‹ La montagneChapitre 7 sur 16 · SES DEUX GRANDES B0NTA6NES · texte numérisé non relu

SES DEUX GRANDES B0NTA6NES

térer la plaine en feu, qui lui rendront bientôt sa joie, lui ramèneront sa Sita et tout son charme de

jeunesse1.

L'Océan, maître de la Terre, qui la serre de tant de côtés et la berce de ses flots, lui serait trop redoutable, si ses grands courants d'esl-ouest pouvaient accumuler leurs vagues, de l'Europe jusqu'à l'Inde, sans rencontrer de barrière, battait ou l'Inde ou l'Europe du poids terrible de deux mers, frappait avec l'Atlantique elle Pacifique à la fois. La Terre, entre, a résisté; elle a coupé l'Océan, soulevant du nord au midi, comme un long serpent onduleux, l'Amérique, sa crèle sublime, parée de volcans et de neiges, avec leurs grands déversoirs,

1 Rien ne m'a plus centriste que de lire tout récemment que s l'Inde, aujourd'hui, semble vieille. » Oh! quelle accusation pour l'homme, et quel grief contre ses maîtres! Qu'a-t-on (ait des œuvres admirables qui, pendant si Longtemps maintinrent la salubrité de ses plaines et l'économie de ses eaux?... Quoi qu'il en - At, i sp rons I est le pays des renaissances, le premier berceau delà vie; l'Inde en a toujours le secret. Si l'Italie est sortie du tombeau, pourquoi pas l'Inde? Le deuil de Rama finira. Sita lui reviendra plus belle, affranchie de Ravana.

les savanes et les campos. L'Océan en deux bassins, contenu, discipliné, des deux côtés bal et gronde sous le dominant regard de ce superbe dragon, enflammé, qui dompte les mers.

Entre ses deux fortes moitiés, l'être énorme, (c'est là sa grâce) est articulé par un fil, un simple fil, Panama, comme celui qui réunit les moitiés de la guêpe, et donne à ce puissant insecte une fine originalité de délicatesse extrême.

A ce fil tient de bien près le ravissant ornement du dragon, un cercle d'iles, scintillant de brûlante vie.

Sa vie, sa respiration, il l'exhale incessamment, vers l'ouest, en ce torrent d'eau bouillante et d'azur sombre qui jaillit sous les Antilles, vers l'est dans ces pics si fiers qui fument éternellement.

La haute affaire de l'Amérique est de régler les feux, les eaux. De ses volcans, elle allège, elle soulage les sourds étouffements de la terre, prévient ses convulsions. Du dos neigeux de ses Andes, elle arrête, elle soutient tout un océan suspendu. Des masses épouvantables d'eau (la va-

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