre proportionnel et peut n'être payée que dans les trois jours. — Le versement, coté pour l'Espagne et la Russie en plus du papier court, est une somme à payer immédiatement, sans jours de grâce.
2. On a vu plus haut que les différences entre ce taux conventionnel et le taux réel de l'escompte à l'étranger, sont compensées, en quelque sorte mécaniquement, par une majoration ou une réduction des cours du change. L'exagération du taux conventionnel ou son insuffisance suivant les cas. «ont sensibles surtout pour le papier court, le nombre de jours pojnr lequel l'intérêt doit être ajouté au cours étant plus grand que pour le papiir long. La réfaction sur les cours ou leur majoration sont en conséquence plus fortes sur le papier court que sur le papier long. C'est pourquoi pti règle générale, lorsque le taux réel de l'escompte est au-dessous dj
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devise est cotée à vue, on prendra pour base, tantôt le cours indiqué dans la colonne papier lonÇy tantôt celui indiqué dans la colonne /HipiVr court. Mais, dans un cas comme dans Tautre, Teffet-type est supposé à vue et on doit déduire du cours coté Tescompte de ce.cours, au taux de la place tirée, pour les jours restant à courir.
Qualité du papfer. — On aura remarqué que, pour chaque devise et sous chacune des rubriques papt^ long, papier court , deux cours sont indiques. Le plus élevé correspond généralement au prix des signatures de premier ordre, l'autre au prix du papier moins apprécié. Il n*y a donc pas de moyenne à établir entre ces deux prix, comme delà se pratique pour les cours des valeurs de Bourse. En réalité, chacun d'eux se réfère à une marchandise différente.
V. — Cote des changes a l'étranger. — Quelques notions sur la cote des changes à l'étranger sont nécessaires. Le sens dans lequel se font les opérations de change est, en effet, déterminé par la comparaison des cotes étrangères avec la cote française.
Effcts-ti/pes quant à la valeur. — 11 suffit, sur ce point, de se référer aux explications précédemment données sur les modes du certain et de Tincerlain.
Effets-types quant aux échéances, — Ici deux difl'érences sont à signaler entre Fusage de Paris et ceux des places étrangères.
A Paris, on ne cote, par devise, qu'un seul type : à trois mois ou à vue. Ailleurs, chaque devise est cotée sous deux types : papier long, papier court. Le sens des mots, papier long, papier court, c'est-à-dire le nombre de jours d'échéance de l'un et de l'autre, varie selon les places.
D'autre part, le prix des effets négociés est invariablement déduit du cours de l'effet-type par l'escompte au taux de la place tirée. Il n'y a pas de taux fixe, comme, à Paris, celui de 4 p. 7o pour les valeurs à trois mois.
4 p. % le papier court est coté moins cher qae le papier loDg. De même, lorsque le taux réel de Tescomple est supérieur à 4 p. V»t 1^ papier court est colé plus cher que le papier long.
OPERATIONS DE GUAKGJS. 105
§ 3. — Principales opérations de change.
On ne se propose pas d*exposer ici la théorie complète de ces opérations, mais simplement de donner un certain nombre de notions élémentaires, sans lesquelles il est bien difficile de se rendre un compte exact du mécanisme de la circulation : sens des mots traite et remise ; mode d'achat et prix d*une remise ; opérations entre deux places (dans quel cas la remise est-elle plus avantageuse que la traile, et réciproquement ? nivellement des cours ; calculs de parité) ; opérations entre un plus grand nombre de places (tirages pour compte; prix de revient; ordres de banque ; comparaison avec- le cours direct).
I. — Sens des mots traite et remise. — La lettre de change est employée de deux manières au transport des capitaux : on procède soit par voie de traite, soit par voie de remise.
L'opération se fait par voie de traite lorsque le créancier ou, d'une façon très générale, la personne qui possède des disponibilités à Fétranger et qui veut s'en servir sur sa propre place, tire une lettre de change sur son débiteur ou correspondant étranger, et la négocie. L'opération se fait par voie de remise lorsque le débiteur ou correspondant étranger achète sur sa place du papier tiré sur la place de son créancier ou correspondant, et le lui envoie. Au premier cas, on tire et Ton vend ; au second cas, on achète et Ton remet. Tirer et vendre, remettre et acheter, sont pris comme synonymes.
Les deux opérations tendent au même résultat, transporter sur une place donnée les disponibilités que Ton possède sur une autre place. C'est le prix comparatif de la remise et de la traite qui, dans chaque cas particulier, fera choisir Tune ou l'autre voie.
II. — Mode d'achat et prix d'une remise. — Généralement le commerçant qui a besoin d'une lettre, de change pour faire une remise à l'étranger, n'est pas en mesure d'acheter le papier créé par les commerçants de sa place qui, de leur côté, ont créé des traites et désirent les faire escompter. Tout
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d'abord, il ne les connaît pas. A la vérité, le Code de commerce lui offre, dans son article 76, les services d'un intermédiaire, en possession du monopole de la négociation pour le compte (Tautrui des lettres de change et autres papiers commerçables, l'agent de change, grâce auquel il pourrait être mis en rapport avec un tireur ou un endosseur. Mais le commerçant a un autre motif, décisif celui-là, de ne pas rechercher le papier créé par ses confrères. Il trouverait rarement, sur la place, du papier qui fût précisément de la somme «xacte qu'il doit.
Dans la pratique, il s'adresse donc à son banquier. Celui-ci, grâce au crédit dont il jouit et aux disponibilités qu'il entrelient chez ses correspondants étrangers, a toute facilité de iirer'sur ceux-ci une lettre de change, qu'il créera spécialement pour satisfaire h la demande de son client et qu'il établira, par suite, pour la somme exacte qui lui sera indiquée. Quant au papier tiré sur l'étranger par les commerçants, c'est le banquier qui l'achète ; il s'en sert comme couverture pour ses propres tirages., La fonction de laquelle les agents de change tirent leur nom, leur échappe ainsi complètement*. Ces officiers ministériels n'interviennent plus aujourd'hui en matière de change que pour l'inscription des cours à la cote officielle.
On peut faire une remise à l'étranger en papier à toutes échéances. C'est le prix de chaque espèce de papier qui déterminera le choix de l'intéressé.
Soit une somme de 100 roubles à payer immédiatement à Pétersbourg et comme moyens de remise du papier à 3 mois, du papier à 18 jours et du papier à vue. Lequel est préférable ?
Prenons d'abord l'effet à 3 mois. La cote du papier long lui est applicable sans modification, car elle se réfère précisément au type à 3 mois. Elle est de 261 à 263. Prenons le cours rond de 262 francs. Les 100 roubles auront don>î coûté à Paris 2G2 francs. Mais à Pétersbourg, ils ne seront acceptés en paiement que sous déduction d'un escompte, puisqu'ils sont payables dans 3 mois. Le taux de l'escompte de Pétersbourg étant de I> Vi P- Vo l'an, soit pour 3 mois 1.375 p. 7o, 100 roubles à 3 mois
1. Il n'y a pas atteinte au privilège des agents de change, les banquiers négociant les effets pour leur propre compte.