‹ La monnaire, le crédit et le changeChapitre 66 sur 260 · THEORIE DE LA VALEUR DBS CHANGES. US · texte numérisé non relu

THEORIE DE LA VALEUR DBS CHANGES. US

On reconnaît, appliquées à 100 mark, les formules de parité indirecte dont la formation a été expliquée plus haut. Prix de revient et ordre de banque ne sont autre chose, en effet, que des parités indirectes.

Dans l'exemple ci-dessus^ Tordre de banque est meilleur marché que le prix de revient. On le choisira donc, de même que Ton choisirait le cours diçect ou la parité directe, si Tune de ces voies était plus économique.

Il faut toutefois noter que l'opération peut n'être pas réalisable par la voie que le calcul arithmétique désigne comme la plus avantageuse.

Par exemple, la voie de Tordre de banque, théoriquement préférable, sera parfois abandonnée parce que Ton ne jouit pas d'un crédit suffisant /pour que le correspondant fasse l'opération à découvert, ou encore parce que le correspondant luimême n'est pas en situation de négocier sa signature au cours coté. A un autre point de vue, il faut tenir compte' de ce qu'on appelle la résistance de la place. Une place ne peut supporter qu'une certaine quantité de transactions ; si on dépasse la limite, les cours en sont affectés et les calculs de parité sur lesquels Topération a été échafaudée sont déjoués par l'événement.

§ 4. — Théorie de la valeur des changes étrangers.

On exposera d'abord les principes généraux applicables aux rapports entre pays dont la circulation est normale, dont les monnaies ont une valeur intrinsèque égale à leur valeur nominale, tels que la France, l'Angleterre, les États-Unis, l'Allemagne. On indiquera ensuite dans quelle mesure ces principes sont modifiés, lorsque Tun des pays entre lesquels se nouent les relations de change a-une circulation dépréciée.

I. Relations entre pays a circulation normale. — Deux causes générales agissent sur le cours des changes ; la balance du commerce ; le taux de l'escompte.

Le mot balance du commerce n'est pas pris, bien entendu, dans le sens spécial que lui donnent les partisans du système

mercantile. Dans celte balance entrent non seulement les créances et les dettes résultant des importations et des exportations de marchandises, mais encore celles qui naissent des opérations d'armement maritime, de commission, de banque, des emprunts ou des placements à rétranger, en un mot de ce que l'on a appelé les importations et les exportations invisibles.

En fin de compte, les importations visibles ou invisibles sont égales aux exportations visibles ou invisibles, les créances aux dettes. Mais cela n'est vrai qu'en fin de compte; et non à tout instant. Il y a donc des variations dans la balance des dettes et des créances, partant dans l'importance comparative des effets de commerce tirés et offerts par les créanciers de l'étranger, et des effets demandés par les débiteurs de l'étranger.

Cependant, on peut trouver sur le marché des effets qui ne correspondent pas à des créances. On les appelle effets eu blanc, effets à découvert, papier de circulation. Supposez qu'à Paris on ait un grand besoin de change sur Londres et que les créances sur l'Angleterre ne puissent encore donner lieu à des tirages réguliers. On pourra tirer sur Londres des effets à découvert, qui seront plus tard soldés au moyen d'effets correspondant à des créances réelles. Ce papier de circulation fait concurrence aux autres effets et en abaisse le prix. Il en a été fait, dans certaines circonstances, un grand abus, et il en est résulté de graves dommages pour ceux qui l'ont commis.

La seconde cause qui agit sur le prix du papier de commerce est le taux de l'escompte, c'est-à-dire le taux de l'intérêt des capitaux immédiatement disponibles. Le change, qui représente les diverses monnaies de tous les pays, est en effet une des formes que prennent les capitaux disponibles. Il sert à les transporter. Il constitue, en même temps, un mode de placement temporaire.

Les causes qui viennent d'être indiquées sont générales et agissent quelle que soit l'échéance, lointaine ou rapprochée, du papier de commerce. Le change, qu'il soit court ou qu'il soit long, est à la fois un moyen de remise et un placement. La seconde fonction est plus spéciale au papier long, eu égard

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