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SES DEUI GRANDES MONTAGNES

Mais aucune représentation ne donne la réalité. Nulle n'exprime les hauteurs, les profondeurs relatives. Nulle ne peut (les anciennes cartes essayaient en vain de le faire) marquer sur chaque région les manifestations vivantes, infiniment variées, de ses puissances intérieures.

Nos sens, ici, nous trahissent : c'est trop grand ; tout nous échappe. D'un hallon un peu» élevé, on ne voit plus guère qu'une grande carte géographique. C'est plutôt par la pensée, l'imagination solitaire, loin de tout objet qui distrait, qu'on peut embrasser ce bel et prodigieux être, infiniment plus compliqué que tout être sorti de son sein.

Beau dans son élan harmonique — expansif et contenu — vers la lumière, l'amour, la vie.

Beau dans son manteau superbe de l'écorce terrestre, comme une énorme Haliolide aux cent couleurs, aux cent reflets.

Si charmant, si amoureux dans la plante, dans la merveille de son immense langage, trois cent mille espèces de fleurs, — si puissant, si énergique de révélation animale, d'innombrables petites planètes, à l'image delà grande, qui errent sur le sein maternel, la parant de grâce infinie et des jeux de la liberté.

Sa beauté de lignes et de formes s'anime et s'embellit encore de sa beauté de mouvement.

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Son mouvement concentrique, ses courbes élégantes tracées autour du soleil ; — son mouvement d'elle à elle, par l'ascension incessante de ses forces intérieures, — son mouvement électrique, si sensible à l'équateur, et ses courants magnétiques, si sensibles vers les pôles, — sa circulation liquide dans les courants de la mer, — sa circulation aérienne, si rapide et si légère, qui, par un constant échange des nuages et des vapeurs, harmonise sa vie de surface.

En la Terre sont réunies les deux formes les plus belles, — le cercle, absolu du beau, — et la grâce, Yharmome de dualité qu'on admire dans les êtres supérieurs. La forme arrondie est heureuse pour la forte unité de l'être, heureuse pour son mouvement. Dans ses parties supérieures des plus sensibles, sans doute, et les plus organisées), elle est géminée, présente deux moitiés, deux continents, que ses courants généraux, galvaniques et aériens, relient sans cesse et unissent.

Si elle nous eût consultés sur la forme quelle avait à prendre, l'aurions-nous bien conseillée?

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