‹ La montée aux enfers; poésiesChapitre 118 sur 138 · LE PLAISIR · texte numérisé non relu

LE PLAISIR

0 danseur, aux doigts longs, aux yeux peints, aux bas roses,

Dont les reins sont creusés, le torse languissant,

Avec le tambourin, le citron et la rose,

T'en vas -tu chez la vierge ou chez l'adolescent?

Je te suis à travers les lumières tremblantes De la rue et tu mets sur un portail fermé Le contour imprécis d'une femme charmante Qui tend en souriant son manchon parfumé.

Je monte un escalier sur tes pas. Tu t'arrêtes. Oh! l'intime chaleur de cet appartement! Le coussin à trois fleurs, la lampe violette, L'éventail cramoisi, la femme au diamant!

afia LE MASQUE DE LA BEAUTÉ PERDUE.

Mais toujours, compagnon léger, tu te dérobes. Près du souper servi, s'accoude un beau bras d'or. Avant que le vin coule ou que s'ouvre la robe, Je t'entends fuir parmi le froid du corridor.

Danseur enfant, danseur fardé aux mains perverses, La chambre ici sent le tabac et le charbon... Dans tous les bras tendus vers loi, tu te renverses, ,1 Tous les cœurs te sont chauds, tous les seins te sontboiî'

Tu cours les carnavals tenant au bras les masques, Etreignant leurs brocarts, leurs armes, leurs sequins Et le prisme tournant de ton plaisir fantasque A plus de feux que l'arc- en-ciel des arlequins.

Sur le seuil des villas parfois tu te reposes, Les grands magnolias t'abritent un instant. Avant qu'on t'ait porté le sorbet et la rose Tu repars, ô subtil, délicat, inconstant!...

Tu voles un baiser sous un pilier d'église, Tu mens avec amour au confessionnal...

Vers quel jardin fermé, quelle lerre promise Cours-tu pour boire aux fruits le lait verdi du mal .•'.3

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