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V. infi-a. 11» pallie, chap. vi

tances de la circulation du dollar d'argent aux États-Unis et de i'écu de 5 francs en France. Dans son rapport de 1905, le Directeur des Monnaies des États-Unis constate qu*à la date du 30 juin 190b, sur 568,229,000 dollars d'argent^ 454,865,000 étaient dans les caisses du Trésor comme contre-partie de certificats d*argent. Les 113,364,000 dollars de dilîérence constituaient, à la date ci-dessus, le stock maximum des pièces d'argent de 1 dollar disponibles pour les échanges. La faculté d'obtenir des certificats d'argent contre le dépôt d'une certaine somme de dollars de même métal, a donc pour conséquence de restreindre l'offre du dollar métallique, de la ramener au niveau de la demande. Le certificat remplit aux Ëtats- Unis vis-à-vis du dollar d'argent le même office que le billet de la Banque de France vis-à-vis de la pièce de 5 francs. L'usage qui en est fait prévient la surabondance des pièces de 1 dollar. Le cas du thaler allemand est plus simple. C'est une pièce que l'on retire graduellement de la circulation ^. Les quantités offertes diminuent de jour en jour. Quant à la demande, elle ne parait pas avoir faibli ; le public est si bien habitué à celle coupure que Ton a récemment envisagé la substitution à la pièce de 5 mark, frappée en vertu de la loi du 9 juillet 1873, d'une pièce valant 3 mark. Il n'est donc pas surprenant que le thaler soit accepté pour la valeur nominale de 3 mark qui lui a été attribuée par la loi du 9 juillet 1873, bien que sa valeur métallique soit beaucoup moindre.

§ 2. — Causes de la valeur des monnaies étalon.

La valeur des monnaies-étalon s'entend, on l'a déjà dit, soit du pouvoir d'achat au regard de l'ensemble des marchandises, mesuré par l'élévation plus ou moins grande du niveau général du prix, soit du change en unités étrangères.

La monnaie-étalon d'un pays peut consister soit en espèces métalliques, soit en billets de banque ou d'État. Il convient d'examiner chacun de ces cas séparément.

i. Montant des frappes à la môme date, 570,272,610 dollars. Voir Annual Report of Ihe Dlrector of ihe Mint, 11)04, p. 2S. lUOo, p. "20 et 30. 2. V. infrUy II» partie, cliap. v.

Arnauné. 10

I. La MONNAIE-ÉTALON coNsiSTifi EN BILLETS. — Le billet de banque ou d'État devient l'étalon dans un pays, quand ce pays a perdu par Texportation le métal employé comme étalon dans le groupe de peuples avec lequel il entrelient ses principales relations économiques, qu'il ne peut p^s réimJ>orter ce métal et qu'il ne Ta pas remplacé par un autre métal.

Par exportation du métal-étalon il ne faut pas entendre ici l'envoi des soldes normaux au moyen desquels se règle un excédent passager des dettes sur les créances, ni la sortie des capitaux disponibles qu'attire sur les autres places un taux de l'escompte avantageux. Dans l'une et l'autre circonstance^ l'émigration du métal est purement temporaire; après un certain temps, soit que les créances excèdent à leur tour lesdettes, soit que le taux de l'escompte se relève, le métal est rappelé dans le pays qu'il avait quitté. Des sorties portant sur des sommes limitées, et que compensent bientôt les retours, ne laissent pas la place libre au billet. Pour que ce dernier assume le rôle d'étalon, il faut que la circulation métallique presque entière se soit écoulée au dehors et qu'elle ne puisse pas être réimportée.

Cette double condition se réalise, en premier lieu, lorsque la valeur commerciale d'un billet, investi du cours légal devient moindre que sa valeur nominale. La loi qui confère au billet le pouvoir libératoire n'a pas la vertu de le préserver du discrédit. Loin de l'égaler de la sorte à la monnaie métallique, elle déprécie cette dernière ^ En pareil cas, le numéraire disparaît du pays où sa valeur est méconnue, et passe sur les marchés étrangers qui lui attribuent son vrai prix. L'avilissement légal, qui le chasse, fait de même obstacle à sa réimportation. Le billet prend donc sa place et devient la monnaie principale, celle dont disposent les débiteurs et sur laquelle se règlent nécessairement les prix. Il y a de nombreux exemples de ce mode d'éviction de l'étalon métallique par l'étalon fiduciaire. Ceux de l'Angleterre à la fin du xviii** [siècle et au début du XL\* et, dans le courant de ce dernier siècle, ceux des États-Unis,

i. Cf. P. Leroy-Beaulieu, Traité théorique et pratique d'économie poli-tique, t. III, p. SCS. Paris. F. Alcan.

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de l'Italie, de rAutriche-Hongrie, de la Russie, sont caractéristiques*.

L'exportation de la monnaie métallique, au lieu d'être la conséquence de la dépréciation du bUlet, peut précéder celle-ci et en être l'origine. C'est ce qui s'est produit dans nos colonies des Antilles et de la Réunion. La richesse annuellement créée ayant cessé, par suite des crises sucrières, de suffire à balancer les consommations de marchandises importées, il a bien fallu y employer les produits anciens incorporés dans la monnaie. Quand les capitaux métalliques ont ainsi commencé d'être exportés, on aurait pu laisser la hausse du taux de l'escompte exercer son influence modératrice sur le commerce et sur les consommations et rappeler les capitaux eux-mêmes par l'attrait d'un loyer rémunérateur. Les facultés d'importation que la crise sucrière tendait à restreindre ont été, au contraire, soutenues dans beaucoup de cas ài'aide des ressources que procure aux banques l'émission des billets. Le numéraire a donc continué d'être exporté, tandis que le billet, dont le remboursement devenait incertain, se dépréciait. On a voulu alors opposer à la sortie de la monnaie métallique un obstacle matériel: on Ta retirée de la circulation, mise en dépôt au Trésor et remplacée par des bons de caisse, qui, n'ayant pas cours dans le métropole, sont inexportables. Un peu de numéraire a donc été conservé dans la colonie. Mais il n'est pas moins indisponible que s'il avait été exporté. Le résultat ne pouvait être qu'équivalotit; dans chacune des trois colonies, le billet de la Banque est devenu la monnaie principale. Ce billet est déprécié, car il n'est payable qu'en bons de caisse, lesquels ne sont pas payables en numéraire; sa dépréciation, qui maintenant fait obstacle à l'entrée des monnaies métalliques, a été causée par leur exportation.

L'exportation du métal qui joue le rôle d'étalon international peut aussi avoir pour origine, dans un pays à système bimétallique, une fabrication trop abondante du métal tombé audessous du pair légal.

En France, le jeu de la frappe libre a produit plusieurs fois ce résultat, au cours du dernier siècle. Mais, en pareil cas, ce

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