‹ La montée aux enfers; poésiesChapitre 55 sur 138 · LA TREIZIÈME ANNÉE · texte numérisé non relu

LA TREIZIÈME ANNÉE

Un soir, j'ai rencontré la treizième année Avec ses yeux trop peints de fillette damnée Et sa robe trop courte et ses bas bien tendus... L'ange bas et flétri des plaisirs défendus Aguichait à présent les passants sur la place Où jadis, dans le temps de sa précoce grâce, Elle essayait sur moi ses lèvres et ses mains. Le long du mur, au pied du bec de gaz éteint.

— Viens-tu? dit-elle en se cambrant et sur son torse De fausse enfant tombaient ses seins lourds dans leur force.

— Nous avons trop vieilli. Tes mains ont des bijoux

Et mes cheveux sont gris... — Tu me plais malgré tout.

— La police pourrait passer. Petite fille

De quarante ans, je vois quelqu'un à cette grille

LA TREIZIÈME ANNEE. ia5

Qui regarde. — Il s'éloigne et l'endroit est désert.

— Je ne reconnais plus le mur. Il fait trop clair. C'est l'ombre qui jadis te faisait jeune et belle...

— Le vent souffla le bec de gaz... • — Tu vois, dit elle.

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